Dans
une tentative de parvenir à un « avant-projet d’accord » entre
les principaux blocs commerciaux et les pays influents au
sein de l’OMC, les Etats-Unis avaient invité à la tenue d’une
réunion ministérielle extraordinaire, il y a deux semaines.
Quinze membres y ont pris part dont le Japon, l’Union Européenne
(UE), l’Inde, la Chine et l’Egypte. Ils se sont réunis à Zurich
pour discuter de certaines propositions américaines. Les Etats-Unis
ont proposé d’annuler 60 % des subventions qu’ils versent
à leurs agriculteurs dans un délai de 5 ans avant de les supprimer
entièrement par la suite. Et ce, à condition que l’UE et le
Japon réduisent de 80 % leurs propres subventions qui sont
d’ailleurs beaucoup plus importantes que celles versées par
les Etats-Unis.
Les
pays développés et surtout les Etats-Unis se sont montrés
intransigeants quant à la libéralisation du commerce international
dans le domaine des produits agricoles qui comptent beaucoup
pour certains pays qui sont les plus pauvres du monde, comme
les pays africains producteurs et exportateurs de coton. Face
à cette intransigeance, les pays en développement dirigés
par l’Inde, le Brésil et l’Egypte ont eux aussi unifié leurs
positions. Négocier la libéralisation du commerce international
dans le domaine des produits agricoles est devenu pour eux
une condition sine qua non à la réalisation d’une évolution
dans les négociations du round de Doha.
Bref,
la principale raison de l’échec des négociations est que les
pays développés ne sont pas prêts à présenter des concessions
raisonnables et qu’un grand nombre de pays du tiers-monde
refusent cette position tout en ressentant qu’ils sont marginalisés
dans l’arène du commerce international, qu’ils sont incapables
de réaliser leurs intérêts et que leur pauvreté s’accroît
davantage.
Partant,
la réunion des 12 ministres africains du Commerce, qui se
tient ces jours-ci au Caire pour parvenir à une position africaine
commune avant la prochaine réunion ministérielle, revêt une
importance capitale. Ce, sur le plan du développement de l’action
africaine commune et aussi dans le cadre de la consolidation
de la position de l’Egypte.