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ONG. Afin de promouvoir leur rôle dans la protection de l’environnement, le PNUD vient d’organiser un atelier visant à préparer la 3e phase de son Programme de micro-finance.

Echanger pour progresser

Neuf heures dans la salle d’un hôtel de luxe du Caire. Les représentants d’une centaine d’Organisations Non Gouvernementales (ONG) venus des quatre coins de l’Egypte sont tous là. Même les associations de pêcheurs des gouvernorats du Delta ont envoyé des responsables à cet atelier organisé par le Programme des Nations-Unies pour le Développement (PNUD). Celui-ci se tient à l’occasion de la fin de la deuxième phase du Programme de Micro-Finance (PMF) qui s’est déroulé de 2002 à 2005 et en préparation de la troisième phase (2005 à 2008).

Ce programme, soutenu par le Fonds Mondial de l’Environnement (FME) depuis 1992, consiste à assurer le soutien technique et financier aux petits projets menés par différentes ONG dans trois branches environnementales : le changement climatique et la biodiversité, la pollution des eaux internationales et enfin la détérioration des sols, ainsi que les polluants organiques. Cela passe par la réalisation d’un partenariat, d’une coopération et d’une coordination entre les différentes ONG. « Le programme est financé par les pays donateurs. Les responsables du FME ont un agenda bien précis, inspiré du fait que nous vivons tous sur une même planète, et que la conservation de l’environnement nous concerne tous. Les projets sont examinés par un comité relevant du programme puis par un comité de direction nationale regroupant plusieurs experts. Il s’agit ici d’établir une coopération entre les grandes ONG très expérimentées et celles qui commencent à peine leur action, dotées de peu de moyens », explique Salah Arafa Mohamad, représentant du comité de direction nationale du FME, composé de représentants du gouvernement, du secteur privé et d’organismes internationaux.


150 projets financés

Comportant quatre phases et commencé en 1992 (la première de 1992 à 1996 est considérée comme expérimentale), le PMF a jusque-là financé 150 projets dans des domaines comme l’utilisation du gaz naturel, la diminution de la pollution engendrée par plusieurs usines, ainsi que la généralisation de l’utilisation de panneaux solaires. Mais environ 96 de ces projets sont en retard d’un ou deux ans et n’ont pas soumis leur rapport annuel. « Au début de l’expérience, le FME avait des doutes sur l’efficacité de ce programme en Egypte. Le budget initial était d’un million de dollars, il est aujourd’hui de trois millions de dollars. Ce qui est la preuve d’une confiance dans les capacités de la société civile égyptienne », ajoute Arafa.

Le gouvernorat de Minya est ainsi connu pour être celui des panneaux solaires. « L’idée de notre projet est de propager l’utilisation des panneaux solaires dans le Saïd. Nous sommes fiers d’annoncer que nous avons même créé des cadres techniques pour la maintenance de tous les équipements de ce système de chauffage ami de l’environnement », explique Chérif Sami, propriétaire d’une ONG travaillant à Minya, qui n’a fait face qu’à un seul problème : l’augmentation des prix des panneaux solaires, qui atteignent actuellement 2 200 L.E. l’unité. Dans le Delta, les ONG se soucient des déchets agricoles. Onze d’entre elles s’occupent de la compression de la paille de riz, une des causes du nuage noir recouvrant la capitale chaque année au mois d’octobre.

Le groupe récemment bénéficiaire du PMF est celui des pêcheurs du Delta. Ces derniers, privés du financement de leur activité par le gouvernement, se sont retrouvés quasiment au chômage. Le PMF a alors accordé une assistance de 21 000 L.E., dont 1 582 pêcheurs sur 170 000 ont profité depuis cinq ans. « Mais nous faisons face à plusieurs problèmes, dont l’obtention d’autorisations pour pêcher dans le lac Borollos. Nous souffrons aussi de la pollution du lac par les roseaux. Nous exigeons de plus une aide pour l’achat de nouveaux bateaux », assure Saïd Ibrahim, directeur de l’Association des pêcheurs.

Le bilan de ces deux premières phases est donc positif, mais les efforts doivent être maintenus. « Plus il y a d’ONG sérieuses et de réalisations concrètes, plus l’action de la société civile égyptienne aura bonne réputation mondiale. Ce qui encouragera les instances internationales à nous aider davantage pour réaliser le développement durable », conclut Abdel-Salam Al-Banna, expert et membre du comité de direction nationale du FME .

Racha Hanafi
Trois questions à
Emad Adli, coordinateur du Programme de micro-finance.

Al-Ahram Hebdo : Quels profits l’Egypte a-t-elle tiré du Programme de Micro-Finance (PMF) depuis son lancement en 1992 ?

Emad Adli : Le programme a permis une coopération formidable entre le gouvernement et les ONG œuvrant dans différentes branches de l’environnement. Il existe encore des problèmes comme la bureaucratie. Mais après 13 ans de travail, des accomplissements ont été enregistrés même s’ils sont minimes. Les ONG elles-mêmes ont créé leur propre cadre de travail et acquis de l’expérience en collaborant avec d’autres ONG régionales et internationales dans le cadre de leurs projets. Parmi les objectifs principaux de ce programme figure la création de nouvelles ONG en Egypte, dans différents domaines de l’environnement. Nous travaillons actuellement avec 155 ONG et ce chiffre augmente chaque année.

— Quelle a été la teneur de l’analyse réalisée pendant l’atelier ?

— L’analyse réalisée par le programme s’est penchée sur la conjoncture économique en Egypte. L’accent a été mis sur l’augmentation du taux moyen de revenu des habitants passé de 639 dollars par an en 1990 à 1 390 en 1999. La situation politique a connu également un changement avec le soutien accordé à la participation des ONG dans l’action nationale pour l’environnement. Il a cependant été souligné la négligence des municipalités ainsi que le non respect des législations. Cela nous a aidés à préciser les priorités de travail dans la période à venir.

— En quoi consistera la troisième phase du PMF ?

— La prochaine période sera consacrée à l’accroissement de la coopération avec le secteur privé et la coordination entre les ONG. De nouveaux domaines de coopération vont être créés avec de nouveaux donateurs, dont le gouvernement japonais, l’Union européenne, le Fonds suisse, l’Organisme d’aide canadien, l’USAID et l’Organisme d’aide allemand, qui a déjà participé à quelques-uns de nos projets .

Propos recueillis par
R . H

 

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