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Théâtre . La comédienne Magda Al-Khatib fait son retour avec la pièce Akrahak (Je te hais). Une femme trompée décide de faire face.
Dans l’intimité des femmes

La pièce Akrahak (Je te hais) s’adresse aux femmes comme aux hommes. La rancune y est fort dominante. Le verbe et son complément, lesquels constituent le titre, lancent une affirmation claire, un refus total. Donnée dans la petite salle du théâtre Al-Salam, elle est écrite par Ahmad Al-Khatib, mise en scène par le jeune Hicham Atwa et jouée par Magda Al-Khatib et la jeune Riham Saïd.

Deux amies de longue date se sont perdues de vue pendant 10 ans. Entre-temps, l’une d’elles (Nadia) épouse le mari de l’autre (Soad). Celle-ci, choquée par l’infidélité de son mari et de son amie, décide de se battre. « Je refuse totalement la polygamie. Je ne trouve pas de raison logique à même de la justifier. L’islam l’a permise dans des conditions déterminées. Mais les gens interprètent mal cette licence. Toujours, la première femme souffre de l’infidélité et la deuxième vit dans l’ombre même si elle mène une vie de luxe. Les deux sont des victimes, en effet. Dans la pièce, il s’agit d’une rencontre entre deux femmes ayant tout perdu : la dignité, l’orgueil et l’amour-propre … », explique Ahmad Al-Khatib, qui a signé le texte en 2002.

Le thème de la pièce décide de la nature de la mise en scène. Deux personnages, un dialogue de confidence qui se déroule dans un lieu déterminé expliquent que la pièce se donne dans une petite salle.

Le metteur en scène, Hicham Atwa, a choisi de transformer la toute petite salle du théâtre Al-Salam en un appartement où se déroulent toutes les scènes. Ainsi, il exploite toutes les dimensions de la salle, divisée en différentes pièces, avec des meubles. Les spectateurs eux-mêmes se servent de ces meubles comme sièges. Les uns par exemple sont assis à table, les autres campent sur des fauteuils, pour être tout à fait impliqués dans le face-à-face des deux protagonistes. Un rapport d’intimité s’établit entre eux.

« Le spectacle est basé sur le mouvement des acteurs à proximité du public. Ce dernier regarde les protagonistes suivant des angles différents comme au cinéma : moyen, gros plan, plan large », souligne Atwa.

La pièce marque le retour de la star Magda Al-Khatib à ce genre de représentations après deux expériences réussies. « J’aime les spectacles qui se donnent dans de petites salles, bien que je n’en aie pas présenté beaucoup », dit-elle. La comédienne avait déjà donné deux pièces du genre, à savoir Al-Ostaza (La Professeur) et Mochahanat (Litiges). Dans cette dernière mise en scène de Hanaa Abdel-Fattah, Magda Al-Khatib avait interprété en 1998 le rôle d’une célibataire restée aux côtés de sa mère.

« En abordant certains sujets, je préfère jouer dans de petites salles, au lieu de jouer sur les planches d’un grand théâtre. Mochahanat ou encore Akrahak doivent être interprétées dans des salles pareilles. Je crois que beaucoup de femmes parmi le public ont déjà connu la même situation exposée dans Akrahak. Chacune d’entre elles peut se retrouver dans la première femme trompée ou la deuxième femme vivant dans l'ombre. Que ressent la femme quand elle découvre que son mari ou son amant connaît d’autres histoires ? Comment doit-elle réagir ? On aborde ses peines, ses chagrins, son malheur », indique Magda Al-Khatib.

Durant une heure environ, le public partage une expérience en toute intimité. Mais cela se passe sur un ton très sérieux et très sincère, dans une petite salle qui permet aux auteurs une plus grande indépendance. Ahmad Al-Khatib explique : « Ce genre de pièces n’exige pas un budget énorme comme c’est le cas d'autres productions. Son public est pour la plupart du temps composé de jeunes ou de personnes qui s’intéressent particulièrement au théâtre. Bref, on échappe aux ingrédients commerciaux souvent imposés au dramaturge et au metteur en scène soit par les grands théâtres privés soit par ceux de l’Etat ». Une échappatoire au profit du spectateur.

May Sélim

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Akrahak (Je te hais). Tous les soirs, à partir du 17 novembre, à 21h, dans la petite salle Youssef Idriss du théâtre Al-Salam, rue Qasr Al-Aïni.

Tél. : 795 24 84.

 

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