Lors
de sa dernière visite à Assouan, le président Moubarak a rencontré
son homologue soudanais et s’est exprimé sur la politique
intérieure et extérieure de l’Egypte.
Les déclarations
du président Moubarak nous permettent de saisir ses directives
et sa vision de l’Egypte pour la prochaine étape.
Il a évoqué trois
causes principales : la réforme économique et politique, l’intérêt
à la dimension sociale et à la solidarité nationale.
Sur le plan extérieur,
le président a pris soin de signaler l’importance, pour un
Etat comme l’Egypte, d’avoir une politique extérieure équilibrée.
Cette dernière tiendrait compte de la réalité présente et
à venir sans négliger les responsabilités de l’Egypte arabe.
La réforme économique
et politique est au centre des préoccupations du président.
« Le processus de réforme, a-t-il affirmé, a commencé il y
a plus de vingt ans et se poursuivra, avec ou sans moi ».
Pour Moubarak, la réforme est une opération continue qui dépasse
les décisions circonstancielles ou temporaires. « L’Egypte
a entrepris, dit-il, pendant plus de vingt ans de nombreuses
opérations de réformes en vue d’assurer la consécration des
libertés. Nous bénéficions aujourd’hui d’un Parlement permanent,
de la liberté d’opinion et d’expression, de presse et de religion.
La nouvelle année, a-t-il ajouté, connaîtra de nouvelles opérations
de réformes politiques à la lueur des projets de lois proposés
à l’Assemblée du peuple ».
Bien que le processus
de réforme économique et de changement s’accompagne habituellement
d’un impact négatif sur les classes à revenu fixe ou limité,
et bien que certains y voient des effets inévitables, le président
s’est aligné du côté des classes démunies. Il a pris soin
de souligner la nécessité d’éviter de telles retombées. C’est
ce qui explique le renoncement ferme et décisif à la privatisation
de secteurs vitaux, notamment ceux de l’eau potable, de l’électricité,
des transports, des chemins de fer et des soins médicaux.
Dans le même temps, le président a confirmé « la permanence
de la gratuité de l’enseignement, quel qu’en soit le prix
». En considérant ces décisions dans le cadre de l’équation
réforme/stabilité et sécurité sociale, on s’aperçoit qu’elles
représentent l’une des particularités les plus positives de
l’expérience égyptienne. La réforme est recommandée, oui,
mais la sécurité, la société et la stabilité, la protection
des classes défavorisées n’en sont pas moins importantes.
C’est à mon avis cette particularité qui nous a épargné ce
que d’autres sociétés ont connu de désordres et de troubles.
Pour ce qui est
des questions externes, le président Moubarak a de nouveau
affirmé la vision selon laquelle l’Egypte joue un rôle régional
et international. Il a de nouveau insisté sur la poursuite
de la méthode qui permet d’investir la politique étrangère
en faveur des projets de croissance et de renaissance nationale.
C’est précisément
dans ce contexte qu’il faut voir les décisions de la politique
extérieure, notamment l’accord avec les Etats-Unis et Israël
stipulant la création de Zones industrielles qualifiées (Qiz).
Ceci dans le but de promouvoir les emplois et les chances
d’exportation vers les Etats-Unis sans droits de douane.
La politique
étrangère s’engage de même dans le soutien aux causes et aux
droits arabes légitimes, ainsi que le règlement des conflits
existants. Les Etats arabes concernés sont appelés à prendre
des positions objectives et réfléchies pour réaliser dans
la région et autour d’eux un accord régional et international.