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Le problème de la gestion
Salama A. Salama

Certains s’interrogent aujourd’hui sur la tendance croissante, en Egypte, à avoir recours à une expérience étrangère. Cette tendance en effet ne se limite plus aux domaines qui ont besoin d’une technologie de pointe et de capacités administratives et techniques très spécialisées, mais s’étend également à des champs d’activité où les experts égyptiens excellaient. Le recours à l’expérience étrangère n’est pas un défaut en soi et il ne faut surtout pas prétendre que la présence d’éléments étrangers dans certains domaines comme les ports et aéroports peut permettre aux autres de connaître nos secrets. Nombreuses choses que nous pensions être des secrets sont faciles à découvrir par les satellites.

Or, quand j’ai appris qu’il avait été décidé de recourir à des compagnies étrangères pour gérer les aéroports internationaux en Egypte, j’ai eu à la fois un sentiment de soulagement et de déception. Le sentiment de soulagement m’est venu après que les responsables d’EgyptAir eurent reconnu que la compagnie n’avait pas réussi à atteindre les normes mondiales en matière de services aériens et que la collaboration d’un partenaire étranger pendant une période limitée apportera à la compagnie une compétence dont elle ne jouit pas aujourd’hui alors que le tourisme est en croissance continue, ce qui nécessite de nouveaux aéroports et une gestion de très haut niveau caractérisée par la précision et la justesse.

Quant à la déception, je l’ai ressentie parce que nous commençons à reconnaître que la gestion chez nous n’atteint pas le niveau requis malgré les nombreux centres fondés et les missions envoyées à l’étranger pour former les directions administratives. Nous avons même maintenant un ministre de la Gestion. Il semblerait que le problème ne réside pas dans l’élément humain égyptien. Celui-ci, introduit dans un système administratif réussi et moderne, prouve que sa compétence n’est pas inférieure à n’importe quel étranger. C’est dans la déficience dont souffrent chez nous les techniques de gestion que se trouvent les difficultés. C’est pour cela que j’ai approuvé le recours à des compagnies étrangères de services de propreté après que tous les efforts locaux eurent échoué. En effet, ces compagnies étrangères avaient commencé un bon travail, mais un différend est apparu pour les tarifs, ce qui les a empêchées de poursuivre leur mission. Cette expérience doit nous apprendre qu’il est avant tout question de gestion ferme, moderne et que les caractéristiques de l’administrateur étranger, c’est-à-dire la précision, le respect des règles de travail et l’impartialité sont les caractéristiques qui nous manquent. On a même eu recours à des experts étrangers pour développer le journal télévisé et dans nombreux autres domaines où il faut faire la différence entre le besoin d’une expérience étrangère et le besoin d’une gestion ferme et moderne.

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