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spectre de la grippe aviaire plane désormais sur l'Egypte.
La découverte de ce virus (transmissible à l'homme à travers
les volailles et certaines espèces d'oiseaux) dans des pays
comme la Turquie et la Grèce inquiète fortement les responsables
de la santé en Egypte. « Plus de 200 espèces d’oiseaux migrateurs
qui sont une source potentielle de transmission du virus transitent
annuellement par l'Egypte », explique Mohieddine Sabri, responsable
du département vétérinaire au ministère de l’Agriculture.
Cette année, le mouvement migratoire a commencé au mois de
septembre et se poursuivra jusqu'en mars. Le gouverneur du
Nord-Sinaï, Ahmad Abdel-Hamid, vient d'interdire la chasse
à titre de prévention. Les autorités ont en outre interdit
toute importation de volailles congelées ou vivantes non seulement
des pays contaminés mais de toute l’Europe et de l’Asie pour
une durée de 6 mois. De même, le gouvernement a interdit toute
importation d'aliments destinés aux volailles. Quant aux compagnies
aériennes, elles ont reçu l'ordre de ne pas transporter de
volailles ou d’oiseaux. Le virus de la grippe aviaire est
apparu pour la première fois en 1987. Mais ce n'est qu'en
2003 qu'il fait véritablement parler de lui. Il se manifeste
principalement en Asie du Sud-Est (la Corée du Nord, l'Indonésie,
la Thaïlande et le Vietnam) et se déplace vers l'Europe où
il a été détecté, outre en Turquie, en Roumanie et en Grèce.
A cette date, 18 personnes en ont été atteintes et elles ont
toutes trouvé la mort selon les chiffres de l'Organisation
Mondiale de la Santé (OMC). Le virus se transmet à l’homme
au contact de volailles infectées et non pas à travers la
consommation, la cuisson permettant de tuer le virus. La période
d’incubation de la maladie est généralement de 3 à 5 jours.
Celle-ci commence par une forte fièvre, des douleurs pulmonaires
et musculaires, des complications respiratoires ainsi que
d’autres symptômes tels que la diarrhée et le manque de concentration.
La maladie peut se transmettre d’une personne à l’autre par
voie respiratoire. Les responsables au ministère de la Santé
essaient malgré tout d'être rassurants. « Les services de
santé prélèvent actuellement des échantillons de sang sur
les oiseaux migrateurs qui transitent par le sol égyptien
afin de vérifier s'ils sont atteints de la maladie », affirme
Mohieddine Sabri. Le ministère de l'Agriculture a récemment
mis en place 27 postes d'observation le long des frontières
de l'Egypte pour rassembler des données sur les oiseaux migrateurs
potentiellement infectés du virus de la grippe aviaire.
Les Egyptiens consomment 50 000 tonnes de
volailles par an. La moitié de cette quantité est importée
d’Europe. Le problème réside dans le fait que les volailles
importées sont vendues à des prix très avantageux par rapport
aux volailles du pays. « L'interdiction pure et simple de
l'importation vise à couper court aux moyens détournés utilisés
par certains importateurs qui changent le pays d'origine des
volailles », assure Mohamad Al-Qassas, responsable au ministère
de l’Agriculture. Et d’ajouter : « D’autres mesures ont été
prises pour soumettre les volailles qui ont été importées
durant la période précédente à des analyses. Ainsi, des échantillons
sont prélevés et analysés dans les laboratoires du ministère
».
Malgré ces discours rassurants des responsables,
l'Egypte est-elle vraiment capable de faire face à une éventuelle
propagation de la grippe aviaire ? Rien n'est moins sûr. «
L'Egypte ne possède pas les moyens financiers et vétérinaires
pour faire face à une épidémie si elle venait à se produire
», assure le Dr Farag Ibrahim, vice-président du département
de médecine vétérinaire à l'Université de Aïn-Chams. Par exemple,
la propagation d'une épidémie nécessiterait l'abattage d'un
grand nombre d'animaux. Or, les moyens en vigueur ne permettent
pas de le faire. Selon Farag Ibrahim, les moyens dont disposent
les laboratoires ne permettent pas un dépistage précoce du
virus. En effet, la découverte de ce virus a besoin d’une
analyse spéciale. Jusqu'à présent, seules des analyses pour
vérifier la présence d'hormones étaient pratiquées sur les
volailles, car la loi égyptienne exige qu'elles soient exemptes
d'hormones. Zeinab Abdel-Halim, directrice générale du département
de contrôle des produits alimentaires au ministère de la Santé,
se veut rassurante : « Il y a quelques années nous étions
confrontés au virus de la vache folle et aucun cas n’a été
détecté en Egypte. Les mesures prises sont efficaces pour
garantir la santé des citoyens », conclut-elle.
Il reste que les volailles ne représentent
pas la seule source de contamination. Mais, celle-ci peut
provenir également de personnes en provenance des pays contaminés.
Car le trafic aérien toujours dense peut facilement transporter
le virus. « Le problème est que l’Egypte, durant la période
des vacances du Nouvel An, recevra de nombreux touristes venant
de l’Europe et de l’Asie », assure Ahmad Méhanna, responsable
au département de la médecine préventive auprès du ministère
de la Santé. Ainsi, depuis un mois, des mesures de prévention
ont été mises en place dans les aéroports et les ports pour
contrôler les passagers en provenance des pays contaminés.
Ces derniers sont systématiquement examinés par le service
médical pour s’assurer qu’ils ne sont pas atteints de virus.
« Lors d’une déclaration d’un cas, le centre d’observation
doit nous contacter au secteur de la médecine préventive et
la personne sera mise en quarantaine », explique Méhanna.
De plus, le rôle de l’équipe médicale des aéroports ne se
limite pas aux examens médicaux. « Les services de santé relèvent
toutes les informations nécessaires sur les passagers, les
lieux de résidence en Egypte ainsi que leurs coordonnées et
itinéraires, ce qui permettrait de localiser rapidement le
malade si l’infection se déclare par la suite », conclut-il
.
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