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Patrimoine.
La ville de Rosette
(Rachid) a vu s’effondrer une de ses plus belles demeures
historiques. Les autres aussi courent un grave danger.
Reportage. |
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Construite
à Rosette au milieu du XVIIIe siècle, la maison historique
Al-Darraa, parmi les plus belles de la ville égyptienne
historique, s’est effondrée il y a quelques mois. Aujourd’hui,
rien n’en subsiste qu’une petite colline en ruines, de
la poussière et des débris divers allant de gros blocs
d’un mètre cube aux petites briques aux couleurs pâles,
celles qui constituaient la façade. Des restes de poutres
de bois émergent de cette forêt de décombres. Cette maison
figure parmi 22 autres qui forment toutes un trésor qui,
de nos jours, est oublié par les responsables. « Bien
que la maison Al-Darraa ne fût formée que de deux étages,
elle jouissait d’une valeur artistique singulière. Deux
colonnes de granite rose à la façade, un plafond coloré
et décoré de moucharabiehs soigneusement travaillés ornaient
cette demeure », souligne Haggagui Ibrahim, professeur
d’archéologie à l’Université de Tanta. A côté de la maison
Al-Darraa, s’élève celle de Manadili. Elle aussi est une
demeure historique qui remonte à la même époque. Aujourd’hui,
et cinq mois après l’effondrement de la maison mitoyenne,
on trouve des fissures qui se promènent en longueur et
en largeur sur la façade. Des échafaudages ont donc été
placés à l’entrée de Manadili pour soutenir le monument.
En effet, la maison est fermée à la visite.
Mohamad
Abdel-Aziz, directeur des antiquités de Béheira, dont
le bureau se trouve dans une de ces maisons historiques,
plongée à trois marches du niveau de la rue, souligne
que le Conseil Suprême des Antiquités (CSA) a commencé
à agir en octobre 2004 pour sauver la maison Al-Darraa.
« Le CSA a donné des recommandations au Centre d’études
des monuments de la faculté d’architecture de l’Université
du Caire pour mener une étude sur le sauvetage de treize
maisons et de trois mosquées. Le rapport final de la commission
devait être présenté aux alentours du 23 juillet 2005.
Cependant, nous avons été pris au dépourvu. La maison
Al-Darraa s’est écroulée le 10 mai 2005 ».
Selon
lui, l’état de détérioration des monuments de Rosette
est plutôt lié aux conditions climatiques et à l’absence
des infrastructures dans cette ville historique. « Rosette
souffre d’un nombre de problèmes importants : l’eau souterraine,
les égouts, la pluie et la fragilité des matériaux de
construction », dit-il. Le niveau des eaux souterraines
avait augmenté d’une manière très remarquable après la
construction du Haut-Barrage.
Rosette
est dépourvue d’un tout-à-l’égout moderne, donc l’eau
drainée des habitations se dirige vers les monuments qui
se trouvent à un niveau inférieur de la rue. Abdel-Aziz
se plaint : « La construction de ce réseau d’égout est
promise depuis une quarantaine d’années par le gouvernorat
de Béheira et par le conseil municipal de la ville de
Rosette, mais rien n’a été fait ». Pour lui, il est inefficace
de commencer par faire des restaurations tant qu’une bonne
infrastructure de la ville n’est pas installée.
Pour
Al-Sayed Hamam, un des inspecteurs des antiquités de Rosette,
la restauration des maisons de la ville est une opération
très compliquée et très coûteuse, car « la restauration
d’une maison impose un travail minutieux. En premier lieu,
il faudrait démanteler le bâtiment briquette par briquette
et changer les poutres et les planches infectées. Et puis
remonter l’édifice selon le même schéma et la même conception
qu’il avait avant d’être démonté. Respecter l’ordre des
briquettes et remettre les mortiers blancs aux mêmes endroits
». Et d’ajouter que l’Etat ne consacre pas assez d’argent
pour financer ces opérations. Même chose pour les habitants
qui voient leur patrimoine s’écrouler sous leurs yeux.
Mamdouh, étudiant à la faculté de médecine, qui habite
dans l’immeuble d’en face, trouve que « l’Etat ne s’est
guère intéressé à Rosette ni à ses monuments. Il n’accorde
de l’intérêt qu’aux monuments pharaoniques. A ce rythme,
tout le patrimoine de Rosette sera d’ici quelques années
à cette image », dit le voisin en montrant du doigt la
montagne de poussière de la maison Al-Darraa .
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| Dossier
réalisé par Karim Al-Fawal |
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Un
musée attendu depuis des années la
visite depuis 1997, le musée de Rosette devrait ouvrir
ses
portes pendant le premier semestre de 2006.
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Il
se trouve au cœur de Rosette, à quelques mètres du Nil.
Il surgit clairement du cœur de la petite place qui l’abrite
avec les belles couleurs qui décorent les briquettes et
les mortiers (marron, bleu marine et blanc). Cependant,
de près, les yeux tombent sous le choc, car on peut découvrir
facilement qu’il s’agit de teintures chimiques et non
pas naturelles. Les vieux canons de bronze qui flanquaient
l’entrée du musée traînent maintenant sur la petite place
avec une reproduction de la pierre de Rosette. Aujourd’hui,
les travaux de base sont arrivés à terme, mais le musée
de guerre, inauguré par Nasser peu après la nationalisation
du canal, sera remplacé par un musée qui raconte l’histoire
de la ville au XVIIIe siècle, période où la maison fut
habitée par Ali Al-Saloniki, son premier propriétaire.
«
L’immobilier est presque prêt mais Il faudrait encore
chercher les objets qui seront exposés dans les salles
du nouveau musée », dit Mohamad Abdel-Aziz, directeur
des antiquités de la région. Ces objets seront sélectionnés
des musées nationaux. « L’objectif est de trouver dans
les musées d’Egypte des pièces de meuble, des tissus,
des tapis, des vieux lustres, des armes, des Corans, des
porte-Corans, des chapelets et des pièces de monnaie,
qui remontent à l’époque où cette maison fut construite,
pour inviter le visiteur à un voyage à travers le temps
qui montre la vie d’antan dans une des vieilles maisons
de Rosette », ajoute-t-il. Le musée ne sera pas climatisé
car les plafonds de bois ne peuvent pas supporter des
unités de climatisation centrale, et les petits climatiseurs
déformeraient la façade du bâtiment .
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