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Omnisports
. Aucun des 5 Egyptiens
auteurs de 5 médailles aux Jeux Olympiques (JO) d’Athènes
2004 ne s’est illustré lors des Championnats du monde
2005 de leurs disciplines respectives. De quoi déchaîner
la
critique.
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| Champions
en panne |
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La
performance des 5 Egyptiens aux derniers JO d’Athènes
a-t-elle été le fruit du hasard ? C’est ce qu’on serait
tenté de se demander au vu de leurs résultats peu reluisants
en 2005. Karam Gaber (médaille d’or en lutte gréco-romaine),
Mohamad Ali Réda (médaille d’argent en boxe), Ahmad Ismaïl
et Mohamad Al-Baz (médaille de bronze en boxe) et Tamer
Salah (médaille de bronze en taekwondo) étaient en effet
devenus la fierté du public égyptien en 2004. Mais cette
année, aucun n’a remporté de médailles lors des championnats
du monde de leurs disciplines respectives. Du coup, ils
subissent les attaques virulentes des médias, lesquels
accusent ainsi ces athlètes de ne pas avoir suivi leurs
entraînements. Ce à quoi les intéressés répondent entre
autres avoir « atteint un niveau très élevé et que leurs
entraînements en Egypte ne sont pas à la hauteur des compétitions
de haut niveau », explique Mohamad Ali Réda.
Le manque de performance en 2005 s’explique
aussi par le fait que certains athlètes, comme Mohamad
Al-Baz, ont annoncé leur retraite dès leur retour des
JO 2004. « J’ai choisi le bon moment pour annoncer ma
retraite. Je ne pourrai pas réaliser un meilleur exploit,
j’ai 31 ans et l’âge officiel de la retraite est de 34
ans. Je ne pourrai en aucun cas disputer les prochains
JO de 2008. Il était donc temps d’abandonner le ring pour
me consacrer à l’entraînement », avait confié Al-Baz.
Peu après c’est Ahmad Ismaïl qui ne s’est pas présenté
aux entraînements, certain de ne pas pouvoir rééditer
son exploit olympique. Après avoir reçu la prime promise
par le ministère de la Jeunesse (500 000 L.E.), il a décidé
d’accorder beaucoup plus de temps à sa vie privée. Mohamad
Ali Réda vient quant à lui de déclarer forfait pour les
Mondiaux de boxe en novembre prochain à cause du manque
de préparation. « Je suis en ce moment un athlète réputé
en Egypte. C’est un lourd fardeau. Je ne sais pas pourquoi
les médias nous attaquent de cette façon, sans même chercher
à savoir la vérité. Personne n’a par exemple posé cette
question : Comment les athlètes olympiques ont-ils pu
atteindre ce niveau médiocre en 2005 ? La réponse est
simple : aucun d’entre nous n’a effectué la préparation
nécessaire pour disputer une compétition du calibre des
Championnats du monde », souligne-t-il.
Des propos approuvés par Karam Gaber
et Tamer Salah. Ce dernier a été le seul des 5 médaillés
d’Athènes à avoir disputé les Championnats du monde 2005.
Il n’y a cependant pas dépassé le premier tour. « J’ai
commencé ma préparation pour les Mondiaux trop tard, ce
qui n’était pas suffisant. De plus, avant les Mondiaux,
j’ai eu des problèmes avec les responsables de la Fédération
égyptienne et avec mon entraîneur Amr Khaïri », confie-t-il.
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Situation tout autre
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En ce qui concerne Karam Gaber, la situation
est tout autre. Il y a quelques mois, il a disputé les
Jeux méditerranéens d’Almeria, où il a remporté une médaille
d’or. Ce qui prouve que son niveau n’a pas faibli. Et
avant les Championnats du monde, il avait annoncé à plusieurs
reprises qu’il disputerait les Mondiaux 2005 de Hongrie.
Avant qu’il ne déclare forfait à quelques jours de leur
début. « Je n’étais pas bien préparé pour une compétition
d’un tel niveau. Durant les éditions précédentes des Mondiaux,
en 2002 et 2003, lorsque je n’étais pas encore champion
olympique, j’étais mieux préparé qu’aujourd’hui. A chaque
fois, j’ai eu la chance d’effectuer des stages de préparation
à l’étranger et de disputer de nombreux matchs de très
haut niveau. Raison pour laquelle j’ai pu remporter deux
médailles d’argent lors de ces deux éditions. Pour ces
Championnats du monde de Hongrie, je n’ai effectué aucun
stage de préparation à l’étranger », déclare le champion
olympique de la catégorie 96 kg en lutte gréco-romaine.
