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Exposition
. Sous le titre d'Actual Position, la galerie Townhouse
du Caire présente les œuvres de sept artistes, nées d'un
projet égypto-suisse, qui réinterrogent le rapport entre
identité et espace. |
| Brassage
d'identité |
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«
La connaissance commence probablement à cet instant où
chacun de nous est conscient de sa position dans l’espace
dans lequel il se trouve ». A l’intérieur d’un cercle,
sur le sol d’une des galeries de l’espace Townhouse, est
écrite cette phrase de Christof Rösch. Elle résonne
et nous accompagne en faisant le tour de l’exposition
Actual Position — Un projet égypto-suisse sur la topographie
et l’identité. Quatre artistes suisses et trois égyptiens
entament une quête identitaire, à travers de simples médiums
ou des multimédias, pour interroger leur positionnement
en tant qu'artistes, individus, et à l’intérieur de l’espace.
Une quête identitaire qui révèle une fois de plus que
l’identité n’est pas cette entité autonome, fixe, vouée
à la stabilité, elle n’est pas liée uniquement à la civilisation,
ou à la nationalité, mais à une position toujours renouvelable,
à une recherche jamais tranchée.
«
Le titre de l’exposition est inspiré du jargon de l’aviation
où on est à chaque instant confronté à notre position
actuelle, insiste Helen Hirsch, commissaire de l’exposition.
« Dans le contexte de ce projet, nous avons développé
l’idée de la confrontation du paysage montagnard de la
Suisse à celui de l’immense ville énergique du Caire ou
de la contradiction de cette même image avec la platitude
et le calme du désert. Notre moteur était de lier l’espace
à l’identité ».
Ainsi,
malgré la collectivité de ce projet regroupant des artistes
de deux zones à l’extrême opposées, représentant deux
cultures bien distinctes, il est marqué par une profonde
individualité. L’on assiste à la quête de tout un chacun
de cette identité fugitive à jamais créée et recréée.
Est-elle réduite à ce papier couvert de plastique qu’est
la carte d’identité ? S’arrête-t-elle à l’image officielle/officieuse
dont se fait l’institution de chacun de nous ? C’est à
ce genre de questionnement que nous confronte le travail
de Mahmoud Khaled. Son travail repose sur l’omniprésence
du document (trois versions de la même carte d’identité
de l’artiste) dans l’espace désert de la salle, dans cette
sorte de no man’s land. Le pouvoir du document reflète
également l’envers du décor : qu’en est-il si on perd
cette « identité-carte » ? Ainsi devient-elle ici une
œuvre multidimensionnelle où la photographie côtoie le
texte écrit pour nous révéler une nouvelle dimension du
document. Et entre la carte, copie conforme, et le texte,
rédigé tel un constat, tel un journal de bord de son parcours,
on se demande lequel des deux sera le plus fiable, lequel
des deux est le plus proche de l’artiste, ou bien son
existence serait-elle inclassable, dépassant toute tentative
de réduction ?
Dans
l’œuvre de Gertrud Genhart, on remonte à l’identité originaire.
Au chrono, au début du cosmos, dans le désert, dans cet
espace plat étendu à l’infini. A travers une installation
vidéo, Genhart qui a été profondément marqué par le Sahara
égyptien, par cette existence entre réel et illusion où
on perd tout le temps notre positionnement, pour le rechercher
de nouveau. Un univers où les repères et les références
sont bannis pour se livrer à l'intellect et aux sensations
de l'homme. Ainsi sur un fond de ciel et terre, de bleu
et de couleur de sable, de paysage infiniment plat, que
forme l'espace de la projection bougeant lentement d'une
manière rythmique, à l'instar des pas du promeneur dans
le désert, une interrogation surgit : « Où se rencontrent
le ciel et la terre ? ».
La
quête se poursuit pour détecter l’identité-masque, enfouie,
cachée qui nourrit l’imagination de l’artiste. |
Appartenance
virtuelle |
Ainsi,
Clara Saner tombe sur un site Internet qui lui révèle
20 000 faux noms. Ce sont des noms délibérément « anonymes
» qu’on rencontre par hasard en tchatant sur le Net, des
noms-protecteurs qui dissimulent la véritable identité
de leur propriétaire. Mais y a-t-il une identité « véritable
» ? Clara Saner voyage dans l’univers virtuel de l’ordinateur,
et crée une vie, une identité, une démarche à ces groupes
de noms qu’elle catégorise en séries (noms romantiques,
ethniques, gastronomiques, etc.). Sur un fond de fragments
musicaux qu’elle a collés de tous bords selon ses propres
goûts, interrompu par des voix humaines, elle présente
comme un court métrage de graphiques dont les protagonistes
sont de faux noms. Ceux-ci se meuvent dans l’espace de
la projection, se croisent, se heurtent l’un l’autre,
tantôt s’aiment, tantôt se manifestent, ou passent tout
simplement sur un fond de couleurs de drapeaux.
Ainsi,
même si l’Internet, et les jeux qui en découlent, élimine
tout trait de distinction, même si l’ère de la mondialisation
veut se marquer par l’élimination de toute marque distinctive,
le travail artistique reste une recherche de l’humain,
de l’individu et de sa spécificité. Ralph Hauswirth a
été également influencé par le paysage du désert égyptien,
il en mime cet aspect du secret, du sort inconnu, ainsi
il entame un travail fait à partir d'un dessin enchevêtré
comme des pièces de puzzle. Dans ce paysage de désert,
sa seule référence est des tuyaux en fer, des ruines de
l'armée, qui l'ont séduit par leur rouge rouillé au milieu
du ton terreux du désert. A partir de cet espace imaginaire-réel,
Hauswirth s'approprie l'espace, l'individualise en présentant
une statistique du plan du travail qui nous montre les
mesures entre réel et espace virtuel.
Contre
l'espace individuel, Hala Elkoussy et Maha Maamoun confrontent
l'identité à l'espace publique. Ainsi, Maamoun réinterroge
l'image de l'image touristique diffusée de l'Egypte. Elle
crée un troisième espace entre l'image réelle et l'image
commercialisée de l'identité égyptienne. |
| Dina
Kabil |
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| Actual Position, jusqu’au 7
décembre, galerie Townhouse. 10, rue Nabrawi, bifurcation
de la rue Champollion, centre-ville. Tél. : 576 80 86. De
10h à 15h et de 19h à 22h (le vendredi, de 19h à 22h, sauf
le jeudi). |
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