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JO . Le Marocain Hicham El Guerrouj a fait une entrée royale dans le palmarès olympique en remportant le doublé du 1 500 m et 5 000 m.

Enfin gagnant !

Après deux Olympiades sans décrocher de médaille d'or, le Marocain Hicham El Guerrouj a pris sa revanche en inscrivant à Athènes un doublé, 1 500 m-5 000 m. Une performance inédite depuis celle du légendaire Finlandais Paavo Nurmi à Paris en 1924. Dans une course très serrée, El Guerrouj a battu son nouveau rival du 1 500 m, Bernard Lagat (Kenya), enregistrant un temps de 3:34:18 m. Alors qu'au 5 000 m, il s'est imposé au sprint final en 13:14:39 m face à l'Ethiopien Kenenisa Bekele, champion olympique du 10 000 m et recordman du monde des 5 000 et 10 000 m. Pour de nombreux observateurs, cet exploit dépasse même celui de Nurmi puisqu'il a eu lieu dans un environnement beaucoup plus compétitif qu'en 1924.

« Avant le 5 000 m, j'ai pensé à Nurmi. Je me suis dit, si tu veux qu'on se souvienne de toi, il faut gagner ce 5 000 m », a déclaré El Guerrouj. Voulant effacer ses déceptions lors des éditions d'Atlanta 1996 et de Sydney 2000, il a tenté un coup de maître. « Il était obsédé par ses défaites aux Jeux olympiques précédents. Il m'a dit : Je vais faire le doublé. Moi, j'étais contre mais il a insisté. Courir deux distances si différentes, c'est très dur », a remarqué Abdelkader Kada, l'entraîneur du champion marocain.

A Atlanta, il était passé à coté du podium après une chute inattendue suite à une collision avec l'Algérien Noureddine Morcelli. Mais depuis, il est resté imbattable dans son domaine. D’où peut-être un excès de confiance, qui lui a coûté la médaille d'or à Sydney, décrochée par le Kényan Noah Ngeny. « Après Sydney, je n'avais plus envie de courir, je n'étais plus concentré », se souvient-il. Mais il n'a fallu que peu de temps pour qu'il retrouve sa détermination. « J'étais arrivé à Athènes très motivé. Un après-midi, je me suis dit : c'est une occasion en or de marquer l'histoire », poursuit le champion marocain. Pari gagné. Mais Guerrouj a encore des rêves plein la tête. Maintenant, il pense au doublé 1 500 et 10 000 m. A Pékin 2008, il aura 34 ans. Pourra-t-il relever le défi et inscrire son nom dans le registre olympique en tant que meilleur athlète de l'histoire ? « Inchallah », rétorque-t-il. On verra bien en temps voulu.

Karim Farouk
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