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La vie mondaine

Pétrole . Un de nos lecteurs exprime son point de vue concernant cette ressource qui régit politique et économie.

Un enjeu géopolitique mondial

Le pétrole est un paramètre important de la politique étrangère des Etats-Unis. En incluant l’Iraq, la Corée du Nord et l’Iran dans un axe du mal, les Etats-Unis ont fait la combinaison entre le terrorisme, la technologie et la tyrannie ; une conception géopolitique classique. Le but de Washington est d’encercler le Moyen-Orient à partir du nord par la Turquie, laissant à Israël l’encerclement par le sud appuyé par des pactes de sécurité formés en Asie centrale, dans la mer Caspienne et le sous-continent indien.

Après sa déconfiture en Afghanistan, l’organisation Al-Qaëda a été régénérée par l’intervention américaine en Iraq. Désormais, la puissance des Etats-Unis s’étend du Moyen-Orient à l’Afghanistan, en passant par la mer Caspienne. Le grand jeu de la politique de la Russie et des Etats-Unis dans le Caucase pourrait permettre à l’Union européenne de participer à une alliance énergétique pour mener une lutte conjointe contre le terrorisme transnational et multiforme, le trafic de drogue et la criminalité.

En marginalisant l’Otan en Afghanistan et en divisant la communauté internationale sur l’Iraq, la guerre contre la terreur englobe une communauté d’intérêt bien comprise. En effet, la Chine sera en 2020 aussi dépendante du pétrole du Moyen-Orient que le sont aujourd’hui les Etats-Unis. De plus, dans son rapport annuel de 2002, l’Agence internationale de l’énergie considère que le développement des ressources en pétrole et en gaz de la Russie sera crucial à la sécurité énergétique des pays membres et non membres de l’OCDE.

Les différends qui sont apparus en 2002 entre l’Amérique du Nord et l’Europe en politique internationale concernant le terrorisme, la drogue et l’environnement ne sont pas qu’un simple problème passager dû au style de l’Administration Bush ou à la situation internationale après les attentats du 11 septembre 2001. Ils sont plutôt le reflet de points de vue fondamentaux qui divergent sur la question de la sécurité des approvisionnements au sein d’une civilisation occidentale plus large.

Malgré le développement d’un marché mondial de l’énergie par les Etats-Unis, la notion d’intérêt national est toujours présente dans les relations énergétiques internationales. En revanche, c’est la rationalité économique qui commande une approche de la sécurisation des approvisionnements du marché mondial. D’un côté, il y a les demandes énergétiques nationales, de l’autre un système énergétique défini comme un marché qui opère sur une base mondiale et /ou régionale.

Sur les cinq continents, une crise pétrolière prend la forme d’une hausse du prix mondial et non d’une pénurie de pétrole. Dès lors, la variable-clé n’est pas la dépendance pétrolière mais bien la grande concentration de l’offre mondiale de même que la forte intensité pétrolière de l’économie américaine. En un mot, la dépendance des Américains vis-à-vis du pétrole du Moyen-Orient est déterminée par la différence de coût marginal de développement avec d’autres régions du monde, entre autres hors Opep.

Dans ces conditions, le vrai problème n’est pas celui des ressources, mais du prix mondial du pétrole brut et de la stabilité politique du système international. En fait, ce sont surtout sur cinq pays du Proche-Orient membres de l’Opep, soit l’Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, l’Iran, le Koweït et l’Iraq que repose pour les quinze prochaines années la sécurité des approvisionnements dont la part dans la production mondiale pourrait passer de 32 % en 2010 à 41 % en 2020.

La gestion des risques de la sécurité des approvisionnements est différente d’un pays à l’autre. Les Américains sont enclins à considérer qu’il n’y a pas de légitimité démocratique au-dessus de l’Etat-nation. A cet égard, si les organisations internationales ont une légitimité, elle peut à tout moment leur être retirée par les parties contractantes. Les Européens au contraire croient que la légitimité démocratique relève de la volonté d’une communauté internationale beaucoup plus large que celle d’un Etat-nation agissant à titre individuel.

La question du poids de l’Europe dans la diplomatie économique se pose à l’échelle mondiale. Dans le secteur de l’énergie, le Canada est sûrement la dernière chance de l’Europe (le Canada est le premier fournisseur de pétrole et de gaz des Etats-Unis. Les 2/3 de la production canadienne y sont exportés par l’Alberta qui possède des réserves comparables à celle de l’Arabie saoudite alors que la différence est consommée dans l’Ontario et l’ouest canadien). En principe, il s’agit ici de la définition et de l’application des cadres juridiques et institutionnels capables de stabiliser le système international à travers la gestion des formes d’interdépendances instaurées par la technique. Quoi qu’il en soit, l’Europe doit dans un certain sens influer sur les arbitrages qui sont faits entre les modalités marchandes et les modalités administratives de régulation de l’économie mondialisée.

