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Sur l’avenue
Salah Salem, juste en face du quartier de Darb Al-Ahmar,
se trouve le parc le plus récent et l’un des plus beaux
de la capitale. Il y a cinq ans, les 84 feddans sur lesquels
s’étend ce jardin si radieux étaient un terrain vague
où se versaient les ordures de la capitale.
A
l’entrée, on se trouve devant des colonnes et des arcs
construits en calcaire qui suggèrent d’emblée au visiteur
le style islamique du jardin. En fait, il ne s’agit pas
de la seule esthétique des lieux, mais aussi du fait que
le parc est situé en plein Caire islamique. Une petite
colline avec une vue impressionnante sur le voisinage.
C’est tout le panorama du Caire historique que l’on peut
contempler du haut de cette éminence de terrain. On voit
Darb Al-Ahmar et les plus anciens minarets de la capitale
: Al-Azhar, Al-Hussein, Ibn Touloun. Le visiteur sera
de même ébloui par la vue panoramique de la citadelle
de Saladin avec ses beaux minarets et ses coupoles. A
l’horizon, ce sont les portes du Caire fatimide : Bab
Al-Nasr et Bab Al-Fotouh, qui peuvent être aussi aperçues.
Au pied de
la colline se trouve une allée serpentée qui mène au mur
sud du Caire avec les deux célèbres portes d’Al-Mahrouq
et celle d’Al-Barqiya, construites au XIIe siècle par
les Ayoubides. Une fois les fouilles et les restauration
accomplies, ces portes serviront d’accès au jardin du
côté du Caire fatimide. « Une partie de ce mur historique
a été mise à jour par l’Organisme de la rénovation du
Caire historique et c’est l’organisation Aga khan qui
a proposé de continuer la découverte et d’entamer la restauration
qui s’achèvera dans deux ans », explique Mohamad Emara,
responsable des relations publiques du jardin. C’est la
Fondation ismaélite Aghakhan qui a fondé ce jardin. Normal,
puisque cette organisation s’intéresse en premier à la
restauration et au développement du patrimoine islamique
partout dans le monde, spécialement le patrimoine fatimide.
La dynastie fatimide est d’origine chiite ismaélite. En
fait, pour la Fondation, il s’agit d’un double objectif
: réhabiliter la zone en faveur de la population et préserver
le patrimoine.
« J’étais
éprise par cette verdure qui entoure les trésors islamiques
du Caire fatimide. J’ai insisté à y venir pour contempler
de haut ces trésors, c’est vraiment un autre sentiment
», assure Eva Bolanesky, touriste russe. « C’est d’ailleurs
le cas des étrangers qui visitent le jardin et qui sont
nombreux, en plus des membres de la secte ismaélite dont
fait partie le prince Karim Aghakhan, président de la
fondation », explique Khouloud Ahmad, responsable au jardin.
Au nord du
jardin, c’est le coin détente après cette promenade historique.
Un restaurant et un espace de jeu pour enfants, avec balançoires
et toboggans.
Si cet endroit
est plutôt préféré par les familles, un autre coin a un
aspect plus romantique : des lacs artificiels, des chutes
d’eau, des fontaines et des arbres sur les deux côtés
des allées avec partout une verdure : un lieu digne des
amoureux. A la fin, on se dit qu’il aurait fallu que la
journée soit plus longue pour que se prolonge le plaisir.
C’est d’ailleurs la devise du jardin
Dalia
Farouk
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