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Réforme. Le Forum sur l’avenir, tenu au Bahraïn, s’est achevé sans déclaration finale, en raison des divergences entre les participants. Mais il a lancé deux projets de promotion des réformes politiques et économiques.

Bilan en demi-teinte

Après celui de Rabat en décembre 2004, marqué par de fortes réserves des représentants arabes qui ont mis en avant la nécessité de lier la démocratisation au règlement du conflit israélo-arabe, le 2e Forum de l’avenir s’est achevé samedi à Bahreïn. Il a réussi cette fois à ouvrir un dialogue entre les gouvernements et des ONG de la région, qui ont tenu « un forum parallèle » à Manama.

Les participants, des ministres ou des représentants des pays du G8, de pays arabes, islamiques et européens, ont lancé deux projets de création d’un fonds et d’une fondation dotés respectivement de 100 millions de dollars et de 54 millions de dollars destinés à la promotion de la démocratie dans le monde arabo-musulman, au financement des petites et moyennes entreprises et à l’encouragement de la croissance économique dans la région. La mise en place de la fondation fera l’objet d’une nouvelle réunion en décembre en Jordanie, a indiqué la ministre jordanienne du Plan, Soheir Al-Ali. Cette initiative vise à encourager les réformes politiques, économiques et sociales dans un Moyen-Orient élargi et en Afrique du Nord.

Les participants n’ont cependant pas publié de déclaration politique en raison de réserves, notamment de l’Egypte, sur le financement d’ONG par une fondation lancée pour l’occasion. « Il y a des idées divergentes (...) et nous avons décidé (...) d’étudier la question dans les détails prochainement », a déclaré le ministre bahreïni des Affaires étrangères, cheikh Khaled bin Ahmad Al-Khalifa, co-président du forum. Un projet de déclaration politique, baptisée « Déclaration de Bahreïn », devait être publié au terme de la conférence, qui a été marquée par le lancement d’un fonds et d’une fondation pour l’avenir. « Vu l’importance de cette déclaration (de Bahreïn), nous avons décidé de ne la publier qu’après de profondes discussions, nous disposons d’un an d’ici la prochaine conférence en Jordanie », a dit le ministre bahreïni. Certains pays arabes, notamment l’Egypte, ont émis des réserves sur des passages du document, et exigé que les ONG susceptibles de recevoir l’assistance financière de la fondation figurent parmi celles agréées par les autorités des pays concernés. « Ils veulent contrôler toute assistance à octroyer à la société civile », a déploré Saadeddine Ibrahim, chef du Centre égyptien Ibn Khaldoun d’études sur le développement.

De son côté, le secrétaire au Foreign Office, Jack Straw, qui co-présidait ce 2e Forum de l’avenir, a indiqué durant la conférence de presse de clôture que le mérite de la conférence de Manama était d’avoir prouvé que les réformes émanent de l’intérieur et ne peuvent pas être imposées de l’extérieur. En plus, il se référait à la participation d’une quarantaine d’ONG de la région au forum auquel elles ont soumis une série de recommandations exigeant des gouvernements un « calendrier » pour les réformes qu’ils entendent appliquer. Un avis partagé par la secrétaire d’Etat, Condoleezza Rice, qui a conduit la délégation américaine au forum. Elle a profité de ce forum pour lancer une nouvelle attaque contre la Syrie qu’elle a accusée de violer les droits de l’homme .

Inès Eissa
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