| Mauvaise
qualité, politiques contradictoires et absence de planification.
Les maux de l’enseignement en Egypte sont nombreux. Mais pour
réformer ce secteur vital, le gouvernement se heurte à l’inefficacité
et à la corruption répandue au sein des instances concernées.
La solution ? Créer une instance indépendante chargée de contrôler
le processus éducatif. Une sorte de ministère parallèle dont
les responsables sont bien rémunérés et capables de mettre en
place des politiques viables. Avec l’annonce cette semaine par
le gouvernement de la création de l’Organisme national de contrôle
de l’enseignement, c’est chose faite. La décision a été déclarée
lors de la conférence sur le développement de l’enseignement
qui s’est déroulée la semaine dernière à Alexandrie en présence
d’une multitude d’experts (ministres membres du conseil supérieur
de l’enseignement et présidents d’universités). Les travaux
de la conférence ont duré un jour et ont été marqués par un
discours du président Hosni Moubarak. « Nous avons constaté
que nous sommes très en retard par rapport à la plupart des
pays qui ont appliqué ce système de contrôle depuis le début
des années 1990 », explique Hossam Badrawi, président de la
commission de l’enseignement au Parlement. Il ajoute que cet
organisme aura pour rôle principal de s’assurer de la rentabilité
des décisions dans le secteur de l’enseignement qui souffre
de la bureaucratie et des politiques contradictoires. « Nous
avons pu constater un tel fait avec la suppression et le rétablissement
de la sixième année de l’enseignement primaire », assure Badrawi.
Le
nouvel organisme dépendra directement du président de la République.
Il comprendra des experts dans le domaine de l’Enseignement,
50 % seront égyptiens et 50 % étrangers. Il sera chargé d’établir
des plans pour le développement de l’enseignement et présentera
chaque année un rapport au président de la République.
Un
projet de loi concernant cet organisme sera présenté au Parlement
dès le début de la prochaine session et l’organisme pourra commencer
son travail dans les trois mois qui suivront l’approbation de
la loi.
Un
tel organisme n’empiète-t-il pas sur les prérogatives du ministère
de l’Education ? Hossam Badrawi répond : « Dans tous les pays
du monde il y a des organismes de contrôle et ceci dans tous
les domaines, notamment la santé et la production. Le ministère
est une instance qui offre un service, il faut créer une instance
de contrôle qui indique si le ministère travaille bien ou non
», indique Badrawi. Pour certains, l’expérience mérite l’attention
: « La création de cet organisme est un aveu que l’enseignement
en Egypte a atteint un niveau déplorable », déclare Al-Badri
Farghali, du parti du Rassemblement unioniste progressiste (UPI,
gauche). D’autres estiment qu’il s’agit d’un gaspillage de fonds
inutile et qu’il aurait mieux valu remédier aux tares qui existent
au sein des ministères au lieu de créer des organismes parallèles.
Ahmad Haridi, pédagogue, souligne pourtant certains faits positifs
: « Il est nécessaire que l’enseignement ne soit pas aux mains
d’une seule personne, en l’occurrence le ministre de l’Enseignement.
Je trouve que la création de cet organisme va améliorer la qualité
de l’enseignement. Le problème en Egypte est que nous avons
beaucoup de slogans, mais le résultat n’est pas à la hauteur
des ambitions », estime-t-il. Des organisations non gouvernementales
apporteront leur aide à cet organisme qui se composera de pédagogues
et de présidents d’universités. Il recevra les plaintes des
professeurs. L’organisme permettra en outre de créer un certain
nombre d’emplois. Il faudra sans doute attendre quelques années
avant de pouvoir évaluer l’expérience.
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