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Foire du livre. Sur fond de rénovations, Wahid Abdel-Méguid préside la 37e édition qui aura lieu au Caire du 26 janvier au 8 février. Entretien.

« Une occasion pour les penseurs et les intellectuels de débattre librement »

Al-Ahram Hebdo : Qu’entendez-vous par le thème de la Foire du livre de cette année Les horizons de la renaissance et de la réforme ?

Wahid Abdel Méguid : A travers ce jumelage entre renaissance et réforme, nous voulons remonter aux sources historiques de la réforme dans son lien avec la renaissance. La notion de réforme n’est pas totalement nouvelle, puisque Mohamad Abdou avait un projet de réforme religieuse et des projets sociaux dans les années 1930 et 40. Elle a toujours été proposée d’une manière partielle comme aujourd’hui. Tandis que l’idée de renaissance a une portée plus globale et s’enracine dans la culture arabe et égyptienne du début du XIXe siècle après l’Expédition française en Egypte et le projet de modernisation de Mohamad Ali.

Le thème de la foire n’est donc pas dépendant des forces extérieures ni manipulé politiquement. Aussi il est préservé de toute tentative qui consisterait à aborder la réforme dans un cadre limité comme le changement de lois ou de la Constitution, qui omettrait toute évolution sociologique, économique, scientifique et culturelle de la société arabe. Nous entendons ici restituer la notion de réforme au contexte sociopolitique en Egypte et dans le monde arabe.

— La foire a toujours été un lieu de rencontre et d’échange entre les intellectuels et le public. Quelles figures seront présentes cette année ?

— Il n’y a pas de vedettes, je n’aime pas cette notion. La Foire du livre est une occasion pour les penseurs et les intellectuels de débattre librement. Aussi, on ne peut pas s’attendre à la présence des mêmes personnalités chaque année. Nous accueillerons deux invités d’honneur : le prix Nobel sud-africain, Nadine Gordimer, et l’écrivain français Robert Solé. Nous avons insisté cette année sur le dialogue des cultures en invitant une gamme d’écrivains arabes résidant en Europe qui écrivent en français ou en anglais. Parmi eux l’Egyptienne Ahdaf Soueif, le Soudanais Gamal Mahgoub (langue anglaise) et la Marocaine Fatma El-Mernissi (langue française).

— Vous êtes pour la première fois à la présidence de La Foire internationale du livre du Caire, quelles sont vos ambitions ?

— La foire n’est pas une affaire personnelle. Cette année, nous avons formé un Haut Comité présidé par le ministre de la Culture qui est chargé de mettre en vigueur un plan global pour tout renouveler. Ce plan vient de commencer et prendra totalement effet vers la fin de l’année 2006. Son objectif est d’obtenir une foire du livre digne de ce nom. Il est important de souligner qu’il y a 745 pavillons, 511 éditeurs et 25 pays participants, dont 16 arabes. Nous devons tout améliorer : décoration, présentation des livres, organisation, afin de faciliter la tâche aux visiteurs depuis l’entrée jusqu’à la sortie de l’enceinte de la foire.

Quant à l’espace dit « le Mur d’Al-Azbakiya » et réservé aux bouquinistes où s’éparpillent les livres, il n’a rien à voir avec l’endroit à la fois originel et historique du même nom. Nous proposons donc une réorganisation de l’espace qui lui est consacré, une meilleure exposition des livres et plus de propreté. La foire ne ressemblera plus à un souk ... L’intérêt porté à la décoration est avant tout la recherche d’une image spécifique de la foire, à l’exemple de nombreuses foires internationales qui ne sont pas plus importantes que celle du Caire, mais qui ont leurs spécificités.

— Vous évoquez beaucoup la forme de cette Foire, mais qu’en est-il du fond ?

— La forme ne peut pas être séparée du contenu, il est facile d’organiser des centaines de colloques, mais le plus difficile est l’élaboration de critères propres à la foire. Nous présentons cette année un nouveau design créé par Yasser Mansour qui a déjà réalisé le pavillon arabe de la Foire de Francfort en octobre dernier. N’oublions pas que la foire a connu une grande évolution depuis trente ans : elle était minuscule et s’est étendue petit à petit pour occuper aujourd’hui un espace important. C’est pourquoi nous proposons aujourd’hui un plan qui va permettre aux visiteurs de se situer. Nous œuvrons surtout pour que la version de la Foire 2006 soit parfaite, celle de 2005 témoignera d’une partie des rénovations en fonction du temps dont nous disposerons.

Propos recueillis par
Dina Kabil et Rania Hassanein
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