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Diplomatie . L'Egypte a exprimé des réserves concernant la résolution du Conseil de sécurité des Nations-Unies accusant implicitement la Syrie d'ingérence au Liban.

Le Caire soutient Damas

L'Egypte a considéré cette semaine comme « mal placée » la résolution du Conseil de sécurité des Nations-Unies dénonçant toute ingérence étrangère dans les affaires internes libanaises. Le projet de résolution, dirigé contre la Syrie, a été adopté jeudi 2 septembre sur proposition des Etats-Unis et de la France. Il accuse implicitement Damas d'avoir intimidé et menacé les députés libanais pour obtenir un amendement de la Constitution permettant de prolonger de trois ans le mandat du président Emile Lahoud. Cet amendement a été toutefois adopté à la majorité des deux tiers par le Parlement libanais. Le chef de la diplomatie, Ahmad Aboul-Gheit, a exprimé samedi des réserves concernant la résolution du Conseil de sécurité. Il a appelé au respect de la souveraineté du Liban. « L'Egypte aurait préféré que le Conseil de sécurité n'aborde pas ce sujet et qu'il respecte la position du gouvernement libanais », a déclaré Ahmad Aboul-Gheit, faisant allusion au rejet par Beyrouth de toute ingérence du Conseil de sécurité dans ses affaires intérieures. « La réponse à cette résolution est venue du Parlement libanais qui a approuvé à une grande majorité l'amendement de la Constitution libanaise », a-t-il ajouté. Aboul-Gheit a affirmé que la Syrie et le Liban doivent gérer par eux-mêmes leurs rapports. « Il y a des accords qui régissent ces rapports. Concernant la présence de troupes étrangères au Liban, il faut que cette affaire soit gérée via des négociations entre Damas et Beyrouth », a expliqué le chef de la diplomatie.

L'Egypte n'exclut pas qu'Israël soit derrière la résolution du Conseil de sécurité : « Israël est derrière l'adoption de cette résolution. Elle possède une grande influence aux Etats-Unis. Tel-Aviv veut resserrer l'étau autour de la Syrie par le biais du Conseil de sécurité afin de lui donner le droit de frapper la Syrie », déclare une source diplomatique qui a requis l'anonymat.

En effet, la résolution du Conseil de sécurité est intervenue dans un contexte extrêmement tendu entre Damas et Tel-Aviv. Suite au double attentat de Beersheva mardi 31 août qui a fait 16 morts, outre ses deux auteurs et qui a été revendiqué par le mouvement islamiste palestinien Hamas, le gouvernement israélien avait accusé la Syrie de soutenir le terrorisme et menacé de lancer des opérations militaires contre ce pays. Le chef d'état-major de l'armée israélienne, le général Moshé Yaalon, a ainsi affirmé qu'Israël « agirait contre ceux qui soutiennent le terrorisme ».

Des responsables égyptiens qualifient de dangereuse cette stratégie israélienne. « Israël en réalité veut changer de stratégie. Il veut frapper les dirigeants palestiniens pas seulement à l'intérieur des territoires palestiniens, mais aussi à l'extérieur de ces territoires que ce soit en Syrie ou au Liban », déclare Mohamad Bassiouni, ex-ambassadeur égyptien en Israël.

De son côté, la présidence égyptienne a estimé que les menaces israéliennes contre la Syrie sont irrationnelles. Ahmad Aboul-Gheit et Omar Soleimane, le chef des services de renseignement, se sont rendus lundi à Ramallah, en Cisjordanie, pour rencontrer le président de l'Autorité palestinienne Yasser Arafat. Cette visite, initialement prévue pour mercredi 1 septembre, a été reportée par le président Hosni Moubarak après le double attentat de Beersheva. Selon le porte-parole de la présidence, Magued Abdel-Fattah, MM. Aboul Gheit et Soleimane se rendront en Israël avant la mi-septembre où ils évoqueront les récentes menaces israélienne contre la Syrie. « L'Egypte considère les menaces israéliennes contre la Syrie comme irrationnelles et elle poursuit ses contacts avec Israël, les Etats-Unis et les autres pays qui siègent au Conseil de sécurité afin de leur expliquer plus en détails cette position », a déclaré le porte-parole de la présidence. « Il n'existe aucune preuve qu'un lien existe entre les explosions qui se sont déroulées en Israël et la Syrie », a-t-il dit.

Chérif Ahmed

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