Hebdomadaire égyptien en langue française en ligne chaque mercredi

Le monde en bref

La Une
L'événement
Le dossier
L'enquête
Nulle part ailleurs
L'invité
L'Egypte
Affaires
Finances
Le monde
en bref
Points de vue
Commentaire
d'Ibrahim Nafie

Carrefour
de Mohamed Salmawy

Portrait
Littérature
Arts
Société
Sport
Environnement
Patrimoine
Loisirs
Echangez, écrivez
La vie mondaine
Syrie. Le président Bachar Al-Assad continue de clamer l’innocence de son pays dans l’assassinat de Hariri tout en adressant des menaces virulentes contre le Liban et la communauté internationale.

Dans l’impasse

Le gouvernement syrien, qui affiche de plus en plus sa « résistance » à la communauté internationale, est sous le feu des critiques depuis la semaine dernière. Bien que Damas ait rappelé sa volonté de coopérer avec la commission d’enquête des Nations-Unies sur l’assassinat de l’ex-premier ministre libanais, Rafiq Hariri, le 14 février 2004, menée par le magistrat Detlev Mehlis, le président Bachar Al-Assad a tout simplement refusé, samedi, que les six officiers mis en cause dans la résolution 1 636, rendue publique le 1er novembre, soient interrogés hors de Syrie. Justifiant l’obstination du chef de l’Etat, le ministre syrien des Affaires étrangères, Farouq Al-Chareh, a affirmé que le président syrien, Bachar Al-Assad, et Detlev Mehlis, responsable de la commission d’enquête, « ne sont pas parvenus à un accord sur le lieu de l’interrogatoire des personnes syriennes, ni sur le mécanisme. M. Mehlis s’est montré rigide et a refusé d’examiner une proposition (syrienne) d’enquêter en Syrie ou au Caire sous le parrainage de la Ligue arabe ». Damas a, en outre, proposé d’interroger les six suspects au QG de la force d’interposition des Nations-Unies entre Israël et la Syrie dans le Golan, proposition refusée par M. Mehlis. Sur la base de la résolution 1 636, il est du ressort du chargé de l’enquête de fixer le lieu et les modalités des interrogatoires. Ainsi, en dépit de ses craintes de déstabilisation politique des deux pays si des ressortissants syriens étaient interrogés au Liban, M. Assad n’a pas su convaincre.

Pour le chef de la diplomatie américaine Condoleezza Rice, cela fait « beaucoup de critiques sur l’enquête. D’une manière ou d’une autre, la Syrie doit coopérer », une conclusion partagée par le haut représentant pour la politique extérieure de l’Union européenne, Javier Solana. En visite à Beyrouth M. Solana a affirmé vendredi : « Ce n’est plus le moment du discours. Il faut passer aux actes ».


Positions extrêmes

Or, Damas semble sourde à ces exhortations. Au contraire, dans un discours prononcé jeudi dernier, le chef de l’Etat syrien a soutenu des positions extrêmes, suscitant la consternation au sein de la communauté internationale. Attaché à clamer l’innocence de la Syrie et de ses dirigeants, il a affirmé, en des termes troublants : « Nous sommes quasi certains que la Syrie est innocente. La question est politisée. La Syrie n’est pas impliquée » dans l’assassinat de Hariri, a répété M. Al-Assad, tout en fixant les limites de sa coopération. « Compte tenu de notre innocence, notre intérêt est que l’enquête parvienne à ses objectifs », a-t-il dit, avant d’annoncer : « Nous coopérerons, mais pas jusqu’au point de nous suicider ». Radicalisant son discours, M. Assad s’en est pris vivement aux grandes puissances occidentales, comme les Etats-Unis, qui « veulent régler leur compte avec la Syrie » et qui « cherchent une vérité falsifiée ». Allant plus loin, il a accusé le premier ministre libanais, Fouad Sanioura, et, indirectement, le député Saad Hariri, fils du dirigeant assassiné, d’être « les esclaves de leurs maîtres, qui sont connus », dans une allusion aux pays occidentaux. « La Syrie est en état de guerre », a ajouté le chef de l’Etat syrien, « une guerre par étapes qui a commencé avant l’invasion (américaine) de l’Iraq ».

Selon lui et depuis le retrait des troupes syriennes en avril, le Liban « est devenu le lieu de passage de tous les complots contre la Syrie ». « Désormais, nous allons compter sur nous-mêmes, étant donné les défis » auxquels la Syrie est confrontée. Ces propos ont provoqué une onde de choc au sein de la communauté internationale. Qualifiés de « révoltant » par Adam Ereli, porte-parole du département d’Etat américain, suscitant l’incompréhension de M. Solana, et le mutisme de la classe politique libanaise, les propos sévères et accusateurs du président syrien ont, tout du moins, renforcé la conviction que la Syrie n’est pas encore prête à coopérer. M. Sanioura a précisé, jeudi, vouloir établir des « relations saines avec la Syrie, basées sur le respect mutuel entre deux Etats indépendants ». De la même manière, Kofi Annan, le secrétaire général des Nations-Unies, veut rester confiant. Toutefois, plusieurs indices montrent que la poursuite et l’aboutissement de l’enquête risquent d’être difficiles.

Laïlla Choug
Retour au sommaire
 
 

Pour les problèmes techniques contactez le webmaster

Adresse postale: Journal Al-Ahram Hebdo
Rue Al-Gaala, Le Caire - Egypte
Tél: (+202) 57 86 100
Fax: (+202) 57 82 631