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La vie mondaine

Ramadan . Une de nos lectrices estime déplacés les festins gargantuesques organisés pour la rupture du jeûne.

Non au gavage !

Je voudrais souligner un phénomène extrêmement surprenant, qui n’a lieu que pendant le mois de Ramadan, à savoir la concurrence folle entre les familles pour préparer le festin de la rupture du jeûne. En effet, à l’heure de l’iftar, les salles à manger se transforment en banquets gigantesques qui peuvent parfois nourrir un quartier entier. Alors qu’à l’origine, une table d’iftar n’est faite que pour accueillir 4 ou 5 personnes.

Pendant tout le mois de Ramadan, on ne voit que d’immenses repas. On mange follement et très vite, car on a eu faim pendant toute la journée, puis vient l’indigestion : on souffre, on étouffe, on n’arrive pas à respirer, ni même à bouger. Ma question est donc la suivante : que fait-on avec les restes de ces festins ? Vont-ils à la poubelle ? Sont-ils offerts aux pauvres ? Et quelle relation y a-t-il entre le Ramadan et les banquets ? Le Coran ne mentionne pas ces derniers.

Le Ramadan est un mois de rémission et de contrition. La concurrence doit à mon avis se dérouler au niveau des bonnes habitudes et attitudes menant à forger un vrai musulman. Malheureusement, très souvent, notre religion islamique est faussement interprétée. Il est erroné de croire que le Ramadan est le mois de la nourriture et des festins !!

Nahla Farid, Alexandrie.



Jeunes en détresse

Ces jours-ci, nos jeunes traversent une période critique concernant leur culture et leurs convictions. Ils souffrent de l’absence d’exemples capables de les diriger et les aider à distinguer la voie du bien et celle du mal. Cette absence de bon exemple conduit les jeunes à l’extrémisme ou la nonchalance. Ils sont devenus une terre fertile au développement de la culture de la violence, ce qui mène finalement au terrorisme. A l’opposé, ceux qui ne sont pas attirés par les voix de l’extrémisme, prennent la voie de la négligence ou la nonchalance. Ces jeunes trempent jusqu’au cou dans les frivolités et les futilités. On les voit conduire des voitures à des vitesses folles sans prendre en considération la vie des autres (...). Ils négligent leur avenir et ne donnent pas d’importance au travail, ce qui peut mener à une catastrophe : la toxicomanie, pour fuir la communauté.

Les jeunes ayant des idées pour leur pays ou dotés du sens des responsabilités sont rares. Ce qui est vraiment douloureux, car c’est en eux que réside le futur de l’Egypte.

Les jeunes ont donc besoin d’encouragement, d’attention. Les intellectuels et l’élite doivent s’en rapprocher pour les aider (...).

N’oublions pas que la modération doit prévaloir, comme l’a enseigné notre prophète Mohamad.

Sarah Mohamad Chéhata, Le Caire.



Ramadan et la clé du paradis

Le mois de Ramadan est l’occasion pour le musulman de se conformer à l’obligation de jeûner. Cet effort amène tout naturellement le croyant à repenser à sa soumission à Allah, et à penser au chemin qui l’a amené à l’islam. En ce qui me concerne, je suis né d’une famille française et catholique pratiquante en 1952, et j’ai dit la profession de foi islamique le 8 mai 2002. Il est bien connu qu’un certain nombre d’étrangers résidant en Egypte se sont convertis dans le but de se marier et qu’Allah est le seul juge de leur sincérité. Peu de gens savent cependant qu’une femme que j’aime a joué un rôle déterminant dans ma conversion, bien que je ne l’aie pas épousée. Que ce témoignage soit donc un hommage au choix qu’a fait Allah d’elle pour m’offrir la clef du paradis.

