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Agriculture . Selon une étude faite au Mexique, les méthodes culturales utilisées pour le maïs joueraient un rôle déterminant dans le maintien de la diversité de cette plante. Des recherches qui permettent d’évaluer les risques liés aux OGM.

L’élément-clé des pratiques individuelles

Découverte. Les chercheurs de l’IRD (Institut de Recherche pour le Développement, France) et du CIMMYT (Centre international pour l’amélioration du maïs et du blé, Mexique), localisé à Mexico, ont apporté les preuves génétiques que les pratiques culturales et le comportement de l’agriculteur joueraient un rôle crucial dans le maintien de la diversité des espèces agricoles.

Depuis quelques dizaines d’années, l’érosion de la diversité génétique des plantes cultivées impose la nécessité de développer des initiatives de sauvegarde de ces ressources végétales. Dans le modèle couramment proposé, les variétés des plantes sont maintenues dans des réserves, isolées d’autres variétés étrangères et cultivées selon des pratiques agraires ancestrales. Or, des chercheurs de l’IRD et du CIMMYT se sont appuyés sur des travaux antérieurs menés au Mexique sur des variétés de maïs pour proposer un autre modèle, jugé plus compatible avec le développement agricole.

Les chercheurs se sont intéressés à deux types de diversité, la diversité phénotypique (celle des caractères morpho-anatomiques des plantes) et la diversité génétique (observée par les marqueurs génétiques). L’étude des populations de variétés de maïs cultivées dans six villages d’une région centrale du Mexique a ainsi révélé que les caractères morphologiques et agronomiques du maïs, tels que la taille des épis, la couleur des grains, la période de floraison, etc., variaient suivant l’agriculteur. A l’échelle du génome, une grande homogénéité entre les populations de maïs au sein d’un même village et entre villages distants a été mise en évidence par les marqueurs génétiques, ce qui signifie que l’ensemble des variétés locales possède une base génétique commune. La diversité observée des caractères qui intéressent directement les paysans serait par conséquent le résultat des choix personnels de ces derniers pour la sélection de leurs semences, telle qu’elle se pratique avant chaque cycle de culture.

Cette étude prouve donc que les pratiques culturales habituelles, conduites à petite échelle (le village et la région), constituent un élément-clé de l’évolution du maïs et de sa diversité. La conservation habituelle des plantes cultivées pourrait donc se concevoir non pas sur l’isolement, mais sur un mode d’échange de matériel génétique entre les différentes populations d’une même région. Les recherches menées dans ce contexte sur les flux de gènes entre les populations devraient permettre de mieux évaluer les risques de diffusion de variétés de maïs génétiquement modifiées, au sein des variétés traditionnelles locales et ainsi apporter des éléments de réponse au débat public engagé depuis de nombreuses années sur cette question.

Racha Hanafi

 

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