Hebdomadaire égyptien en langue française en ligne chaque mercredi

Le monde en bref

La Une
L'événement
Le dossier
L'enquête
Nulle part ailleurs
L'invité
L'Egypte
Affaires
Finances
Le monde
en bref
Points de vue
Commentaire
d'Ibrahim Nafie

Carrefour
de Mohamed Salmawy

Portrait
Littérature
Livres
Arts
Société
Sport
Environnement
Patrimoine
Loisirs
Echangez, écrivez
La vie mondaine
Chine . Récemment en visite à Pékin, le secrétaire américain à la Défense, Donald Rumsfeld, a réitéré l’inquiétude de Washington quant au développement de la capacité militaire chinoise.

Malaise américain sur le potentiel de frappe

Washington ne peut plus cacher désormais son inquiétude vis-à-vis de la puissance nucléaire et militaire de l’armée chinoise, opérant souvent dans le plus grand secret. Même si l’objectif principal de la visite, en Chine, du secrétaire américain à la Défense, Donald Rumsfeld, du 17 au 20 octobre, — la première depuis sa prise de fonction à la tête du Pentagone en 2001, était de discuter du secteur militaire chinois, cette visite va probablement donner le ton de la prochaine visite qu’effectuera le président américain, George W. Bush, dans ce pays en novembre. « La Chine semble accroître ses capacités nucléaires avec des missiles pouvant atteindre le continent américain et certains endroits du monde, au-delà du Pacifique », s’est inquiété M. Rumsfeld, dont la visite intervient dans un moment où les relations sino-américaines sont tendues du fait de l’investissement massif des Chinois dans des équipements militaires. Un investissement qui pourrait porter atteinte à l’équilibre des forces en Asie, où les Etats-Unis comptent ses deux alliés principaux, le Japon et la Corée du Sud.

Dans un discours prononcé devant les élèves d’une école formant les futurs cadres du Parti communiste, M. Rumsfeld a averti Pékin que le rythme, l’étendue et le secret qui entourent le développement des moyens militaires de la Chine posent problème. Il s’est également demandé si les intentions des Chinois sont vraiment pacifiques. « La nature rapide, discrète et non transparente de ce développement contribue à leur incertitude. Puisque aucune nation ne menace la Chine, on peut se demander le pourquoi de cet investissement accru ? », s’interroge le secrétaire américain à la Défense. Selon lui, les efforts de la Chine pour créer des institutions régionales excluant les Etats-Unis suscitent des doutes quant à ses intentions. Des doutes alimentés par la publication, en juillet, d’un rapport du Pentagone qui évalue à plus de 90 milliards de dollars le montant des dépenses militaires chinoises cette année, soit trois fois plus que le chiffre donné par Pékin et le plus important budget militaire d’Asie, ainsi que le troisième mondial après celui des Etats-Unis et de la Russie.

Irrité par ces accusations américaines, le ministre chinois de la Défense, Gao Guangchan, a complètement rejeté les propos de son homologue américain, niant que la Chine soit lancée dans la course à l’armement. « Les autorités chinoises préfèrent donner la priorité au développement de l’économie et à l’augmentation du niveau de vie de ses habitants », a-t-il confié. « Par conséquent, compte tenu des devoirs et des obligations du gouvernement, il est bien sûr impossible d’augmenter massivement les investissements dans les capacités militaires nationales », a souligné M. Guangchan, déclarant que les allégations selon lesquelles la Chine aurait des intentions agressives sont « dénuées de tout fondement ». En juillet, une déclaration conjointe du doyen de l’Université de défense nationale chinoise avait alarmé Washington : « Si les Etats-Unis prennent pour cible la Chine à propos de la question de Taïwan, il nous faudra répondre à coups d’armes nucléaires », a prévenu le général Zhu Chenghu.

En fait, les relations « compliquées » entre Pékin et Washington se sont tendues ces derniers mois. La tension a pris naissance le 19 février dernier quand une déclaration conjointe entre les Etats-Unis et le Japon présentant la sécurité dans le détroit de Taïwan comme un « objectif stratégique commun » a été jugée par Pékin comme une ingérence dans ses affaires intérieures. Deuxième accroc : un rapport du Pentagone publié en juillet note que Pékin ne cesse d’étendre ses capacités militaires au-delà de son territoire, au point de poser « un défi pour l’ordre mondial ».

La visite de M. Rumsfeld donne ainsi une idée de l’atmosphère de la prochaine visite à Pékin du président américain George W. Bush .

Maha Al-Cherbini

Retour au sommaire
 
 

Pour les problèmes techniques contactez le webmaster

Adresse postale: Journal Al-Ahram Hebdo
Rue Al-Gaala, Le Caire - Egypte
Tél: (+202) 57 86 100
Fax: (+202) 57 82 631