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Handball. Le directeur technique de la sélection nationale, l’Allemand Jörn Uwe Lommel, évalue les performances actuelles des Pharaons et leurs chances lors des prochains Championnats du monde en Tunisie.
« Les joueurs devront exécuter tous mes ordres en toute confiance »

Al-Ahram Hebdo : Les Championnats du monde auront lieu en Tunisie, du 26 janvier au 6 février. Dans quel état se trouve actuellement la sélection ?

Jörn Uwe Lommel : La tournée que nous avons réalisée lors de la phase de préparation était très importante. Elle m’a non seulement donné l’opportunité de mettre en application différents styles de jeu et d’observer leur niveau, mais aussi de suivre de très près le comportement des joueurs face à différentes situations. Nous avons perdu des matchs amicaux et parfois avec une grande différence de buts. J’ai réussi cependant à identifier les lacunes des joueurs et à y remédier. Au début, j’avais un gros problème, car un groupe de joueurs évoluaient pour la première fois ensemble après les changements que j’ai opérés au sein de l’équipe. La pression était donc grande sur cette nouvelle équipe. Pour moi, il était très intéressant d’observer leur comportement, cela m’a permis de bien préparer le travail à venir. Après cela, j’ai travaillé le style de jeu et les différentes tactiques. Et les joueurs parviennent maintenant à exprimer leur jeu au cours des rencontres amicales. Je crois aussi avoir réussi à fortifier le moral des joueurs.

— Selon la Fédération égyptienne, votre préparation en vue des Championnats du monde a commencé en novembre dernier. Cela vous a-t-il suffi ?

— Faux. Nous avons en fait commencé la phase de préparation en décembre. Avant, les joueurs étaient occupés par le championnat national et d’autres compétitions. C’est pourquoi nous avons rencontré beaucoup de difficultés à appliquer notre programme de préparation, plus particulièrement encore à cause des blessures.

— Quelles sont, à votre avis, les lacunes techniques de votre équipe ?

— Les joueurs ont deux grandes faiblesses : une mauvaise condition physique et un manque de rapidité. Raison pour laquelle j’ai exigé des entraînements très intenses. Pour moi, être en bonne forme physique permet aux joueurs d’exprimer toutes leurs capacités.

— Comment avez-vous réussi à intégrer de nouveaux éléments dans l’équipe et à modifier les postes de la plupart des joueurs ?

— L’équipe a été renouvelée. Nous avons quasiment démantelé l’ancienne équipe qui a fait chuter l’Egypte à la 15e place mondiale en 2003, après une 4e place au Mondial de 2001. Nous n’avions donc d’autre choix que d’avoir recours à de nouveaux joueurs, même venus de la catégorie juniors. Et là, j’ai découvert les joueurs les plus talentueux d’Egypte : Bilal Moawad et Mohamad Abdel-Warès.

Et puis le nombre important de blessures subies par de grands joueurs tels Saber Hussein, Chérif Moëmen, Marwane Ragab et Hamada Al-Roubi, nous a poussés à éliminer certains d’entre eux de la liste et à compter sur les nouveaux joueurs. Chaque équipe a besoin de développer ses éléments et ses positions. Et les remplaçants doivent exercer une pression sur les titulaires. Les joueurs peuvent alors jouer leur meilleur handball tout en étant fiers de représenter leur pays.

— En quoi les joueurs expérimentés pourront-ils aider l’équipe ?

— En réalité, je ne compte pas tellement sur eux. A titre d’exemple, Hussein Zaki, professionnel en Espagne dans le club Real Sociedad de première division, n’est pas en forme. Cela est dû au fait qu’il ne joue que rarement avec son équipe en championnat. De plus, Hussein Zaki occupe en Espagne le poste d’ailier, alors qu’il est défenseur dans la sélection égyptienne. A cela s’ajoute le fait que les bons joueurs tel Hussein jouent individuellement. Chérif Moëmen a aussi perdu beaucoup de sa puissance après sa blessure. Il est vrai qu’avant, ses tirs étaient rapides et il marquait des buts, mais aujourd’hui ce n’est plus tellement le cas.

— Quelles sont les chances de l‘Egypte aux Championnats du monde ?

— Les joueurs devront exécuter tous mes ordres en toute confiance. C’est comme cela qu’ils obtiendront une performance pour l’Egypte. Si leur détermination ne flanche pas, ils pourront facilement se qualifier pour disputer le deuxième tour et là, la porte sera ouverte pour réaliser un grand exploit. L’équipe est aussi plutôt stable, contrairement à d’autres en compétition. Je possède actuellement deux joueurs pour chaque poste, mais j’espère quand même que nous éviterons les blessures.

Propos recueillis par
Chourouq Chimy

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