Gilles Couture,
Canada.



Une vie sous surveillance

Je suis française et choquée par l’article sur le scoutisme intitulé « Une camaraderie sous surveillance » (Al-Ahram Hebdo n°519) où les Européens passent encore pour des pervers qui envoient des jeunes filles avec des jeunes garçons dans les mêmes tentes. On laisse supposer que tous les péchés du monde y sont commis. Or, pour la plupart, les mouvements scouts répondent aussi à des mouvements religieux qui même s’ils sont occidentaux ne prônent pas aux jeunes filles de tomber enceintes mineures et hors mariage. A ce titre, je ne pense pas que la mixité soit autorisée la nuit dans les tentes, surtout s’agissant de mineures. En tout cas pas en France. C’est comme si on disait que toutes les femmes voilées étaient des femmes battues. Je ne sais pas si vous seriez d’accord. Je peux comprendre que les Arabes soient contrariés par la politique impérialiste américaine mais de là à dire que tout est permis en Occident, le viol, l’alcoolisme et j’en passe il ne faut pas exagérer. Une société laïque comme la France n’est pas une société sans interdit, sans loi. La seule chose qui est dite, c’est qu’il permis d’aimer hors mariage parce que le mariage n’est plus nécessaire pour acquérir un statut social. Le statut est donné par le niveau d’études, donc le métier et le salaire. Les adultes consentants sont libres de leurs choix politiques, religieux et sexuels tant qu’ils ne nuisent pas à autrui. Les exactions commises par les soldats américains pour criminelles qu’elles soient sont (j’ose encore l’espérer) le fait d’une minorité non représentative de l’ensemble de l’Occident. Des fous et des pervers il y en a partout de tous les côtés.

Edwige Candon,
France.



Le nouvel impérialisme

Le scénario iraqien risque de se reproduire au Soudan. C’est encore une fois le principe impérialiste « Diviser pour régner » que les Etats-Unis et l’Angleterre adoptent. Mais Les Etats-Unis sont-ils capables d’affronter les mouvements séparatistes au monde entier ?

Le Soudan est un Etat qui souffre d’une multitude de mouvements insurrectionnels. Notons que cette guerre civile a pris un nouveau tournant à cause de l’apparition de l’or noir dans cette région. Les Etats-Unis espèrent obtenir une décision du Conseil de sécurité imposant des sanctions au Soudan si ce dernier ne réussit pas à désarmer les milices jandjanwides. Nous sommes arrivés à un moment critique où tous les Arabes doivent s’aligner sur le Soudan face aux mauvaises intentions américaines et britanniques.

Sally Ali,
Le Caire.



Des JO à l’américaine

Quelle honte que McDonald’s, champion mondial de la malbouffe, soit l’un des principaux commanditaires des JO d’Athènes ! C’est comme si on permettait au cigarettier (et contrebandier ?) JTI-MacDonald d’en être.

Comme le démontre le documentaire Super Size : Malbouffe à l’américaine, consommer à répétition du fast-food, c’est hypothéquer à coup sûr sa santé. Aucun athlète n’aurait réussi à participer aux JO s’il avait été un client régulier des McDonald’s, Wendy’s, A&W, Burger King, PFK et autres Pizza Hut de ce monde (des compagnies toutes fondées aux Etats-Unis, où l’obésité, comme on le sait, est un gros problème).

Imaginez l’effet créé par la télévision : on voit d’abord les meilleurs athlètes s’exécuter et triompher, puis, la seconde d’après, on voit deux jeunes dans une pub, semblant pimpants de santé, se disputer du McDo. De là à ce que plusieurs associent la force, la santé et la beauté à la malbouffe, il n’y a qu’un pas.

Le Comité International Olympique (CIO) est pleinement responsable. Il n’y a plus à douter que l’argent est l’intérêt premier de cet organisme privé. Si l’Onu venait un jour à en prendre le relais, elle devrait pouvoir prévenir pareille antinomie.

Non seulement les fast-foods polluent le corps, mais aussi l’environnement. Car c’est incroyable la quantité d’ustensiles, d’assiettes et de contenants faits en matières recyclables, qui sont tout bonnement jetés dans les poubelles et enfouis je ne sais où. Je suis convaincu que si on installait des bacs à récupération, une majorité de personnes collaborerait. Mais cela ne serait pas rentable pour les « majors » de la malbouffe.

Sylvio Le Blanc,
Montréal (Québec).

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