En
pénétrant dans le quartier populaire de Bassatine (sud du Caire),
ce n’est pas la saleté qui étonne, mais plutôt la propreté.
Et les habitants sont ravis de vivre dans un tel milieu.
Mais
pour parvenir à ce résultat, le gouvernorat du Caire a surmonté
de nombreux obstacles car les sociétés étrangères chargées du
nettoyage d’autres quartiers de la capitale ont refusé de prendre
cette zone du Caire composée de bidonvilles et compliquant donc
leur tâche. Cette zone sud comprend, outre Bassatine, les quartiers
de Dar Al-Salam, Matariya, Maadi, Khalifa, Sayeda Zeinab, Hélouan,
Tora, Tebbine et le Vieux-Caire. Au fil des ans, elle s’est
transformée en un véritable dépotoir en raison de la surpopulation.
« Etre propre, c’est garder la maison propre et jeter les poubelles
par la fenêtre. C’est ce que nous ont appris nos mamans », dit
un habitant.
C’est dans ce contexte
que la société Al-Fostate a entamé ses activités de ramassage
des ordures dans ces quartiers. Al-Fostate a d’abord commencé
dans Bassatine il y a presque 8 mois. « Tous les matins, les
employés balayent les rues et ramassent les ordures. Ensuite,
les véhicules de collecte emmènent les déchets loin des zones
habitées », explique Bassel Medhat, pharmacien dans le quartier.
« Aujourd’hui, les poubelles des rues sont vidées tous les jours.
Si la société continue à travailler comme ça, le résultat sera
plus qu’excellent », poursuit-il.
Pour Saber Allam,
fleuriste, le plus important, c’est la régularité du travail
de ramassage. « Auparavant, les rues étaient balayées un jour
et restaient sales pendant un mois », signale-t-il tout en souhaitant
que les frais de propreté restent raisonnables pour ces habitants
du quartier de Bassatine particulièrement démunis. « J’ai l’impression
que les responsables de la société vivent parmi nous. Ce qui
explique peut-être que le niveau de propreté ne baisse jamais
», signale Ahmad Osmane, chauffeur.
Bassatine a été
le quartier de la zone sud du Caire le plus difficile à gérer,
comme le signale le général Mohamad Labbane, président de l’Organisme
de la Propreté et de l’Embellissement du Caire (OPEC) dont dépend
la société Al-Fostate. « Quand les sociétés étrangères ont refusé
de gérer les déchets de cette zone du Caire, la seule solution
était de trouver une solution interne, c’est pourquoi nous avons
créé cette société », explique-t-il. Pour qu’elle puisse proposer
des services satisfaisants, il a fallu former le personnel et
acheter du matériel moderne. « Pour y parvenir, nous avons organisé
des ateliers de formation. Nous avons aussi modernisé l’équipement
de l’Opec et acheté des machines. Cela a coûté 26 millions de
L.E., payées par le gouvernorat du Caire », poursuit Labbane.
La plus grosse
difficulté rencontrée par Al-Fostate a été celle des tas d’ordures
accumulés depuis des années dans les rues de Bassatine, qui
s’étend sur une superficie de 80 km2 « Pour résoudre ce problème,
des camions de 20 m de long ont passé des mois à enlever les
ordures dans les rues du quartier », indique le général.
Le gros du personnel
d’Al-Fostate a été recruté au sein de l’Opec. « Pour attirer
les employés, nous avons augmenté leur salaire de 75 % », précise-t-il.
Il ajoute qu’Al-Fostate est maintenant capable de concurrencer
ses homologues étrangères si celles-ci se décidaient à partir.
Une réussite qui a conduit les habitants à modifier leurs mauvaises
habitudes.
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