Hebdomadaire égyptien en langue française en ligne chaque mercredi

Kiosque

La Une
L'événement
Le dossier
L'enquête
Nulle part ailleurs
L'invité
L'Egypte
Affaires
Finances
Le monde en bref
Points de vue
Commentaire
d'Ibrahim Nafie
Carrefour
de Mohamed Salmawy
Portrait
Littérature
Livres
Arts
Société
Sport
Environnement
Patrimoine
Loisirs
Echangez, écrivez
La vie mondaine
Kiosque. La presse égyptienne et arabe s’est cette semaine penchée sur les conséquences du rapport Mehlis.

Dangereuse ligne de mire

Le rapport de la commission indépendante d’enquête des Nations-Unies (Rapport Mehlis) a conclu que la Syrie était impliquée, aux côtés du Liban, dans l’assassinat de Hariri, en février dernier à Beyrouth.

« Le séisme de Mehlis », « Le Liban vit le choc de Mehlis », « La Syrie et la communauté internationale face à face », « Mehlis a mis le feu », « La Syrie dans la visée des Américains », titre la presse cette semaine. « Le rapport de Mehlis marque le début d’un nouveau et dangereux chapitre au Moyen-Orient », affirme l’éditorial d’Al-Ahram.

Dans un dossier de 10 pages, le magazine hebdomadaire Rose Al-Youssef pose la question : « L’assassinat de Hariri est-il politique ou juste une affaire de business ? ». « Jusqu’à maintenant il n’existe pas d’accusations définies contre la Syrie ... mais les défis sont difficiles contre l’Etat syrien », affirme l’éditorialiste Abdallah Kamal dans Rose Al-Youssef. L’éditorialiste d’Akhbar Al-Yom demande déjà à la Syrie de « bien comprendre la situation avant que le Conseil de sécurité ne lui impose par la force des sanctions (...). Il y a une volonté arabe à ce que Damas ne prenne pas le même chemin que Bagdad ». Par ailleurs, l’ensemble de la presse arabe a mis en garde contre le danger menaçant le monde arabe. Dans le magazine Rose Al-Youssef, l’analyste Salah Issa juge que « le rapport Mehlis est très dangereux, et met toute la région — et non seulement la Syrie — face à une épreuve très dure, car il est fort probable que nous assistions à un début de nouvelles tempêtes dans la région ».

Accusant la Syrie « sans preuve irréfutable », le rapport Mehlis risque d’exacerber la tension dans la région, estime la presse du Golfe. Selon le journal saoudien Al-Jazira, le rapport ne contient pas de preuve irréfutable et donc « portera atteinte non seulement à la Syrie, mais aussi à toute la région ». Le quotidien émirati Al-Bayane note aussi que le rapport « ne met pas les points sur les i afin de clarifier les choses ». « Il contient des accusations dangereuses contre la Syrie qui pourraient avoir des retombées dangereuses », dit-il, estimant que Damas « a été visée avant la publication du rapport ».

Sur un ton très alarmant, l’écrivain Nabil Zaki compare dans Al-Wafd le rapport à « un véritable ouragan ». « La vérité est que les prochains jours annoncent un fort ouragan sur notre région qui entre dans un tunnel très sombre ... Pas de condoléances aux Palestiniens ! », ajoute-t-il. Le journal qatari Al-Charq qualifie également le rapport de « dangereux ». « Il n’identifie pas les assassins avec des preuves », ajoute-t-il. Cependant, et avec une lueur d’espoir, le quotidien Al-Ahrar affirme que « la Syrie n’est pas candidate au scénario de l’Iraq ».

Autres conséquences de ce rapport : la réactivation de l’opposition intérieure au Liban et en Syrie. « En Syrie par exemple, le rapport permettra une nouvelle formulation du mouvement d’opposition qui tente de s’affirmer en tant qu’alternative au régime baassiste », souligne l’éditorialiste Makram Mohamad Ahmad dans Al-Ahram.

