La
rue Montasser, au cœur du quartier Al-Haram (Guizeh),
a pendant des années été victime de la négligence
absolue. Pas d’éclairage, ni de réseaux d’égouts.
Cette rue, non goudronnée, accueillait toutes sortes
d’ordures. Mais un jour, les habitants ont décidé
d’agir à l’initiative d’une dame appelée Sanaa.
Sans
réclamer l’aide des responsables des municipalités,
elle a sélectionné les représentants de chaque immeuble
et leur a exposé son idée de retaper leur rue.
Ces
derniers, à leur tour, ont apprécié l’idée et ils
se sont mis d’accord pour collecter une somme de
100 L.E. par appartement pour pouvoir commencer
le projet avec un budget raisonnable.
«
On a commencé avec un budget de 8 000 L.E. Cette
somme nous a aidés à établir l’infrastructure de
la rue qui ne figurait pas dans la planification
des municipalités ou celle du gouvernorat », explique
Safouat Abbass, habitant et responsable du financement
du projet de développement de la rue.
Les
habitants ont commencé par fixer leurs priorités.
Ils ont commencé par installer des réverbères, puis
ils ont lié les canalisations des égouts au réseau
gouvernemental.
Ensuite,
il se sont mis d’accord avec un entrepreneur pour
le goudronnage de la rue.
Une
fois l’infrastructure de la rue installée, les habitants
ont fait participer les jeunes pour planter les
arbres. Certaines parties des trottoirs ont même
été transformées en bassins fleuris. Ils ont également
déposé des poubelles en plastique. Malheureusement,
ces poubelles n’ont pas résisté. « Nous allons en
acheter d’autres, métalliques, et les accrocher
aux réverbères », affirme M. Safouat.
Les
jeunes filles, en coopération avec les femmes, ont
fait de la pancarte qui porte le nom de leur rue
une œuvre d’art en mosaïques.
Tous
ces travaux étaient surveillés par les responsables
des municipalités qui avaient parfois quelques remarques.
Vu
les grands efforts déployés par les habitants, les
responsables gouvernementaux se sont déclarés prêts
à asphalter la rue. Mais ils ont tardé de deux mois,
ce qui a rendu les habitants pessimistes.
«
Cette période fut la plus difficile que l’on ait
vécue », se rappelle Mme Sanaa avec amertume. Elle
ajoute que les habitants ont cru que les responsables
avaient oublié leur promesse. Mais c’était juste
un retard.
Les
habitants de la rue Montasser veulent aller plus
loin. Ils veulent que leur rue devienne une rue
pilote amie de l’environnement. Mais il y a deux
problèmes qui empêchent leur rue de mériter ce titre
: un terrain vide qui accueille les déchets et la
pollution sonore.
Les
habitants proposent de transformer ce terrain en
parking, dont le revenu sera reversé au budget du
quartier. « On pourra de même le transformer en
terrain de football ».
Ces
deux propositions seront possibles à condition que
le gouvernement se charge de ramasser les tas d’ordures.
En fait, ce processus de nettoyage coûte énormément
d’argent et les habitants n’en ont pas les moyens.
Ils attendront donc l’intervention de la municipalité.
« Les habitants de cette rue ont donné un très bon
exemple, et j’espère personnellement que cette expérience
se répétera dans d’autres rues et dans d’autres
quartiers », lance Magdi Allam, directeur de la
branche du Grand-Caire dépendant de l’Agence égyptienne
pour les affaires de l’environnement . |