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Télévision
. Deux feuilletons
arabes, Al-Hour al-ein (Les
Belles Filles du paradis) et Al-Tariq al-waer (Le Chemin
ardu), s’attaquent aux idées fanatiques et au cheminement
des groupes extrémistes, et suscitent actuellement de
vives controverses.
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| Les
Syriens sortent des sentiers battus |
Un
an après la polémique qu’a soulevée le feuilleton Al-Tariq
ila Kaboul (La Route vers Kaboul) et qui a conduit à sa
suspension, un feuilleton syrien reprend le thème de la
nébuleuse des groupes extrémistes. Le feuilleton Al-Hour
al-ein, du célèbre réalisateur syrien Najdet Anzour, aborde
la vie de familles arabes vivant en paix dans des complexes
résidentiels de la capitale de l’Arabie saoudite et qui
font l’objet brusquement d’attentats meurtriers. « Notre
vie est devenue marquée par le phénomène du terrorisme,
car notre monde arabe vit dans une phase qu’il n’est pas
encore disposé à affronter », explique le réalisateur
Najdet Anzour.
Diffusé à 22h sur la chaîne
satellite MBC 1, ce feuilleton a eu de larges échos en
Arabie saoudite où les cercles religieux ont été très
irrités. Ceux-ci ont préconisé aux fidèles lors des sermons
du vendredi de ne pas suivre ce feuilleton. Cependant,
Anzour a déclaré que son feuilleton ne portait atteinte
à aucun précepte de l’islam, mais les médias saoudiens
sont partis en attaque rangée contre son titre et son
contenu qu’ils considèrent perfides. Les communiqués de
presse saoudiens diffusés sur le net rejettent le titre
du feuilleton, qui « revêt une signification religieuse
noble et ne doit pas être ainsi vulgarisée par une œuvre
artistique ». Certains critiques pensent que les
auteurs n’ont pas la maturité qui leur permette de jauger
des questions du djihad et du fanatisme religieux. D’autres
considèrent que les événements du feuilleton dissimulent
l’intention de discréditer la réputation et la vocation
des hommes de religion saoudiens. Pour mettre un terme
à ces critiques, la chaîne MBC vient de diffuser un communiqué
indiquant que « choisir ce titre puisé dans le Coran ne
vise nullement à ridiculiser les houris du paradis, mais
à montrer que la religion est parfois détournée de sa
mission initiale et que les attentats commis en son nom
ne sont que des actes terroristes qui lui portent préjudice
». D’après les responsables de la chaîne, l’art et les
médias doivent servir à rectifier des concepts erronés,
et qu’ils ont consulté un comité spécialisé sur la teneur
du contenu et la qualité artistique du feuilleton avant
sa diffusion pour ne nuire à aucune autorité politique.
A
travers l’événement principal de l’œuvre, les attaques
terroristes contre le complexe Al-Mohaya à Riyad en 2003
qui ont fait 17 morts, entre autres sept Libanais, quatre
Egyptiens et deux Saoudien et Soudanais, en plus de 122
blessés, la scénariste syrienne Hala Anis Diab appréhende
les détails de la vie quotidienne au sein du complexe.
Chaque appartement, touché par un attentat, abrite une
famille représentant une société du monde arabe : syrienne,
égyptienne, saoudienne, libanaise, jordanienne et marocaine.
La vie au sein de chacune de ces familles se déroule normalement
alors que sont arrangés discrètement les attentats les
ciblant. Dès le 15e épisode, l’auteur a recours à des
documents d’archives appuyant les faits qu’il met en éclairage.
De quoi alimenter l’idée que les autorités saoudiennes
ont concouru à la rédaction du scénario. Les épisodes
regroupent par ailleurs des comédiens de différentes nationalités
arabes tels que les Syriens Nabila Al-Nabolsi et Bassam
Daoud, les Marocains Fatema Kheir et Saad Tsouli, et les
Egyptiens Sanaa Younès et Hassan Abdel-Hamid. Il faut
bien mentionner que les événements du feuilleton se déroulent
tous pendant le mois de Ramadan pour illustrer la contradiction
qui oppose les actes terroristes à l’esprit tolérant de
l’islam.
C’est
sous un autre angle que le feuilleton émirati Al-Tariq
al-waer (Le Chemin ardu), diffusé à minuit exclusivement
sur la chaîne satellite d’Abou-Dhabi, aborde le phénomène
du terrorisme. Il élucide les étapes de recrutement et
d’entraînement des adeptes des groupes extrémistes à exécuter
des actes terroristes. A travers l’histoire du correspondant
d’un journal en Afghanistan sous l’occupation soviétique
de Kaboul, l’écrivain Gamal Abou-Hemdane dessine le parcours
des jeunes Arabes qui subissent l’endoctrinement et les
chimères que leur inculquent les extrémistes. Son protagoniste
principal, le jeune correspondant, croit au début à la
cause des moudjahidines afghans mais finit par se révolter
contre leur fanatisme qui pervertit le concept du djihad.
Ce feuilleton réalisé par Chawqi Al-Magri regroupe un
grand nombre de comédiens tels que Abbass Al-Nouri, Ghassan
Massoud, Hanaa Nassour et Diana Rahma.
