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Presse. L’adoption par l’Onu d’une résolution appelant au respect de la souveraineté du Liban et le rôle suspect des Etats-Unis dans l’affaire ont occupé une large place dans la presse arabe et égyptienne cette semaine.
Questions
autour d’une résolution

« Assez de témérité », « La Syrie sous la censure du Conseil de sécurité », « Le face-à-face Syrie-Etats-Unis au Liban », « Le Liban sous l’emprise de Bachar Al-Assad », « La Constitution de Lahoud, un papier syrien sur la table des Américains », « Israël se prépare à faire monter la tension contre la Syrie », « Washington se prépare à frapper la Syrie », ont titré les journaux égyptiens. Des titres qui reflètent inquiétude et méfiance.

L’éditorial d’Al-Ahram affirme que « les menaces israéliennes contre la Syrie ne font que compliquer davantage la situation. Une frappe militaire israélienne contre le territoire syrien ne serait qu’une imprudence de plus, et une violation claire de la souveraineté d’un Etat membre de l’Onu ». Mais la revue hebdomadaire Octobar s’interroge : « Israël exécutera-t-il ses menaces contre la Syrie ? Et la Syrie restera-t-elle les bras croisés ? ».

« Je ne pensais pas que le régime d’Al-Assad était aussi fort en manœuvres et pouvait défier le grand pôle américain », écrit l’écrivain Gamal Badawi dans le quotidien d’opposition Al-Wafd.

L’écrivain syrien Emad Fawzi écrit dans le quotidien londonien Al-Charq Al-Awsat : « Ceux qui veulent que la Syrie soit en dehors du conflit lui demandent en fait d’être totalement marginalisée ».

Certains s’interrogent sur la position de l’Onu dans cette affaire : « Nous ne sommes pas contre les décisions de l’organisation internationale, mais nous sommes contre l’injustice, contre la politique de deux poids, deux mesures. Le Conseil de sécurité ne doit pas être un lieu privé où les Etats-Unis exercent leur passe-temps préféré qui est de punir qui ils veulent », écrit l’éditorialiste d’Al-Akhbar, Galal Doweidar.

A Beyrouth, la presse a été partagée sur le projet de résolution déposé à l’Onu par les Etats-Unis et la France sur la souveraineté du Liban. Ce projet a été acclamé par certains journaux de Beyrouth, mais la plupart y ont vu un appel à un « suicide collectif » au service de la volonté de Washington de contrôler la région. Le quotidien Al-Safir, proche des milieux syriens, juge que les Etats-Unis jouent « le chaos » au Liban dans leur propre intérêt. « Le projet réclame tout simplement des Libanais un suicide collectif », écrit dans son éditorial Joseph Samaha, en soulignant que « seul un imbécile pourrait juger réalisables » les exigences énumérées dans le projet de résolution. Selon lui, ce projet s’inscrit dans la politique suivie par Washington depuis les attentats du 11 septembre 2001 et entend « placer la Syrie et le Liban hors de la légitimité internationale » pour justifier une éventuelle frappe des Etats-Unis, qui pourrait être exécutée par Israël. « La patrie est en danger, la Syrie est en danger à partir du Liban (...) Faire exploser le Liban vise également et essentiellement la Syrie », écrit de son côté Talal Salmane, PDG du journal.

Le journal francophone L’Orient-Le Jour souligne en Une que « pour la première fois dans son histoire, la Syrie fait nommément l’objet d’un projet de résolution du Conseil de sécurité condamnant son rôle au Liban ». Dans un éditorial, le quotidien estime que « l’implication française pour la souveraineté du Liban dynamise l’action internationale » et explique « pourquoi la résolution ne ressemble pas à de l’ingérence », en énumérant les parties libanaises qui ont osé exprimer leur opposition à l’amendement de la Constitution, même si certains ont fait volte-face.

Hoda Ghali
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Intimidation

Pourquoi Israël s’en prend-il maintenant à la Syrie ? A la suite de l’opération suicide de Beersheva, revendiquée par le Hamas, l’Etat hébreu a déclenché une campagne d’intimidation contre la Syrie, que l’Etat juif accuse d’être impliquée dans l’attaque. Des menaces d’opérations militaires contre Damas ont ainsi été proférées par un haut responsable israélien, le vice-ministre de la Défense, Zeev Boïm. Un responsable à la présidence du Conseil s’en est également pris à la Syrie en affirmant : « Les ordres viennent de Damas ». Ces propos contredisent ceux du chef des renseignements militaires israéliens, le général Aharon Zeevi, qui a écarté vendredi une implication « directe » de la Syrie dans l’attentat de Beersheva.

Les déclarations israéliennes incriminant la Syrie, relayées par celles de plusieurs dirigeants, notamment le ministre des Affaires étrangères, Sylvan Shalom, et le chef d’état-major Moshe Yaalon, sont là pour alimenter une campagne diplomatique internationale lancée par Israël contre Damas. M. Shalom s’est ainsi rendu jeudi aux Pays-Bas pour s’entretenir avec son homologue néerlandais Bernhard Bot, dont le pays assure la présidence tornante de l’Union Européenne (UE), avant une réunion des chefs de la diplomatie des 25. M. Shalom a indiqué qu’il tenterait de convaincre les Européens de reporter la signature d’un accord d’association économique avec la Syrie. A Washington, l’ambassadeur d’Israël, Daniel Yaalon, a rencontré vendredi des responsables de la Maison Blanche afin de leur transmettre des informations sur la présumée implication de la Syrie dans l’attentat du 31 août.

Loin de ce prétexte de circonstance, l’action d’Israël contre la Syrie est motivée par des raisons purement politiques. Tel-Aviv chercherait ainsi à isoler la Syrie au moment où une résolution présentée par les Etats-Unis et la France sur la souveraineté du Liban a été votée jeudi par le Conseil de sécurité des Nations-Unies. Les autorités israéliennes souhaitent par ailleurs contrecarrer la signature définitive de l’accord d’association entre la Syrie et l’UE dont la finalisation bute encore sur une clause concernant les Armes de Destruction Massive (ADM). Les 25 Etats membres de l’UE se sont entendus en mai à Bruxelles pour exiger des efforts accrus de Damas dans la lutte contre ces armes, en contrepartie de la signature d’un accord d’association. La Syrie réclame de son côté que tout le Moyen-Orient, y compris Israël, soit débarrassé des ADM. Les autorités israéliennes espèrent enfin resserrer leur étau sur Khaled Mechaal, le chef du bureau politique du Hamas, installé à Damas, que l’Etat hébreu accuse d’avoir donné l’ordre d’attaquer Beersheva.

 

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