Jadis,
je me plaisais
Au milieu des carrefours,
Saluer les chauffeurs
Amis de mon père
Ou voisins de la
rue.
Les années sont
passées !
Les véhicules par
des milliers
Ont secoué les
rues
Et je me suis vu
abasourdi
Par les bruits
des klaxons.
Et au jour tombant
Telles des météorites
sur terre
Les taxis et les
bécanes
Les camions et
les autobus
Me serraient,
m’acculaient.
Un fiacre portant
des fiancés
M’a fait trébucher
Alors que les charrettes
Des zabbalines
Me faisaient bondir
Je ne sais si à
droite si à gauche.
Ensuite,
c’était un cycliste
Aux pains sur la
tête soulevés
Se faufilant entre
les voitures.
Et les motocyclettes
éclair
Qui ont failli
me jeter par terre
Les voitures à
allure modérée
Nous invitaient
déjà
à un surcroît de
précaution,
Et celles à l’infernale
vitesse
Me défiaient de
bien sortir indemne :
Si je les dépasse
C’est une bordée
d’injures,
Si je ralentis
le pas
Un salut désinvolte
M’est lancé à la
figure
Le seul espoir
C’était le Ramadan
Or le soir on peut
aisément
Flâner dans les
parages.
Mais
j’oubliais les
retardataires
Qui à une allure
vertigineuse
Veulent rattraper
le retard
Ce fut par un de
ces soirs
embaumés de jeûne
et de prière
Que le cœur battant
J’ai été jeté au
sol, atterré,
En voyant le pilote
écervelé
S’enfuir, filer,
disparaître,
Croyant m’avoir
écrasé.
Archimandrite