Toutefois, ce contenu
dramatiquement bien étayé est controversé par certains
journaux et sites arabes d’Internet qui considèrent qu’il
peut nuire à l’image de l’islam et du djihad. Cela n’enlève
en rien la pertinence de son message. Mais loin de la
polémique soulevée et de sa consistance, il convient de
souligner que ses deux drames de grande importance contribueront
à ouvrir la voie à des œuvres sérieuses et profondes dans
le traitement de problèmes réels de la société arabe.
Ce, contrairement à la démarche de beaucoup de feuilletons
égyptiens.
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| Yasser
Moheb |
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Une
biographie haut en couleur |
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Un autre feuilleton syrien
relate la vie d’une figure monumentale de la poésie arabe,
Nizar Qabbani. |
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« Je me considère
comme un homme civilisé parce que je peux exprimer mon
amour sans entraves. Et je considère mes vers comme historiques
parce qu’ils sont contemporains de mon vécu tumultueux
». Telle était la philosophie passionnée du poète syrien
Nizar Qabbani qui sied à la majorité de ses poèmes et
qui constitue l’un des thèmes principaux du feuilleton
syrien qui porte son nom, diffusé à 22h sur la chaîne
satellite de Doubaï. Il relate la vie de ce fameux poète
syrien, connu comme « chantre de l’amour et prédicateur
du royaume des femmes ».
Tiré du scénario
de Paula Bahnassi, le feuilleton réalisé par Bassel Al-Khatib
suit le périple de Qabbani, depuis sa naissance et son
enfance à Damas, et sa jeunesse en Egypte jusqu’à ses
derniers jours à Damas, après un parcours poétique et
littéraire assez important.
« Nizar Qabbani
est l’un des grands du XXe siècle, il a réussi à nourrir
et à enrichir la littérature arabe par ses poèmes, et
à animer nos passions par ses vers rebelles. Le feuilleton
essaye de montrer le grand amour et le respect dont jouissait
Nizar Qabbani partout dans le monde arabe », affirme le
réalisateur Bassel Al-Khatib.
Les événements
bien enchaînés reposent sur un grand nombre de documents,
de photos et de correspondances recueillis auprès de fans
et d’amis du poète. Ainsi, la fiction et les scènes documentaires
s’emmêlent avec harmonie, présentant la vie du poète.
En plus de
la présentation en diagonale de ses premières années à
Damas, le feuilleton jette la lumière sur la période vécue
par Nizar en Egypte et son travail diplomatique à l’ambassade
de Syrie au Caire. Une des importantes périodes de sa
vie, qui s’émaille de rencontres avec un grand nombre
de dirigeants, d’hommes politiques, d’intellectuels et
de grands artistes. Comme le montre le feuilleton, outre
sa carrière bien riche, sa vie a coïncidé avec une période
de l’histoire arabe et égyptienne traversée de grands
événements. La fondation de la Ligue arabe, la question
palestinienne, la Révolution de 1952 et l’Union égypto-syrienne
en 1958. Lesquelles ont eu leur impact sur sa poésie et
ont continué à le marquer même après son départ du Caire
pour s’installer respectivement en Espagne, en France,
en Angleterre et au Liban, à la suite de la défaite de
1967 et la mort de Nasser qui ont radicalement changé
ses convictions politiques.
Le jeune
acteur syrien Tayem Al-Hassan incarne le poète dans sa
jeunesse, et Salloum Haddad dans sa vieillesse. Le feuilleton
regroupe par ailleurs un grand nombre de comédiens syriens
et égyptiens, citons entre autres Sabah Gazaëri, Gamal
Soliman, Hanane Tork, Hicham Sélim et les deux chanteurs
Kazem Al-Saher et Magda Al-Roumi. Le comédien Tayem Al-Hassan
retrouve dans ce feuilleton sa célébrité et le grand succès
qu’il a rencontrés l’année dernière avec le feuilleton
syrien Al-Taghriba al-falastiniya (La Déportation palestinienne).
Avec des lentilles bleues et un maquillage simple mais
expressif, Tayem excelle à concrétiser Nizar : sa démarche,
sa mimique, ses gestes et même parfois le timbre de sa
voix. Quant à la comédienne syrienne Qamar Al-Khalef,
elle joue le rôle de Zahra, la première épouse de Qabbani
et la mère de ses deux enfants Hadbaa et Tewfiq, qui souffrait
de ses nombreuses frasques amoureuses, au point de réclamer
le divorce malgré sa passion pour lui.
Le dialogue
écrit par Qamar Al-Zaman Elouache est l’un des points
forts de cette œuvre traversée de douceur et de poésie.
Qui a rencontré également certains problèmes. Pendant
que le feuilleton était à son huitième épisode, un litige
a opposé les enfants du poète à la société de production.
Les trois enfants de Qabbani, Hadbaa, Zeinab et Omar ont
dès le début reproché à la société de production de ne
pas les avoir tenus comme seuls dépositaires du droit
d’accepter ou de refuser l’œuvre sur leur père. Bref,
on peut dire que le feuilleton a réussi à rendre saisissant
le portrait de Nizar Qabbani, une mission assez difficile
en raison de la renommée du poète dans le monde arabe. |
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