Alors que j’avais à peu près trois ans, Allah m’a appelé à l’islam au travers d’un livre pour enfants racontant les aventures de Babar, le roi des éléphants. Babar avait un ami arabe qui l’invitait à prendre un café. Cet Arabe hospitalier s’appelait Moustapha. Je ne savais pas qui était « Al-Moustapha », ce qui veut dire en arabe « l’élu d’Allah », c’est-à-dire le prophète Mohamad, que la paix et la bénédiction soient sur lui. Moustapha est pourtant le premier mot de la langue arabe que j’aie jamais entendu. Et, dans le contexte de la guerre d’indépendance de l’Algérie et des mauvaises probes que j’entendais de la part de certaines personnes à propos des Arabes en général, la générosité de l’ami du roi des éléphants me disait que ces gens-là se trompaient. A la même époque, un beau livre sur l’Egypte me faisait penser au paradis. Mon chemin vers l’islam passerait donc par l’émigration vers l’Egypte, qui n’aura lieu qu’en 1998.

En 2002, c’est la rencontre d’une femme qui me décidera à franchir le pas. Je ne me suis cependant pas converti pour l’épouser, mais parce qu’elle m’a fait découvrir que j’avais la foi, « al-imane » en Arabe, elle qui s’appelle Imane. Et comme mon caractère est de dire ce que je pense et de faire ce que je dis, j’ai été dire la profession de foi islamique sans lui demander son avis. Hanté par cet amour qui m’interdit absolument d’envisager d’épouser toute autre femme, j’ai voulu demander à Allah de décider pour moi. J’ai dit plusieurs fois la prière destinée à cette demande et qui s’appelle en arabe « al-istikhara ». A chaque fois, mon cœur m’a dit d’être patient et me l’a montrée en épouse. Alors j’attendrai, car Allah est le meilleur Guide.

 

Ismaïl de Coursac, Correspondant permanent au Caire du magazine France-Pays Arabes.



La voix de l’Intifada

Je l’entends chaque jour

En train de nous appeler

Pour réagir

avec amour

Pour effacer

l’hypocrisie

Pour réveiller

l’enthousiasme

Pour vaincre la perfidie.

L’Intifada nous appelle :

« Soutenez-moi »

« Priez pour moi »

« Manifestez »

« Boycottez ».

Sa voix est triste

Car beaucoup de gens

Sont indifférents

Et ne l’écoutent pas.

L’Intifada crie :

« Où est l’humanité ?! »

« Où est la sincérité ?! ».

Ne t’inquiète pas

Continue à résister.

Asmaa Adel, Le Caire.



Le piéton chanceux

Jadis,

je me plaisais

Au milieu des carrefours,

Saluer les chauffeurs

Amis de mon père

Ou voisins de la rue.

Les années sont passées !

Les véhicules par des milliers

Ont secoué les rues

Et je me suis vu abasourdi

Par les bruits des klaxons.

Et au jour tombant

Telles des météorites sur terre

Les taxis et les bécanes

Les camions et les autobus

Me serraient,

m’acculaient.

Un fiacre portant des fiancés

M’a fait trébucher

Alors que les charrettes

Des zabbalines

Me faisaient bondir

Je ne sais si à droite si à gauche.

Ensuite,

c’était un cycliste

Aux pains sur la tête soulevés

Se faufilant entre les voitures.

Et les motocyclettes éclair

Qui ont failli me jeter par terre

Les voitures à allure modérée

Nous invitaient déjà

à un surcroît de précaution,

Et celles à l’infernale vitesse

Me défiaient de bien sortir indemne :

Si je les dépasse

C’est une bordée d’injures,

Si je ralentis le pas

Un salut désinvolte

M’est lancé à la figure

Le seul espoir

C’était le Ramadan

Or le soir on peut aisément

Flâner dans les parages.

Mais

j’oubliais les retardataires

Qui à une allure vertigineuse

Veulent rattraper le retard

Ce fut par un de ces soirs

embaumés de jeûne et de prière

Que le cœur battant

J’ai été jeté au sol, atterré,

En voyant le pilote écervelé

S’enfuir, filer, disparaître,

Croyant m’avoir écrasé.

Archimandrite

Maurice Khoury, Le Caire.
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