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JO . Karam Gaber, premier champion olympique égyptien depuis 1948, évoque la satisfaction que lui procure sa médaille d'or et revient sur son parcours pendant les JO.
« Cette médaille récompense toutes les souffrances
que j'ai endurées 
»

Al-Ahram Hebdo : Que ressentez-vous après avoir remporté la médaille d'or des 96 kg ?

Karam Gaber : Je ne peux pas décrire mon sentiment. Je suis très heureux, plein de fierté et de satisfaction. Franchement, je n'ai jamais ressenti une telle joie. Ce sont des sentiments tout à fait nouveaux pour moi. Avant la compétition, j'imaginais déjà remporter la médaille d'or. Mais je n'ai jamais imaginé cette joie immense.

— Comment avez-vous préparé les rencontres, notamment la finale ?

— Avant la rencontre capitale, j'ai opté pour l'isolement. Je ne désirais aucune compagnie, ni même celle de mon entraîneur. Contrairement à la plupart des lutteurs, je ne regarde jamais les matchs précédents de mes adversaires. Car au cours de la rencontre, c'est moi qui impose mon style de jeu. Avant la finale, j'ai passé mon temps à écouter de la musique, notamment de la musique House, qui me donne de l'entrain.

— Qu'avez-vous fait juste après votre victoire ?

— Après avoir célébré ma victoire sur le tapis en exécutant mon fameux salto arrière, j'ai terminé la cérémonie de remise de médaille avec une prière de remerciement à Dieu. Puis, j'ai commencé à recevoir de nombreux appels téléphoniques de la part de toutes les personnes qui voulaient me féliciter. Le ministre de la Jeunesse et le premier ministre ont été les premiers à m'appeler.

— Quel a été le plus important coup de fil pour vous ?

— (Sans hésitation). L'appel de ma mère. Après avoir terminé le match, j'attendais impatiemment son coup de fil. Elle pleurait au téléphone, c'était sa manière à elle d'exprimer ses sentiments et de me féliciter. Mais je ne peux pas oublier l'appel bienveillant de M. Sameh Fahmi, le ministre du Pétrole. Je dois beaucoup à cet homme qui m'a énormément encouragé. Durant la compétition, il m'appelait quotidiennement. Car Sameh Fahmi m'a adopté sportivement en quelque sorte depuis 2000. C'est grâce à lui que j'ai atteint ce niveau respectable.

— Racontez-nous comment vous avez célébré la médaille ...

— Après avoir décroché la médaille, mon entraîneur Mahmoud Fathallah, mon médecin Magdi Al-Sabbagh, qui m'ont tous deux secondé durant la compétition, et moi-même sommes sortis dans les rues d'Athènes. Comme j'avais très faim, nous avons mangé du poisson et des crevettes, puis nous nous sommes dirigés vers un café. Dans les rues, les gens me regardaient en disant : c'est bien lui, c'est l'Egyptien. Ce qui a renforcé encore plus ma fierté d'être Egyptien. Les gens me demandaient s'ils pouvaient prendre des photos avec moi ou avoir un autographe. Au café, j'ai rencontré un grand nombre d'Egyptiens. A Athènes, je me suis senti à Alexandrie, car les gens et les rues se ressemblent. Nous avons célébré la médaille olympique égyptienne dans la rue jusqu'à 6 heures du matin. J'étais en plein rêve et je ne demandais qu'à dormir et me réveiller pour m'assurer que c'était bien la réalité.

— Vous avez remporté tous vos matchs sur une grande avance de points. Mais quel a été le match le plus difficile ?

— Il n'existe pas de match facile aux Jeux olympiques. Mais moralement, la rencontre face au Grec Koutsoumpas Georgios fut un peu difficile, car ce dernier était très soutenu par ses nombreux fans. La finale était encore plus difficile, car j'avais le complexe de la médaille d'argent. Au cours des 2 derniers Championnats du monde, je n'ai remporté que la médaille d'argent et jamais l'or. Il était donc pour moi très important cette fois-ci de décrocher l'or.

— En demi-finales, face au Turc Mehmet Ozal, vous étiez très agressif ...

— (Respiration profonde). En disputant ce match, j'étais fou de rage. Avant la rencontre, le Turc m'a proposé 150 000 euros pour perdre le match. Ce qui m'a mis complètement hors de moi. Je n'avais qu'un seul objectif en tête : lui donner une bonne leçon. Sur le podium olympique, et après avoir entonné l'hymne national, je lui ai chuchoté quelques mots à l'oreille : Regardez, j'ai bien décroché la médaille d'or, comment vous sentez-vous maintenant ?

— Cette médaille changera-t-elle votre avenir ?

— Elle changera toute ma vie. Non seulement sur le plan sportif, mais également sur le plan humain. J'avais décidé d'arrêter le jeu après ces Olympiades. Mais comme j'ai été extrêmement touché par l'enthousiasme de la part du public égyptien, j'ai changé d'avis. Je continue la lutte jusqu'aux prochains JO de Pékin 2008, pour remporter l'or une fois de plus. En outre, la prime promise par le ministère de la Jeunesse (un million de L.E.) aura certainement ses effets sur mes projets d'avenir. Je dois dire que cette médaille efface toutes les souffrances que j'ai endurées au cours de ma vie.

— A qui dédiez-vous cette victoire ?

