Hebdomadaire égyptien en langue française en ligne chaque mercredi

Société

La Une
L'événement
Le dossier
L'enquête
Nulle part ailleurs
L'invité
L'Egypte
Affaires
Finances
Le monde en bref
Points de vue
Commentaire
d'Ibrahim Nafie

Carrefour
de Mohamed Salmawy

Portrait
Littérature
Arts
Société
Sport
Environnement
Escapades
Patrimoine
Loisirs
Echangez, écrivez
La vie mondaine

Education . Le gouvernement a annoncé cette semaine la création d’un organisme indépendant pour contrôler la qualité de l’enseignement en Egypte.

Réforme en perspective

Mauvaise qualité, politiques contradictoires et absence de planification. Les maux de l’enseignement en Egypte sont nombreux. Mais pour réformer ce secteur vital, le gouvernement se heurte à l’inefficacité et à la corruption répandue au sein des instances concernées. La solution ? Créer une instance indépendante chargée de contrôler le processus éducatif. Une sorte de ministère parallèle dont les responsables sont bien rémunérés et capables de mettre en place des politiques viables. Avec l’annonce cette semaine par le gouvernement de la création de l’Organisme national de contrôle de l’enseignement, c’est chose faite. La décision a été déclarée lors de la conférence sur le développement de l’enseignement qui s’est déroulée la semaine dernière à Alexandrie en présence d’une multitude d’experts (ministres membres du conseil supérieur de l’enseignement et présidents d’universités). Les travaux de la conférence ont duré un jour et ont été marqués par un discours du président Hosni Moubarak. « Nous avons constaté que nous sommes très en retard par rapport à la plupart des pays qui ont appliqué ce système de contrôle depuis le début des années 1990 », explique Hossam Badrawi, président de la commission de l’enseignement au Parlement. Il ajoute que cet organisme aura pour rôle principal de s’assurer de la rentabilité des décisions dans le secteur de l’enseignement qui souffre de la bureaucratie et des politiques contradictoires. « Nous avons pu constater un tel fait avec la suppression et le rétablissement de la sixième année de l’enseignement primaire », assure Badrawi.

Le nouvel organisme dépendra directement du président de la République. Il comprendra des experts dans le domaine de l’Enseignement, 50 % seront égyptiens et 50 % étrangers. Il sera chargé d’établir des plans pour le développement de l’enseignement et présentera chaque année un rapport au président de la République.

Un projet de loi concernant cet organisme sera présenté au Parlement dès le début de la prochaine session et l’organisme pourra commencer son travail dans les trois mois qui suivront l’approbation de la loi.

Un tel organisme n’empiète-t-il pas sur les prérogatives du ministère de l’Education ? Hossam Badrawi répond : « Dans tous les pays du monde il y a des organismes de contrôle et ceci dans tous les domaines, notamment la santé et la production. Le ministère est une instance qui offre un service, il faut créer une instance de contrôle qui indique si le ministère travaille bien ou non », indique Badrawi. Pour certains, l’expérience mérite l’attention : « La création de cet organisme est un aveu que l’enseignement en Egypte a atteint un niveau déplorable », déclare Al-Badri Farghali, du parti du Rassemblement unioniste progressiste (UPI, gauche). D’autres estiment qu’il s’agit d’un gaspillage de fonds inutile et qu’il aurait mieux valu remédier aux tares qui existent au sein des ministères au lieu de créer des organismes parallèles. Ahmad Haridi, pédagogue, souligne pourtant certains faits positifs : « Il est nécessaire que l’enseignement ne soit pas aux mains d’une seule personne, en l’occurrence le ministre de l’Enseignement. Je trouve que la création de cet organisme va améliorer la qualité de l’enseignement. Le problème en Egypte est que nous avons beaucoup de slogans, mais le résultat n’est pas à la hauteur des ambitions », estime-t-il. Des organisations non gouvernementales apporteront leur aide à cet organisme qui se composera de pédagogues et de présidents d’universités. Il recevra les plaintes des professeurs. L’organisme permettra en outre de créer un certain nombre d’emplois. Il faudra sans doute attendre quelques années avant de pouvoir évaluer l’expérience.

Samar Zarée

 

Pour les problèmes techniques contactez le webmaster

Adresse postale: Journal Al-Ahram Hebdo
Rue Al-Gaala, Le Caire - Egypte
Tél: (+202) 57 86 100
Fax: (+202) 57 82 631