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Iraq. Longtemps critiquée son inaction depuis la guerre lancée contre ce pays par les Etats-Unis, la Ligue arabe tente de faire son retour sur la scène iraqienne.

La Ligue arabe veut parer au pire

 

Cette fois-ci, l’organisation panarabe semble vouloir s’investir autant que possible pour éviter que les différends ethnico-religieux en Iraq ne dégénèrent. C’est dans ce but que le secrétaire général de la ligue, Amr Moussa, a entamé jeudi dernier une visite historique dans ce pays, plus d’une semaine après y avoir mandaté son adjoint pour les affaires arabes, Ahmed Ben Helli.

Pour l’heure, la mission de Amr Moussa semble avoir atteint son objectif. En effet, lors d’une visite historique dimanche au Kurdistan d’Iraq, il a obtenu le soutien des Kurdes, après celui des chiites, à sa proposition de conférence d’entente iraqienne.

Devant le Parlement régional kurde, à Erbil (350 km au nord de Bagdad), le secrétaire général de la Ligue arabe a prôné l’entente entre les communautés d’Iraq. « Mon souhait est que la stabilité et la sécurité règnent en Iraq, que la fraternité et l’entente prévalent entre ses différentes composantes », a-t-il affirmé devant les 111 élus kurdes. Tout en ajoutant : « Un Iraq fédéral, uni, libre et indépendant représente un bond qualitatif dans l’évolution politique de la région ». Pour sa part, le président du Parlement régional kurde, Adnane Al-Moufti, a affirmé que les dirigeants kurdes apportaient leur soutien à l’initiative arabe. Moussa a également reçu l’appui à son initiative du président iraqien Jalal Talabani, qui a déclaré après une entrevue avec le secrétaire général de la ligue : « Nous mettrons à profit tous nos moyens et contacts avec les différentes composantes de la société iraqienne, ainsi que nos relations internationales » pour la faire aboutir, ajoutant que la Ligue arabe était « la mieux placée pour jouer un rôle en Iraq ». Des personnalités iraqiennes ont d’ores et déjà affirmé qu’une réunion préparatoire en vue de la conférence d’entente nationale se tiendrait le 15 novembre prochain au Caire, ce qui n’a toutefois pas été confirmé officiellement.

Auparavant, le secrétaire général de la Ligue arabe avait rencontré dans la ville sainte chiite de Najaf le grand ayatollah Ali Sistani, qui lui a apporté son soutien et sa bénédiction dans sa mission. Cette rencontre, la première entre un chef de la Ligue arabe et la plus haute autorité religieuse chiite en Iraq, a été consacrée aux moyens de créer « un climat favorable à la tenue d’une réunion préparatoire à une conférence nationale », a indiqué M. Moussa. « Nous avons également discuté de la dimension arabe de l’Iraq, de son unité, de toutes les questions qui posent problème en Iraq et des moyens de les résoudre », a dit M. Moussa, en ajoutant qu’ils ont convenu d’une nouvelle visite d’Ahmed Ben Helli à Bagdad, pour parachever les détails de la réunion préparatoire.


Sadr refuse de rencontrer Moussa

La mouvance du chef radical chiite Moqtada Sadr a de son côté refusé toute rencontre avec Amr Moussa tant que la Ligue arabe ne condamnerait pas clairement le terrorisme et le régime déchu de Saddam Hussein. « Nous sommes prêts à le rencontrer à condition que la Ligue arabe accède par écrit à nos demandes, à savoir une condamnation claire des actes terroristes du chef d’Al-Qaëda en Iraq, Abou-Moussaab Al-Zarqaoui, et du régime déchu », a indiqué Sadr. De son côté, le Comité des oulémas musulmans a posé comme principale condition à un dialogue national un calendrier de retrait des forces étrangères d’Iraq, qui est au centre de ses revendications, selon un communiqué de presse distribué après l’entretien qui a eu lieu au siège du comité, la mosquée Oum Al-Qoura à Bagdad. Ainsi, il a exigé de considérer la résistance comme un droit légitime (des Iraqiens) et le terrorisme, sous toutes ses formes, comme un crime inacceptable. Il a aussi demandé de « reconstituer l’armée iraqienne (dissoute) en la purgeant des éléments indésirables » et la « dissolution des milices qui prêchent le confessionnalisme politique ». Il faut aussi, selon le comité, résoudre les questions découlant de l’occupation, notamment celle des prisonniers dans les centres de détention iraqiens et de l’occupant.

Reste également la problématique des participants à la conférence. A Bagdad, le porte-parole du gouvernement, Leith Koubba, a en effet souligné que le gouvernement était soucieux de contribuer au succès de l’initiative arabe, que seules les forces politiques iraqiennes doivent participer au dialogue, en excluant ceux qui prônent la violence.

Inès Eissa
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