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Sports . C'est à Béni Hassan que se trouvent les témoignages et illustrations de la pratique par les égyptiens de disciplines dont certaines, comme la lutte, la boxe, la gymnastique et le hockey, ne semblent pas très éloignées des modèles modernes.

Les Jeux olympiques de Béni Hassan

Béni Hassan est la nécropole où furent enterrés les princes du XVIe nome (province) de la Haute-Egypte, le nome de l'Oryx. Béni Hassan se trouve sur la rive-est du Nil, au sud de l'actuelle Minya et au nord de Tell Al-Amarna, à 270 km au sud du Caire.

Elle comporte un ensemble de plus de douze tombes rupestres décorées, datant du début du Moyen Empire. Déjà connues à l'époque de Champollion, leurs peintures ont beaucoup souffert. Un large wadi (vallée) s'ouvre un peu au Sud, sur les bords duquel Hatchepsout fit creuser un spéos consacré à la déesse-félin Pachet, le spéos Artemidos.

Les peintures murales découvertes à l'intérieur de ses tombes sont un hymne à la vie quotidienne du peuple et des nobles de la XIIe dynastie, dont les actions s'inspiraient de la philosophie du pharaon Mentouhotep. Creusées en une longue file à même le rocher, dans le haut de l'escarpement rocheux du désert oriental, ces tombes comptent parmi les plus intéressants monuments de l'ancienne Egypte. Sur les peintures murales de leurs tombes, les administrateurs de Béni Hassan se firent représenter alors qu'ils percevaient les impôts ou pesaient l'or destiné au Trésor public, considérant que ces activités faisaient partie de leur vie quotidienne au même titre que d'autres occupations plus humbles. La vallée du Nil, ses marécages luxuriants aux confins des terres cultivées, et le désert lui-même avec sa riche faune, source intarissable de nourriture et de distractions, inspirèrent à l'infini les artistes de Béni Hassan. La tombe de Baqet est l'une de celles illustrées de scènes de lutte.

La lutte est-elle d'origine égyptienne ? Cette discipline défie le temps. De nombreux historiens cherchent les origines de la lutte en Chine ou en Afrique. Le premier manuel technique de lutte a été retrouvé en Egypte sur un bas-relief d'une sépulture de la Ve dynastie (2470-2320 av. J.-C.). D'autres fresques ont été découvertes sur les tombeaux de Béni Hassan, ou de Séthi.

Mais tous les peuples et à toutes les époques ont pratiqué une forme de lutte. Le poème de Gilgamesh, à l'époque des Sumériens, constitue le premier écrit sur l'existence de tournois de cette discipline. Les récits et les représentations qu'elle a inspirés prouvent qu'elle a connu un essor en Grèce ancienne. Les Hellènes l'avait élevée au rang de science et d'art. Elle est incluse dans le pentathlon des premiers Jeux Olympiques (JO), puis introduite comme discipline indépendante en 776 avant J.-C.

La lutte, c'est le combat de deux personnes, corps à corps, chacun des adversaires cherchant à vaincre la résistance de l'autre par des actions technique et tactique en employant aussi tout son potentiel physique et psychique.

Son origine traditionnelle en fait un sport universel. Ce sport est pratiqué dans le monde entier, car non assujetti à des infrastructures et un équipement technologique lourd. Des pays « pauvres » peuvent donc rivaliser avec les plus riches. L'homme seul est au centre de la pratique. Ainsi, la Fédération internationale de lutte est, après celle d'athlétisme, une de celles qui compte le plus de pays affiliés. En 2004, la lutte comme discipline sportive a fait la preuve de plus de 4 500 ans d'existence.


Les sports en Egypte

Voici la description que donnent des tournois de lutte en Egypte A. Erman et H. Ranker dans leur ouvrage La Civilisation égyptienne, un classique qui reste indépassable : « Des lutteurs exercés y exécutent leurs combats savants ; l'un tend un croc-en-jambe à son adversaire, il le soulève, il le jette avec adresse sur le sol, mais, rapide comme l'éclair, l'autre s'est relevé, et le combat reprend. Evidemment, tout cela ne se passait pas en douceur, et nous ne devons pas nous étonner que, parfois, l'un des combattants doive être emporté de la lice ». En plus de la lutte, il y avait l'escrime avec bâtons, restée pendant longtemps une tradition égyptienne que d'ailleurs on peut observer jusqu'à présent dans les villages et même les quartiers populaires où se trouvent des habitants originaires de la Haute-Egypte. Ils sont décrits ainsi : « Venaient ensuite des escrimeurs, qui se battaient avec des bâtons et se préservaient de coups de l'adversaire au moyen de courroies liées autour du bras gauche ».

Concernant la gymnastique féminine, il s'agirait de servantes qui se produisaient également devant le maître et exécuteraient toutes sortes d'exercices. D'autres sports sont décrits dans le même livre : « Dans les tombeaux du Moyen Empire à Béni Hassan, nous trouvons des sveltes jeunes filles représentées jouant à la balle. Elles prennent plaisir à se livrer, à cette occasion, à divers jeux d'adresse. Les jeunes jouent avec plusieurs balles à la fois, d'autres attrapent deux balles avec les bras croisés, d'autres encore prennent en jouant les positions les plus singulières : elles se tiennent sur une seule jambe, sautent très haut ou se mettent à califourchon sur le dos de leurs compagnes. Mais, à côté de celles-ci, il y a aussi de véritables acrobates, qui parviennent à se courber si fort en arrière que leur corps décrit un demi-cercle au dessus du sol et qu'elles le touchent, en même temps du bout des doigts et du bout des orteils. L'une d'elle est tellement maîtresse de son corps que, courbée en arrière, et sans s'appuyer sur les mains, elle peut porter une de ses compagnes, une autre se fait tenir la tête en bas, deux autres encore tournent en cercle, tandis que deux hommes les font pirouetter au-dessus du sol, qu'elles ne peuvent toucher que des talons ». Les Anciens Egyptiens pratiquaient aussi un jeu qui se rapproche du hockey sur gazon actuel. On le voit représenté toujours à Béni Hassan. Il est joué avec un bâton en branche de palmier. La balle est en fibre de papyrus. Ce jeu appelé « hokcha » se joue toujours à la campagne.

Quant à la boxe, on la voit illustrée dans la tombe de Mery Ra et celle de Ptah Hotep à Saqqara. Le boxeur est représenté dans une position où il se prépare à donner un coup à un adversaire qui tente, lui, d'éviter l'attaque. C'est sans doute pour cela que le podium égyptien ou la plus haute compétitivité aux Jeux d'Athènes 2004 étaient exclusivement faits de boxeurs et de lutteurs.

 

 

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