| L’indice
de la Bourse égyptienne a pour la première fois dépassé le seuil
des 1 000 points, pour s’établir le lundi 6 septembre à 1003,9
points. Depuis le début de l’année, sa tendance est à la hausse,
et a dépassé toutes les attentes. Cette hausse s’explique par
plusieurs facteurs. Avec en tête l’amélioration progressive
de la performance économique du pays. Le record de lundi a coïncidé
avec les informations publiées par la presse concernant l’approbation
par le président Moubarak de la simplification de la classification
des importations soumises aux tarifs douaniers et l’annulation
des frais des services douaniers. Rana Adawi, analyste financier
chez EFG-Hermes, estime que cette seule annonce a suffi à créer
un vent d’optimisme sur le marché : « En plus, il a été décidé
de réduire les douanes de 30 % sur les produits intermédiaires,
ce qui est un signe positif pour les investisseurs et pour le
marché en général ». Et de préciser : « Cette réduction de tarifs
douaniers signifie une réduction parallèle des coûts finaux
des produits importés, ce qui pourrait se traduire par une augmentation
des profits nets des entreprises ».
Mais deux autres
maisons de courtage : CIBC et Prime Securities, voient les choses
d’un œil différent. Joseph Eskandar, directeur du département
de recherches chez Prime Securities, remarque que les indices
grimpent déjà continuellement depuis des mois, passant d’un
record à un autre. « Les prix des actions sont relativement
bas, comparés à d’autres marchés émergents, avec des prévisions
de profits élevés. Cela incite les étrangers à acheter davantage.
La moyenne de leurs transactions quotidiennes s’élève à près
de 30 % du total de l’activité ». Et de souligner : « Les étrangers
sont, contrairement à des temps passés, rassurés par la stabilité
du taux de change et la rapide récupération de leurs capitaux
quand ils décident de quitter le pays ». Eskandar explique la
hausse récente des indices par le fait qu’ils sont entraînés
par certains secteurs d’activité. La hausse de l’indice du marché
financier a en effet été accompagnée de celle d’autres indices
boursiers tels ceux de EFG-Hermes, CIBC, Prime et celui du Case
30 qui enregistre l’activité des actions les plus actives en
Bourse. « Pour le moment, ce sont les secteurs du ciment, des
télécoms, ainsi que bancaire qui permettent aux indices d’être
si bons. Je pense que le secteur des textiles connaîtra une
envolée prochaine, car des réformes sont prévues. Il en est
de même pour les pétrochimiques quand ils seront lancés en Bourse
par souscription publique ».
Cette analyse est
également partagée par Khaled Abou-Heif, directeur général de
CIBC. Il prévoit une croissance des profits des sociétés, puisque
le cours des actions se rapproche de leur valeur vénale, ce
qui reflète un climat économique très sain. « Par exemple, Orascom
Telecom a enregistré plus d’un milliard de L.E. de profits cette
année, contre 137 millions de L.E. l’année dernière », souligne-t-il.
Tout en insistant sur l’optimisme qui règne depuis la nomination
du nouveau cabinet, en juillet dernier. « Le monde des affaires
croit en ce gouvernement. De plus, le taux de croissance de
5 %, visé par le gouvernement (contre 3,8 % l’an dernier) est
réalisable », déclare Abou-Heif. |