Ainsi, le manque de préparation est généralement
avancé par les athlètes pour expliquer leur baisse de
niveau en 2005. Un avis que ne partagent cependant pas
leurs fédérations respectives. « Cette année, les athlètes
égyptiens ont disputé 2 grandes compétitions, les Championnats
d’Afrique et les Jeux méditerranéens d’Almeria et ils
ont effectué plusieurs stages de préparation. Il est vrai
que la plupart des stages a été effectué en Egypte, mais
nos moyens ne nous ont pas permis de faire mieux », explique
Mohamad Abdel-Aal, président de la Fédération égyptienne
de lutte et sous-secrétaire au ministère de la Jeunesse.
Car le sport égyptien vient de traverser une période agitée.
Au début de l’année, les élections des conseils d’administration
des différentes fédérations ont bloqué les activités sportives.
A quoi s’ajoutent les deux changements de ministre de
la Jeunesse.
Les responsables au sein du ministère
de la Jeunesse avancent par ailleurs un fait nouveau pour
expliquer la baisse de niveau des athlètes. Selon eux,
les 5 médaillés olympiques 2004 ont pour la première fois
à leur retour d’Athènes gagné une grande somme d’argent
grâce aux primes versées par le gouvernement. Les poches
bien pleines, ils se seraient déconcentrés des entraînements,
ce qui a affecté leur niveau au point de devoir annoncer
leur retrait, ou de déclarer forfait des Mondiaux.
Aujourd’hui, les responsables se montrent
déterminés à remédier à cette situation (voir entretien).
Reste à espérer que l’Egypte sera bientôt en mesure de
se distinguer à nouveau.
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| Doaa Badr |
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«
Le nouveau projet Champion Olympique aura un grand rôle
dans l’évolution du sport égyptien » |
| Malgré
la baisse de niveau des athlètes nationaux, le président
du secteur sportif au sein du ministère de la Jeunesse,
Mossaad
Aboul-Régal, se dit confiant
quant à leurs performances futures. |
Al-Ahram
Hebdo : Pourquoi les médaillés olympiques 2004 égyptiens
n’ont-ils pas répondu aux attentes cette année ?
Mossaad
Aboul-Régal : L’explication
est différente pour chaque discipline. Les boxeurs qui
ont remporté des médailles olympiques en 2004 ont pris
de l’âge. C’est pourquoi 2 des 3 médaillés aux JO 2004
ont annoncé leur retrait. Le 3e, Mohamad Ali Réda, ne
s’est pas donné entièrement à l’entraînement et par conséquent
il a déclaré forfait des Championnats du monde 2005. Le
taekwondoïste Tamer Salah a disputé les Championnats du
monde en avril dernier, sans avoir reçu de bonne préparation.
Le lutteur Karam Gaber a quant à lui déclaré forfait à
la dernière minute, car il avait des problèmes avec la
Fédération égyptienne. Je crois que depuis ils ont mis
un terme à leur différend.
— Les
athlètes se plaignent dans leur ensemble de ne pas avoir
reçu de préparation adéquate. Que leur répondez-vous ?
— Le ministère
de la Jeunesse a ses méthodes de travail. Il finance les
préparations pour les grandes compétitions seulement.
Chaque fédération ne peut disputer qu’un seul tournoi
international à part les grandes compétitions. Nous avons
ainsi financé des stages de préparation avant les Mondiaux
de boxe, de lutte et de taekwondo. Il est vrai que pendant
un certain temps (Ndlr : durant le changement du ministère
de la Jeunesse et les élections des conseils d’administration
des Fédérations sportives), toutes les activités sportives
ont été gelées. Mais aujourd’hui tout va bien. Le travail
a repris. Après le Ramadan, tous les problèmes seront
résolus.
— Selon
vous, l’Egypte pourra-t-elle rééditer ses exploits aux
JO d’Athènes à Pékin en 2008 ?
— Bien sûr,
les exploits égyptiens à Athènes ne doivent rien au hasard.
Ils ont été le fruit d’un long travail commencé après
le projet « champion olympique » fondé par le ministère
de la Jeunesse en 2000. Aujourd’hui, nous avons développé
ce projet. Nous avons réuni les responsables des fédérations
concernées et les cadres techniques, et nous avons choisi
ensemble les athlètes qui bénéficieront du projet remodelé.
Le nouveau projet offre à ses athlètes des soins médicaux,
sociaux, financiers et techniques. Ce système accorde
aux athlètes un statut professionnel avec un bon nombre
de stages de préparation, de tournois internationaux et
un salaire mensuel très convenable.
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