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Au Centre olympique
de Maadi, Tamer Salah, médaillé de bronze aux Jeux Olympiques
(JO) d’Athènes de la catégorie de -58 kg, célèbre avec ses coéquipiers
la première médaille en taekwondo du contianent africain. Blessé
au genou, il a obéi à son directeur technique, Amr Khaïri, en
venant assister à l’entraînement de ses coéquipiers. « A mon
retour en Egypte, ce fut une explosion de joie et de fierté
d’avoir remporté une médaille olympique. L’accueil du public
égyptien a été extrêmement chaleureux et les célébrations ont
été extraordinaires », confie le jeune taekwondiste âgé de 22
ans, qui vient de passer une semaine chargée en émotions.
Les
célébrations terminées, c’est le moment d’évoquer avec ses coéquipiers
les souvenirs inoubliables de son aventure athénienne. « A mon
arrivée au village olympique d’Athènes, et comme à l’accoutumée,
j’ai fait la prière de l’aube, ce qui a été de bon augure pour
moi », raconte le médaillé de bronze qui se remémore surtout
son match de classement pour la 3e place. « Mon adversaire,
l’Espagnol Juan Ramos, m’avait auparavant battu quatre fois
grâce à un arbitrage injuste. Cette fois, il fallait à tout
prix que je m’impose enfin ».
Ainsi, Salah a
redonné son prestige au taekwondo égyptien. Ce sport, qui a
connu son apogée dans les années 1990, a été en constante régression
depuis l’échec de Talaat Mabrouk et Yéhia Allam aux JO de Sydney.
Le jeune combattant a aujourd’hui leur revanche. Et cela grâce
aussi à l’absence de toute pression des médias.
Avant de se rendre
à Athènes, Salah n’aurait jamais imaginé monter un jour sur
le podium olympique. Mais son talent et son style de jeu unique,
qui se basent essentiellement sur la souplesse et la vitesse,
ont été son meilleur atout. Amr Khaïri a utilisé le talent et
la bonne condition physique de son poulain pour lui inculquer
le style de l’école coréenne basé sur l’attaque et la contre-attaque,
qui demande une harmonie totale entre le mental et le physique.
Salah a par ailleurs énormément bénéficié de son entraînement
avec le plus talentueux des taekwondistes égyptiens, Talaat
Mabrouk. « J’ai beaucoup appris de Talaat car j’ai eu l’occasion
non seulement de l’observer, mais aussi et surtout de disputer
des matchs contre lui », déclare le nouveau venu sur la scène
du taekwondo égyptien.
Les débuts du premier
taekwondiste africain médaillé olympique remontent à 1988. Passionné
de taekwondo, c’est à l’âge de 6 ans qu’il commence à pratiquer
ce sport, au Club sportif d’Al-Raml à Alexandrie. Mais il estime
être vraiment né en 1999, quand il a remporté la médaille d’or
au Tournoi international d’Egypte. C’est à ce moment-là que
le directeur technique de l’équipe nationale, Amr Khaïri, l’intègre
dans la sélection. « J’ai alors commencé à sentir que je pouvais
devenir un athlète de haut niveau ». Quelques mois plus tard,
Salah prouve qu’il mérite cette intégration : en 2000, il décroche
la médaille de bronze lors de la Coupe du monde de France. Mais
ce n’est que depuis sa médaille olympique qu’il se dit totalement
confiant. « Aujourd’hui, je me sens capable de remporter les
Championnats du monde et de décrocher une autre médaille olympique
à Beijing 2008 », affirme-t-il avec assurance.
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