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Assouan.
Après des travaux de restauration qui ont duré plusieurs
années, quatre temples et un obélisque viennent d’être rouverts
au public.
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L’île aux trésors |
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Sur une petite
île au sud d’Assouan, et tout près du Haut-Barrage, le touriste
peut désormais visiter l’un des plus beaux temples érigés
par le grand conquérant Ramsès II. La tâche qui vient de s’achever
n’a guère été facile. Il y avait beaucoup de travail à faire
pour le remettre sur pied. C’est en 1999 que Farouk Hosni,
ministre de la Culture, avait décidé de commencer les travaux
de restauration de ces deux sites.
Un
nouveau système d’éclairage, de même qu’un système de sécurité,
ont été installés. Cocasse mais important, il fallait trouver
un moyen de se débarrasser des chauves-souris qui avaient
élu domicile dans le sanctuaire et rendant peu agréable une
visite, relève Aymane Abdel-Moneim, directeur du projet. Pour
ce, un grillage a été placé entre les piliers et colonnes
pour empêcher les chauves-souris de rentrer, de déranger les
visiteurs, mais aussi de détériorer les inscriptions qui se
trouvent à l’intérieur du temple.
Le temple de
Kalabcha, perché sur une petite colline, est le plus grand
monument, voire l’un des plus importants temples, de l’ancienne
Nubie. « Le temple de Kalabcha est le plus grand après celui
d’Abou-Simbel. Son bon état de conservation a permis aux spécialistes
et aux chercheurs d’effectuer d’importantes études sur les
inscriptions gravées sur ses parois », souligne Zahi Hawas,
secrétaire général du Conseil Suprême des Antiquités (CSA).
Réhabilitée depuis
deux ans, et malgré les efforts déployés, l’île de Kalabcha
avec tout ce qu’elle comprend comme monuments n’avait pu être
ouverte au grand public à cause de son emplacement, non loin
du Haut-Barrage. Seuls quelques chercheurs et spécialistes,
ainsi que très peu de touristes, pouvaient la fréquenter.
« Bien que les travaux de restauration et de réaménagement
du site aient pris fin en mai 2002, on ne pouvait pas l’ouvrir
au public. On attendait de régler la question de la sécurité
», reprend Aymane Abdel-Moneim. Aujourd’hui, les touristes
peuvent s’y rendre sans autorisation préalable des services
de police.
Trois autres
trésors
L’île a cet avantage
de comprendre trois autres temples provenant chacun de sites
différents de l’ancienne Nubie, située à près d’une quarantaine
de kilomètres au sud. Ces temples ont subi des travaux de
sauvetage : ils ont été démontés et transférés bloc par bloc
en 1960, et ont été reconstruits sur leur emplacement actuel.
Il s’agit de Beit Al-Wali, du kiosque de Kertassi, ainsi que
du temple de Garf Hussein. Bien que les blocs du temple de
Garf Hussein aient été transférés à la même période, il n’a
été reconstruit que lors de ces derniers travaux de restauration.
« C’est la première fois qu’un tel travail est fait à 100
% par des Egyptiens », souligne Aymane Abdel-Moneim.
Edifié par Ramsès
II en l’an 66 de son règne, il était, avant son transfert,
situé dans un petit village à qui il avait donné son nom.
Etant le plus proche du Nil, il était largement menacé par
les eaux du fleuve. Lors de la construction du Haut-Barrage,
ses pierres ont été démontées et les pierres étaient numérotées.
Mais il n’a pas été reconstitué dans les années 1960, faute
de financement à l’époque.
Un des monuments
les plus impressionnants sur cette île mais aussi différent,
c’est le petit kiosque Kertassi qui remonte à l’époque gréco-romaine.
De ce kiosque, dédié à Isis, il ne reste plus que quatre colonnes
composites, où se mêlent en une délicate broderie des lotus,
palmiers et papyrus.
