Rappel des faits : après
le limogeage de l’Italien Marco Tardelli en octobre dernier,
Chéhata a été nommé à la barre pour assurer l’intérim
jusqu’à la nomination d’un nouveau sélectionneur, alors
qu’en même temps il assurait la gestion technique de Moqaouloun.
Le président de la FEF, Essam Abdel-Moneim, a mis en place
un comité technique, comprenant les plus grands experts
du football égyptien tels que Abdou Saleh Al-Wahch (ancien
président de la FEF et sélectionneur des Pharaons), Taha
Ismaïl (ancien sélectionneur d’Egypte et directeur du
bureau Afrique du Nord du projet Goal de la FIFA pour
le développement du football dans le monde) et Moustapha
Fahmi (secrétaire général de la Confédération Africaine
de Football (CAF), afin de désigner un nouveau sélectionneur.
Le comité technique s’est
d’emblée lancé sur la piste de trois techniciens qu’il
a pressenti capables d’assumer la responsabilité dans
la prochaine période, à savoir le Français Jean Tigana,
le Franco-Polonais Henri Kasperzac et le Portugais Humberto
Coelho. Mais toutes les négociations se sont terminées
par des échecs. « Tigana s’est excusé car il est occupé
par son litige avec Fulham (D1 Angleterre), Kasperzac
n’a pas pu se libérer car il est sous contrat avec le
club de Wisla Krakow (Pologne), tandis que les demandes
de Coelho étaient hors de notre portée (ndlr : le Portugais
avait demandé 40 000 dollars hors taxe) », a déclaré à
son tour Viken Djizmedjian, membre du conseil d’administration
de la FEF.
Et ainsi donc, la Fédération
s’est vue obligée de choisir un coach national et dans
ces conditions, Hassan Chéhata s’est présenté comme le
meilleur candidat, notamment après l’engagement de Mahmoud
Al-Gohari par la Jordanie et l’excuse de Taha Basri, qui
réalise d’excellentes performances avec Enppi depuis son
ascension à la première division égyptienne il y a deux
saisons. « Chéhata est l’homme de cette période. La grande
majorité des joueurs de la sélection sont des jeunes joueurs
qui ont été entraînés par lui dans les sélections juniors
et donc il n’y a pas mieux que lui pour assurer la gestion
dans la prochaine période », a souligné Medhat Chalabi,
le porte-parole de la FEF.
Chéhata était le sélectionneur
de l’équipe juniors, lauréate du Championnat d’Afrique
juniors 2003 et quart de finaliste des Championnats du
monde qui ont eu lieu aux Emirats arabes unis dans la
même année. Il pourra également compter sur l’expérience
de son assistant Chawqi Gharib, sélectionneur des Pharaons
médaillés d’or des Championnats du monde 2001. Ces deux
générations de joueurs constituent actuellement plus de
80 % de l’équipe seniors, ce qui atténuera quelque peu
l’effet de nouveauté. Cependant, « la prochaine période
sera très critique pour l’équipe nationale et pour le
nouveau sélectionneur. L’équipe entamera un nouveau régime,
ce qui va donner lieu à une altération de niveau et une
instabilité technique, alors qu’elle est censée être en
pleine concurrence dans les qualifications pour la Coupe
du monde. Tout cela placera le cadre technique sous d’importantes
pressions, alors que s’il s’était agi d’un étranger, cet
effet aurait été réduit », prévient Taha Ismaïl.
D’autant plus que malgré
la reconnaissance de ses qualités techniques, Chéhata
ne fait pas l’unanimité, que ce soit chez les observateurs
ou le public égyptien. Il a certes réalisé un grand exploit
avec la sélection juniors et a également permis à une
équipe de deuxième division, Moqaouloun, de remporter
la Coupe d’Egypte et Supercoupe d’Egypte en 2004. Une
première dans l’histoire du football égyptien. Mais son
palmarès manque tout de même d’étoffe. Mis à part son
séjour avec la sélection juniors et ses deux mois passés
avec l’équipe de Dina en première division en fin de la
saison 2000/2001, Chéhata n’a entraîné que des équipes
de deuxième division ! C’est que l’homme préfère travailler
dans l’ombre, bâtir de nouvelles formations et ensuite
les conduire sous le feu des projecteurs. C’est là une
des grandes critiques qui lui ont été adressées. Car comment
nommer un sélectionneur d’Egypte qui n’a même pas d’expérience
en première division, à une période si critique ?
Les Egyptiens savent que
leurs chances de qualification pour la Coupe du monde
2006 sont minimes, étant donné qu’ils sont à la quatrième
place du groupe C avec 7 points, derrière la Côte-d’Ivoire
(12 pts), la Libye (10 points) et le Cameroun (8 points).
Mais comme la CAN se déroulera chez eux, une comparaison
avec la Tunisie, vainqueur de l’édition 2004, est inévitable.
Car selon les experts, les Aigles de Carthage n’étaient,
techniquement parlant, pas la meilleure des formations
et leur victoire s’est expliquée par le fait que la compétition
se soit déroulée à domicile, en plus de leur bonne gestion
technique. Ce qui réconforte les supporters.