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Al-Ahram
Hebdo : Qu’entendez-vous par le thème de la Foire du livre
de cette année Les horizons de la renaissance et de la
réforme ?
Wahid
Abdel Méguid : A travers ce jumelage entre renaissance
et réforme, nous voulons remonter aux sources historiques
de la réforme dans son lien avec la renaissance. La notion
de réforme n’est pas totalement nouvelle, puisque Mohamad
Abdou avait un projet de réforme religieuse et des projets
sociaux dans les années 1930 et 40. Elle a toujours été
proposée d’une manière partielle comme aujourd’hui. Tandis
que l’idée de renaissance a une portée plus globale et
s’enracine dans la culture arabe et égyptienne du début
du XIXe siècle après l’Expédition française en Egypte
et le projet de modernisation de Mohamad Ali.
Le
thème de la foire n’est donc pas dépendant des forces
extérieures ni manipulé politiquement. Aussi il est préservé
de toute tentative qui consisterait à aborder la réforme
dans un cadre limité comme le changement de lois ou de
la Constitution, qui omettrait toute évolution sociologique,
économique, scientifique et culturelle de la société arabe.
Nous entendons ici restituer la notion de réforme au contexte
sociopolitique en Egypte et dans le monde arabe.
—
La foire a toujours été un lieu de rencontre et d’échange
entre les intellectuels et le public. Quelles figures
seront présentes cette année ?
—
Il n’y a pas de vedettes, je n’aime pas cette notion.
La Foire du livre est une occasion pour les penseurs et
les intellectuels de débattre librement. Aussi, on ne
peut pas s’attendre à la présence des mêmes personnalités
chaque année. Nous accueillerons deux invités d’honneur
: le prix Nobel sud-africain, Nadine Gordimer, et l’écrivain
français Robert Solé. Nous avons insisté cette année sur
le dialogue des cultures en invitant une gamme d’écrivains
arabes résidant en Europe qui écrivent en français ou
en anglais. Parmi eux l’Egyptienne Ahdaf Soueif, le Soudanais
Gamal Mahgoub (langue anglaise) et la Marocaine Fatma
El-Mernissi (langue française).
—
Vous êtes pour la première fois à la présidence de La
Foire internationale du livre du Caire, quelles sont vos
ambitions ?
—
La foire n’est pas une affaire personnelle. Cette année,
nous avons formé un Haut Comité présidé par le ministre
de la Culture qui est chargé de mettre en vigueur un plan
global pour tout renouveler. Ce plan vient de commencer
et prendra totalement effet vers la fin de l’année 2006.
Son objectif est d’obtenir une foire du livre digne de
ce nom. Il est important de souligner qu’il y a 745 pavillons,
511 éditeurs et 25 pays participants, dont 16 arabes.
Nous devons tout améliorer : décoration, présentation
des livres, organisation, afin de faciliter la tâche aux
visiteurs depuis l’entrée jusqu’à la sortie de l’enceinte
de la foire.
Quant
à l’espace dit « le Mur d’Al-Azbakiya » et réservé aux
bouquinistes où s’éparpillent les livres, il n’a rien
à voir avec l’endroit à la fois originel et historique
du même nom. Nous proposons donc une réorganisation de
l’espace qui lui est consacré, une meilleure exposition
des livres et plus de propreté. La foire ne ressemblera
plus à un souk ... L’intérêt porté à la décoration est
avant tout la recherche d’une image spécifique de la foire,
à l’exemple de nombreuses foires internationales qui ne
sont pas plus importantes que celle du Caire, mais qui
ont leurs spécificités.
—
Vous évoquez beaucoup la forme de cette Foire, mais qu’en
est-il du fond ?
—
La forme ne peut pas être séparée du contenu, il est facile
d’organiser des centaines de colloques, mais le plus difficile
est l’élaboration de critères propres à la foire. Nous
présentons cette année un nouveau design créé par Yasser
Mansour qui a déjà réalisé le pavillon arabe de la Foire
de Francfort en octobre dernier. N’oublions pas que la
foire a connu une grande évolution depuis trente ans :
elle était minuscule et s’est étendue petit à petit pour
occuper aujourd’hui un espace important. C’est pourquoi
nous proposons aujourd’hui un plan qui va permettre aux
visiteurs de se situer. Nous œuvrons surtout pour que
la version de la Foire 2006 soit parfaite, celle de 2005
témoignera d’une partie des rénovations en fonction du
temps dont nous disposerons. |