Hebdomadaire égyptien en langue française en ligne chaque mercredi

Le monde en bref

La Une
L'événement
Le dossier
L'enquête
L'invité
L'Egypte
Affaires
Finances
Le monde
en bref
Points de vue
Commentaire
d'Ibrahim Nafie

Carrefour
de Mohamed Salmawy

Portrait
Littérature
Livres
Arts
Femmes
Sport
Environnement
Escapades
Patrimoine
Loisirs
Echangez, écrivez
La vie mondaine
Palestine. La décision d’Israël de reprendre les opérations militaires à Gaza dévoile les véritables intentions de l’Etat hébreu et compromet les perspectives d’une relance du processus de paix.
Un espoir qui s’effondre
Les espoirs nés de l’arrivée au pouvoir de Mahmoud Abbass (Abou-Mazen) ont vite été anéantis par la décision israélienne de geler tout contact avec les Palestiniens. Gel qui témoigne de la divergence des approches israéliennes et palestiniennes concernant la relance du processus de paix. La direction palestinienne espère persuader les groupes armés de renoncer par eux-mêmes à des opérations armées dans le cadre d’un cessez-le-feu mutuel, alors qu’Israël exige leur désarmement.

Le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbass, a ordonné lundi à ses services de sécurité d’empêcher toutes les attaques lancées contre Israël. Il a en outre ordonné l’intégration des Brigades des martyrs d’Al-Aqsa au sein des services de sécurité palestiniens. Le nouveau président palestinien a souligné lors de sa prestation de serment samedi vouloir parvenir à une paix négociée avec Israël et « à un cessez-le-feu mutuel pour mettre fin à ce cercle vicieux » de la violence. Abou-Mazen devait se rendre ce mercredi dans la bande de Gaza afin de rencontrer les chefs des organisations armées pour essayer de les convaincre de conclure un cessez-le-feu avec Israël. Les mouvements radicaux palestiniens ont récemment fait valoir qu’ils n’accepteraient pas d’être désarmés avant la fin de l’occupation, sans toutefois rejeter la possibilité de discuter de cette question avec M. Abbass.

Dimanche, l’Organisation de Libération de la Palestine (OLP) a réitéré l’appel. Ces opérations « donnent des prétextes à Israël pour saboter la stabilité palestinienne et l’application de la Feuille de route », a indiqué le communiqué de l’organisation. Toutefois, le mouvement radical islamiste Hamas a rejeté lundi l’appel de l’OLP, soutenant qu’il aide Israël à justifier ses opérations dans les territoires palestiniens occupés. Néanmoins, un haut responsable palestinien a souligné que l’Autorité palestinienne ne prendrait aucune mesure coercitive contre les groupes armés sans contrepartie politique d’Israël.

Le porte-parole de l’Autorité, Nabil Abou-Roudeina, a déclaré que « l’escalade de la violence israélienne doit stopper, et Israël doit se retirer des zones palestiniennes pour que l’Autorité palestinienne puisse agir » en référence aux récentes opérations israéliennes dans la bande de Gaza.

En effet, dès l’annonce du gel des contacts, le premier ministre israélien Ariel Sharon a annoncé que les troupes avaient pour consigne d’opérer « par tous les moyens » et « sans limite de temps » contre ce qu’il a appelé « les organisations terroristes » dans la bande de Gaza. La télévision publique israélienne a précisé que l’état-major avait reçu « carte blanche » pour lancer une « vaste opération » dans la bande de Gaza contre les groupes armés et reprendre les opérations de « liquidations ciblées ». Israël avait également fermé jusqu’à nouvel ordre tous les passages frontaliers entre la bande de Gaza et l’extérieur.

Beaucoup de voix se sont élevées, aussi bien en Israël qu’ailleurs, pour dénoncer ce gel des contacts israélo-palestiniens. « Cette décision a été prise trop hâtivement, il faut permettre à Abou-Mazen de gérer les choses et lui donner le temps de pouvoir lutter contre le terrorisme », a affirmé Shalom Simhon, ministre de l’Environnement.

Le chef du parti Yahad (gauche laïque), Yossi Beilin, a pour sa part accusé M. Sharon d’avoir délibérément rompu ce dialogue « car il sait que nous pouvons parvenir à un accord avec Abbass, mais n’est pas prêt à en payer le prix ».

Au Caire, où Israël a dépêché un émissaire pour expliquer sa position, le président égyptien Hosni Moubarak a exhorté M. Sharon à poursuivre le processus de paix. « Je demande à Ariel Sharon de poursuivre le processus de paix et de négocier », a-t-il déclaré. Il a demandé en outre aux Palestiniens de donner une « chance à la paix » et prévenu Israël que l’arrêt de la violence devait aller de pair avec des négociations. Pour l’Egypte, il serait vain d’attendre la fin des attentats sans progrès dans les négociations. De son côté, le président français Jacques Chirac a téléphoné dimanche matin à Mahmoud Abbass pour l’assurer de l’appui de la France et l’inviter à venir le rencontrer à Paris « dès que possible », a annoncé le chef de l’Etat français. Il a indiqué qu’il faut « tout faire pour relancer dès que possible » la mise en œuvre de la Feuille de route par les deux parties. Position plus modérée et plus pro-israélienne de la part des Etats-Unis, le secrétaire d’Etat américain Colin Powell a ainsi simplement espéré que le gel des contacts avec les Palestiniens décidé par les Israéliens sera « temporaire » et appelé l’Autorité palestinienne à faire tous les efforts possibles pour contenir la violence .

Rania Adel
Retour au sommaire
 
 

Pour les problèmes techniques contactez le webmaster

Adresse postale: Journal Al-Ahram Hebdo
Rue Al-Gaala, Le Caire - Egypte
Tél: (+202) 57 86 100
Fax: (+202) 57 82 631