— Je dédie cette médaille à un grand nombre de personnes. En premier lieu, à ma mère et ma famille, ainsi qu'au ministre du Pétrole, Sameh Fahmi, à mon club l'Olympique d'Alexandrie, et aux habitants d'Alexandrie. Mais aussi à une personne très proche, que je considère comme un parent, Hag Ahmad Al-Masri, qui m'a beaucoup aidé.

Propos recueillis par Doaa Badr
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Des athlètes modèles

Outre Karam Gaber en lutte gréco-romaine, quatre autres Egyptiens ont réussi à se faire une place sur les podiums olympiques d'Athènes. Portraits.


Mohamad Ali remporte l'argent

Pour la première fois dans l'histoire de la boxe égyptienne, Mohamad Ali (super lourd, +91 kg) a remporté une médaille d'argent aux Jeux olympiques. En 1960, lors des JO de Rome, Abdel-Moneim Al-Guindi n'avait dans cette discipline réussi à ne décrocher qu'une médaille de bronze.

Dans un match difficile de demi-finales, Ali s'est imposé (18-16) face au Cubain Michel Lopez, surpris par le bon niveau de son adversaire. D'ailleurs, sur les 7 boxeurs cubains à s'être qualifiés pour les quarts de finale, seul Lopez a échoué à disputer la finale après avoir perdu son match face à Ali. Mais affecté par une blessure au bras, l'Egyptien a déclaré forfait, se contentant de la médaille d'argent.

Avec sa personnalité combative, Ali était certain, avant même son départ, de revenir des JO d'Athènes après avoir effectué un exploit. Mais son parcours a été semé d’embûches. En quarts de finale, Ali a par exemple affronté un Lituanien, 5e aux derniers Championnats du monde. Alors que l'Egyptien n'avait jamais réalisé de performance mondiale.

Réputé pour son moral d'acier et son excellente concentration, Ali a disputé ses matchs en toute confiance. Une force psychologique qui est d'ailleurs son principal atout. En 1999, l'encadrement technique de la sélection nationale l'avait cependant écarté de l'équipe. Et après avoir manqué les JO de Sydney en 2000, il est apparu en pleine forme pour le rendez-vous d'Athènes. A 29 ans, Ali vient de prouver qu'il était le meilleur boxeur égyptien de sa catégorie.


Mohamad Al-Baz, premier médaillé

Le boxeur Mohamad Al-Baz (poids lourds, 91 kg) a été le premier des Egyptiens à décrocher une médaille. En bronze certes, mais elle a encouragé ses compatriotes qui l'ont suivi avec deux autres médailles. Al-Baz aurait pu faire mieux en se qualifiant pour les demi-finales. Mais blessé après les quarts de finale, il a dû déclarer forfait pour le reste de la compétition (les perdants des demi-finales en boxe se partagent la troisième place du podium).

Al-Baz, 31 ans, a néanmoins créé la surprise. Personne ne s'attendait à une telle performance de sa part. Il a cependant bénéficié d'un parcours relativement facile puisque sa catégorie ne comportait que 16 boxeurs, contre 32 dans les autres. Cette première médaille d'Al-Baz est aussi la première pour la boxe égyptienne depuis la médaille de bronze décrochée par le boxeur Abdel-Moneim Al-Guindi aux JO de Rome en 1960.


Ahmad Ismaïl dans les pas d'Al-Baz

Malgré sa défaite en demi-finales vendredi dernier face au Biélorusse Magomed Aripgadjiev sur le score de 20-23, le boxeur Ahmad Ismaïl (mi-lourds, 81 kg) est un homme heureux. Satisfait de la médaille de bronze qu'il s'est assurée en se qualifiant pour les demi-finales, il a disputé le match des demi-finales tout à son aise. Ahmad Ismaïl a attiré l'attention des supporters par son style de jeu unique, basé sur une attaque aventureuse. Durant ses rencontres, il n'a pas laissé place à l'emportement, même en quarts de finale devant le Grec Pavlidis Elias. Le Pharaon a finalement remporté cette rencontre sur décision de l'arbitre qui a décidé de mettre fin au match à cause d'une blessure du Grec. Ainsi, à 29 ans, Ahmad Ismaïl a réussi à rejoindre ses coéquipiers sur le podium olympique.


Tamer Salah honore le taekwondo

Après avoir remporté son match pour la 3e place face à l'Espagnol Juan Ramos sur le score de 7-1, Tamer Salah (-58 kg) a remporté jeudi dernier la première médaille olympique de bronze pour le taekwondo égyptien. Egalement médaillé de bronze de la Coupe du monde de France en 2000, le jeune Tamer Salah (21 ans) a attiré l'attention du public par sa souplesse et sa vitesse extraordinaire. Il n'a pas lâché prise malgré sa défaite en demi-finales face à Mu yen Chu (Tpe) qui a remporté plus tard l'or olympique. Ainsi, grâce à Salah, le taekwondo égyptien a retrouvé sa gloire d'antan. Cette discipline, qui avait connu son apogée dans les années 1990, a enregistré un important recul depuis son échec aux JO de Sydney. Malgré sa faible préparation, le jeune homme a surpris les responsables du sport égyptien qui avaient totalement négligé la discipline depuis 2000. Vu son jeune âge, il est certain que Salah ajoutera d'autres médailles olympiques à son palmarès.

Doaa Badr et Chourouq Chimy

 

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