Le temple de
Beit Al-Wali, disposé juste au nord-ouest du temple de Kalabcha,
fut reconstruit après démontage par l’assistance d’une équipe
américaine toujours dans les années 1960. Ce petit hémispéos
creusé dans la roche est le premier érigé par Ramsès II en
Nubie. Les murs de l’avant-cour renferment plusieurs bas-reliefs
qui décrivent en détails la victoire de Ramsès II sur les
Nubiens au sud, ainsi que ses guerres contre les Libyens et
les Syriens au nord. Outre les quatre temples, le site de
Kalabcha comprend aussi un genre de musée à ciel ouvert regroupant
certains blocs peints d’inscriptions inachevées. Le sol de
la colline est plein de rochers portant des peintures et des
graffitis datant de différentes époques, même de la préhistoire.
Quatre temples
de différentes époques font de cette île un endroit exceptionnel
à visiter. Une allée a été aménagée pour faciliter les déplacements.
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| Amira
Samir |
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L’obélisque inachevé |
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Désormais cette pièce
au charme incomparable pourra recevoir de nouveau ses visiteurs
grâce à un aménagement du site où elle se trouve.L’une des richesses
d’Assouan dès l’antiquité fut l’exploitation des carrières de
granit, de schiste et d’albâtre, transportées du Nil jusqu’aux
villes du Nord. Les obélisques que l’on retrouve de nos jours
à Rome, New York, Istanbul, Paris et Londres furent taillés
à l’origine dans le granit d’Assouan. Cette ville constituait
le principal pourvoyeur de granit, une roche présente uniquement
dans cette région méridionale.
A 2 km au sud d’Assouan, dans une grande carrière
de granit, se repose un obélisque dont la taille a été abandonnée
à la suite d’une fêlure dans le granit. C’est l’un des plus
grands connus à ce jour. Long de 42 mètres, il serait devenu
le plus grand de tous les obélisques. Il est à peine dégrossi
et pas du tout gravé.
L’obélisque inachevé est situé dans une ancienne
carrière d’où l’on extrayait le précieux granit rose utilisé,
en particulier, pour revêtir les pyramides. « Tout près d’Assouan,
les Egyptiens exploitaient plusieurs carrières de granit qui
fournissaient aux pyramides les innombrables blocs de pierre,
mais aussi les obélisques des temples, les colosses royaux et
les statues », explique Hicham Gad, archéologue à Assouan.
L’obélisque inachevé désigne un long bloc de
pierre, quadrangulaire à la base, qui s’élève en s’affinant
pour se terminer en pointe. Son poids est estimé à près de 1
200 tonnes. Ce gigantesque obélisque indique très clairement
la façon dont ces monuments splendides étaient arrachés au sol
et ultérieurement polis jusqu’à présenter le lustre du verre.
« Ayant remarqué un défaut dans la roche, les ouvriers la laissèrent
en l’état, sans le détacher de la paroi », estime Hicham Gad.
Cet état d’inachèvement permet de mieux comprendre les procédés
d’extraction qu’utilisaient les Egyptiens dans les temps anciens.
On ménageait tout d’abord une série d’encoches tout autour du
bloc qu’on voulait détacher, puis on y fiche des coins de bois.
Une fois mouillés, ceux-ci gonflaient en faisant éclater la
pierre. Les blocs étaient décorés sur place, puis tirés jusqu’au
bord du Nil et hissés sur des barges à sec. L’arrivée de la
crue les remettait à flots et dès lors, le transport devenait
possible. « On peut louer l’habileté technique et l’organisation
des Anciens Egyptiens surtout quand on sait que la reine Hatchepsout,
sous le Nouvel Empire, a commandé deux obélisques d’une trentaine
de mètres pour le temple de Karnak qu’elle recevra sept mois
plus tard », reprend-t-il.
Le site de l’obélisque inachevé a été entouré
d’une clôture. Un centre de visite a été édifié sur les lieux.
Le visiteur peut avoir des informations complètes sur l’historique
des obélisques et ressentir un plaisir de l’inachevé très humain
par rapport aux constructions pharaoniques .
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| A. S. |
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