Accusant certains pays arabes d’être « des prisons, dont les peuples sont les occupants », Karam Gaber s’interroge dans le quotidien Rose Al-Youssef sur ce qu’il appelle « la culture des assassinats qui est devenue un programme de pensée et un style de vie chez certains cerveaux arabes ».

La presse syrienne, quant à elle, a violemment critiqué le député libanais Saad Hariri, lui reprochant de s’être félicité du rapport Mehlis sur l’assassinat de son père Rafiq Hariri. « Il était prévu que le député libanais Saad Hariri se joigne à ceux qui applaudissent le rapport de la commission d’enquête et qui veulent satisfaire ceux qui en Occident et en Israël calomnient la Syrie en continuant de tromper le peuple libanais à propos de ce crime », écrit le journal Techrine.

Sans nul doute, le rapport Mehlis met une pression énorme sur le Liban et place la Syrie dans une confrontation politique ouverte avec la communauté internationale. Les prochains jours seront décisifs dans la détermination des positions des différentes parties .

Hoda Ghali
Retour au sommaire
Apartheid

Sous prétexte d’impératifs de sécurité et de protection des colons, comme ce fut le cas avec le mur de séparation, Israël a entamé ces derniers jours l’application d’un plan visant à interdire de façon permanente aux Palestiniens d’emprunter certains axes routiers en Cisjordanie occupée. Cette décision vient s’ajouter à une longue liste de mesures discriminatoires infligées aux Palestiniens.

Israël envisage en effet d’interdire de façon permanente aux voitures palestiniennes d’emprunter certains axes routiers en Cisjordanie, qui seront désormais réservés à la circulation d’Israéliens. Un plan est actuellement à l’étude par l’armée en vue de réaliser cette séparation entre Israéliens et Palestiniens de façon permanente. A cet effet, Tsahal, qui prétend que les nouvelles restrictions sont provisoires mais n’a donné aucune date pour leur levée, a déjà reçu le feu vert pour exécuter la première phase du plan, baptisé « Tout est fluide », en préparation depuis plusieurs mois. Le commandant de la région centre d’Israël, qui couvre la Cisjordanie, le général Yaïr Naveh, a donné des ordres en ce sens, bien qu’une partie du commandement ait exprimé la crainte qu’en réservant des routes aux Israéliens, on faciliterait les embuscades, les attaquants n’ayant pas à se soucier du risque de tuer ou blesser des Palestiniens.

L’armée interdit aux Palestiniens, depuis le 16 octobre, de circuler sur le principal axe routier, nord-sud, entre les villes de Cisjordanie autrement qu’à bord de moyens de transport en commun. Elle interdit aussi aux voitures privées palestiniennes un axe est-ouest menant de Naplouse (nord) vers Israël. Un certain nombre de barrages militaires routiers qui avaient été levés ces derniers mois ont été rétablis et des obstacles en terre érigés pour empêcher l’accès des axes routiers à partir de villages palestiniens, ce qui gêne considérablement les habitants dans leurs déplacements.

Le plan israélien a été mollement critiqué par le département d’Etat américain, qui a transmis un message en ce sens à Israël par l’envoyé spécial américain pour les questions de sécurité, le général William Ward. Il a été surtout dénoncé à juste titre par l’Autorité palestinienne comme un « crime humanitaire » revenant à infliger une « punition collective » à la population palestinienne et comme une nouvelle mesure créant un « régime d’apartheid ». En effet, si ce plan est appliqué, il y aura deux systèmes de routes, pour Israéliens et Palestiniens, suivant le système d’apartheid qui était en vigueur en Afrique du Sud.

 

Pour les problèmes techniques contactez le webmaster

Adresse postale: Journal Al-Ahram Hebdo
Rue Al-Gaala, Le Caire - Egypte
Tél: (+202) 57 86 100
Fax: (+202) 57 82 631