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Patrimoine.
Témoin important de
l’histoire de Rosette, cet édifice serait restauré d’ici
fin 2008. |
| La
mosquée Zaghloul à sauver |
Pas
loin du marché aux poissons, et au bout d’une ruelle
où s’entassent les calèches, moyen de transport dans
la ville de Rosette, se trouvent les vestiges de la
mosquée Zaghloul (1577). On repère de loin la base de
son minaret démoli par les canons des Anglais, lors
de leur expédition militaire de 1807. Le mihrab, on
le distingue à peine, il est perdu à gauche dans le
coin. Les portiques sont couverts par des herbes sauvages
qui ont poussé sur le toit. La cour de la mosquée est
devenue depuis plusieurs années un terrain marécageux
où poussent les algues et les roseaux et prolifèrent
les grenouilles, les serpents, les insectes et les chauves-souris.
La mosquée s’est affaissée à un mètre au-dessous du
niveau de la rue. Mais il paraît que les choses ont
commencé à bouger récemment. « Nous avons décidé de
restaurer la mosquée, bien que l’idée de créer un réseau
d’égout repose encore dans les tiroirs du conseil municipal
», dit Mohamad Abdel-Aziz, chef des antiquités de la
ville de Béheira. Le Conseil Suprême des Antiquités
(CSA) a décidé après 40 ans d’indifférence et de silence
de se lancer dans un projet de restauration sophistiqué
et ambitieux qui coûtera 24 millions de L.E.. Il s’agit
de la reconstruction de la vieille mosquée grâce à des
photos qui avaient été prises il y a quelques dizaines
d’années. Ces clichés montrent la forme intégrale de
la mosquée, forme qui serait réhabilitée selon les experts.
Le projet vise aussi à surélever la mosquée d’un mètre
au-dessus du niveau de la rue. « Théoriquement, la réalisation
d’une telle œuvre n’est pas compliquée, mais le passage
à l’acte ne sera pas simple. Il est vrai que la plupart
des colonnes (300 colonnes) existent toujours. En ce
qui concerne celles qui ont disparu, leurs bases restent
encore intactes aux bons endroits », explique Faouzi
Abdel-Fattah, l’architecte chargé de cette opération.
La reconstruction de la mosquée n’est donc pas anodine,
car les briquettes originelles étaient à base de terre
crue, dont la fabrication est interdite depuis plusieurs
années. Un spécialiste de la restauration des monuments
islamiques, qui a préféré s’exprimer sous couvert de
l’anonymat, estime que « le nombre de ces briquettes
perdues dépasse les 100 000. Elles étaient fixées grâce
à un plâtre fermenté pendant un an, et d’autres matières
qui n’existent plus sur la Terre du XXIe siècle ! Par
conséquent, la reconstruction de la mosquée Zaghloul
risque d’aboutir à une reproduction grossière du vieux
monument que la négligence a miné pendant des décennies
». Les travaux de reconstruction de la mosquée devraient
être menés à terme fin 2008.
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| Karim
Al Fawal |
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Histoire
d’une ville |
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Rosette est devenue une
ville d’une importance majeure dès sa reconstruction sur
les ruines de la cité ptolémaïque, en 853. Un siècle plus
tard, elle devient très prospère grâce à son port fluvial
qui la liait au Caire après sa création sous les Fatimides.
Son port maritime a commencé à gagner une place plus efficace,
notamment avec celui de Damiette (embouchure Est du Nil)
sous les Fatimides, surtout après le déclin économique
de la ville d’Alexandrie. Après l’annexion de l’Egypte
par les Ottomans, en 1517, Rosette est devenue le port
principal du pays qui liait l’Egypte à la Turquie ottomane
et à tous les Etats qui dépendaient d’Istanbul, jusqu’à
ce qu’Alexandrie ait repris sa position au cours du XIXe
siècle.
Après un voyage de 6 000
km, le Nil se jette dans la Méditerranée à l’embouchure
ouest qui se trouve à 10 km au nord de Rosette. La ville
a été construite à quelques kilomètres du littoral pour
des fins stratégiques, éviter une frappe de la mer.
A 5 km de la mer, le château
fort de Qaïtbay a été construit en 1479 par un des derniers
sultans mamelouks. Il servait à défendre à la fois l’embouchure
du fleuve et la ville. Il fut notamment appelé par les
Français, lors de l’Expédition de Bonaparte, le fort Saint-Julien.
C’est là où fut découverte en 1799 la pierre de Rosette
par Bouchard, un lieutenant de l’armée française. Ce bloc
de basalte a été dégagé pour fortifier le fort afin de
faire face à une éventuelle attaque britannique.
Pourtant, en 1801, les
Français ont dû capituler après la bataille d’Abouqir,
et la pierre de Rosette fut cédée aux Anglais, qui l’exposèrent
au British Museum de Londres. Puis elle a été décodée
en 1822 par le jeune Jean-François Champollion grâce à
quelques estampes réalisées sur du papier fin. En 1807,
les habitants de la ville ont fait face à l’expédition
militaire anglaise menée par Frizer et ont obligé le général
britannique à signer un accord de retrait de l’Egypte.
Rosette, Rosetta ou encore
Rachid, on ignore d’où vient le nom de la ville. Quelques-uns
pensent que l’origine du mot serait copte, Rchit ou la
ville de la joie, nom qui aurait été confondu secondairement
avec l’adjectif arabe « rachid » qui signifie sage.
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