Devenu
l’une des figures du mouvement altermondialiste et de
la lutte contre la « mal bouffe » imposée par les multinationales,
des Organismes Génétiquement Modifiés (OGM) à la vache
folle, en passant par les insecticides cancérigènes,
José Bové a été traîné en justice, en France, avec d’autres
militants de la Confédération paysanne pour avoir détruit
des cultures transgéniques. Pour Bové, cette action
était justifiée par « la désobéissance civique ». Ce
livre est une réflexion sur ce concept que les auteurs
justifient par le fait que les intérêts économiques
de quelques multinationales ont pris le pas sur le débat
politique visant à décider des grandes priorités. Un
concept qui n’est pas nouveau en soi. Déjà, en Inde,
Gandhi l’avait appliqué pour mener la lutte contre l’occupation
anglaise.
Kenneth
Brown (sous la direction de), L’Irak de la crise au
chaos, IBIS Press, Paris, 2004, 321 pages.
Ce
livre s’attelle à l’analyse d’un Iraq ensanglanté par
des décennies d’une dictature sauvage et démoli par
l’occupation américaine. L’ouvrage, dirigé par Kenneth
Brown, bat en brèche l’idée selon laquelle les Iraqiens
seraient prêts à vivre sous autorité américaine sous
prétexte que Bush les a débarrassés de Saddam. La réalité
est autrement plus complexe et la haine du peuple iraqien
pour Saddam ne les a pas conduits à se jeter dans les
bras de l’armée des Etats-Unis. L’ouvrage manie plusieurs
genres : témoignages, chroniques (Juan Goytisolo, John
Berger ou Nedim Gursel) et articles d’analyses signés
par Emmanuel Terray, sur le retour de la colonisation,
Dominique Vidal sur la dimension israélo-palestinienne,
Philip S. Golub sur les cycles de l’empire américain,
et Sami Zubaida sur l’avenir de l’Iraq.