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L’Egypte et l’OMC
Par Ibrahim Nafie

L’Egypte jouera certainement un rôle influent dans les négociations sur la libéralisation du commerce international qui se tiendront à Hongkong en décembre prochain. Elle doit parler au nom des pays en développement, en général, et au nom des pays africains, en particulier. L’Egypte avait déjà eu un apport important dans le cadre du round de négociations de Doha tenu fin 2001 dans la capitale qatari. Ces négociations devaient prendre fin l’année dernière. Mais les membres de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) n’ont pu parvenir à un accord à même de satisfaire tous les membres. Les dernières négociations de ce round ont été reportées à la fin de cette année. Partant, la conférence ministérielle de Hongkong est la dernière occasion pour rapprocher les positions et mettre un terme au round de Doha.

Dans une tentative de parvenir à un « avant-projet d’accord » entre les principaux blocs commerciaux et les pays influents au sein de l’OMC, les Etats-Unis avaient invité à la tenue d’une réunion ministérielle extraordinaire, il y a deux semaines. Quinze membres y ont pris part dont le Japon, l’Union Européenne (UE), l’Inde, la Chine et l’Egypte. Ils se sont réunis à Zurich pour discuter de certaines propositions américaines. Les Etats-Unis ont proposé d’annuler 60 % des subventions qu’ils versent à leurs agriculteurs dans un délai de 5 ans avant de les supprimer entièrement par la suite. Et ce, à condition que l’UE et le Japon réduisent de 80 % leurs propres subventions qui sont d’ailleurs beaucoup plus importantes que celles versées par les Etats-Unis.

Les pays développés et surtout les Etats-Unis se sont montrés intransigeants quant à la libéralisation du commerce international dans le domaine des produits agricoles qui comptent beaucoup pour certains pays qui sont les plus pauvres du monde, comme les pays africains producteurs et exportateurs de coton. Face à cette intransigeance, les pays en développement dirigés par l’Inde, le Brésil et l’Egypte ont eux aussi unifié leurs positions. Négocier la libéralisation du commerce international dans le domaine des produits agricoles est devenu pour eux une condition sine qua non à la réalisation d’une évolution dans les négociations du round de Doha.

Bref, la principale raison de l’échec des négociations est que les pays développés ne sont pas prêts à présenter des concessions raisonnables et qu’un grand nombre de pays du tiers-monde refusent cette position tout en ressentant qu’ils sont marginalisés dans l’arène du commerce international, qu’ils sont incapables de réaliser leurs intérêts et que leur pauvreté s’accroît davantage.

Partant, la réunion des 12 ministres africains du Commerce, qui se tient ces jours-ci au Caire pour parvenir à une position africaine commune avant la prochaine réunion ministérielle, revêt une importance capitale. Ce, sur le plan du développement de l’action africaine commune et aussi dans le cadre de la consolidation de la position de l’Egypte.

 

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