Certains
s’interrogent aujourd’hui sur la tendance croissante,
en Egypte, à avoir recours à une expérience
étrangère. Cette tendance en effet ne se limite
plus aux domaines qui ont besoin d’une technologie
de pointe et de capacités administratives et
techniques très spécialisées, mais s’étend également
à des champs d’activité où les experts égyptiens
excellaient. Le recours à l’expérience étrangère
n’est pas un défaut en soi et il ne faut surtout
pas prétendre que la présence d’éléments étrangers
dans certains domaines comme les ports et aéroports
peut permettre aux autres de connaître nos secrets.
Nombreuses choses que nous pensions être des
secrets sont faciles à découvrir par les satellites.
Or,
quand j’ai appris qu’il avait été décidé de
recourir à des compagnies étrangères pour gérer
les aéroports internationaux en Egypte, j’ai
eu à la fois un sentiment de soulagement et
de déception. Le sentiment de soulagement m’est
venu après que les responsables d’EgyptAir eurent
reconnu que la compagnie n’avait pas réussi
à atteindre les normes mondiales en matière
de services aériens et que la collaboration
d’un partenaire étranger pendant une période
limitée apportera à la compagnie une compétence
dont elle ne jouit pas aujourd’hui alors que
le tourisme est en croissance continue, ce qui
nécessite de nouveaux aéroports et une gestion
de très haut niveau caractérisée par la précision
et la justesse.
Quant
à la déception, je l’ai ressentie parce que
nous commençons à reconnaître que la gestion
chez nous n’atteint pas le niveau requis malgré
les nombreux centres fondés et les missions
envoyées à l’étranger pour former les directions
administratives. Nous avons même maintenant
un ministre de la Gestion. Il semblerait que
le problème ne réside pas dans l’élément humain
égyptien. Celui-ci, introduit dans un système
administratif réussi et moderne, prouve que
sa compétence n’est pas inférieure à n’importe
quel étranger. C’est dans la déficience dont
souffrent chez nous les techniques de gestion
que se trouvent les difficultés. C’est pour
cela que j’ai approuvé le recours à des compagnies
étrangères de services de propreté après que
tous les efforts locaux eurent échoué. En effet,
ces compagnies étrangères avaient commencé un
bon travail, mais un différend est apparu pour
les tarifs, ce qui les a empêchées de poursuivre
leur mission. Cette expérience doit nous apprendre
qu’il est avant tout question de gestion ferme,
moderne et que les caractéristiques de l’administrateur
étranger, c’est-à-dire la précision, le respect
des règles de travail et l’impartialité sont
les caractéristiques qui nous manquent. On a
même eu recours à des experts étrangers pour
développer le journal télévisé et dans nombreux
autres domaines où il faut faire la différence
entre le besoin d’une expérience étrangère et
le besoin d’une gestion ferme et moderne.