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JO . En remportant la médaille d'or des 96 kg en lutte gréco-romaine, Karam Gaber est devenu le premier champion olympique égyptien depuis 1948. Portrait.

L'Or revient en Egypte

Le champion Karam Gaber de lutte gréco-romaine de la catégorie 96 kg a permis aux 70 millions d'Egyptiens d'entendre l'hymne national retentir tout haut aux Jeux Olympiques (JO). C'était jeudi dernier à Athènes. Karam a bien tenté d'entonner lui aussi l'hymne national. Mais la mission a semblé émotionnellement bien plus difficile que d'obtenir la médaille elle-même.

Car Karam Ibrahim Gaber est devenu le premier Egyptien à être sacré aux JO en lutte gréco-romaine depuis Ibrahim Moustapha (82 kg) en 1928. La dernière médaille d'or égyptienne, tous sports confondus, remontait aux Jeux de Londres de 1948 grâce aux haltérophiles Mahmoud Fayad (plume) et Ibrahim Hassan Chams (légers). « Cette médaille d'or prouve que le mot impossible n'existe pas. Nos objectifs sont tout simplement réalisables », a déclaré Karam à l'issue de la compétition.

C'est en finale qu'il a prouvé que rien n'était impossible, en dominant de la tête et des épaules le Géorgien Ramaz Nozadze, médaillé de bronze au Mondial 2003. Gaber, qui fêtera ses 25 ans le 1er septembre, a d'abord contré une projection de Nozadze dans la première minute, avant de réussir deux projections avant la pause. Plus vif que son adversaire, il a encore accentué son avance pour l'emporter sur grande supériorité. L'Alexandrin, vice-champion du monde 2002 et 2003, a fêté sa victoire par un salto arrière.

Le sculptural Karam Gaber a en fait marqué les esprits dès les demi-finales face au Turc Mehmet Ozal, champion du monde 2002, en remportant le match une fois de plus sur grande supériorité. C'est ensuite qu'il a pris le titre de meilleur lutteur de la compétition. Un titre qui ne lui a jamais échappé depuis 2001.

Avec un style de jeu unique, Karam a donné un nouvel aspect à la lutte gréco-romaine. En combattant, il ne ressemble à aucun des ses concurrents : il devient un artisan d'un très haut niveau.

Issu d'une famille sportive, Karam a pratiqué la lutte à l'instar de ses 5 frères. « A 7 ans, mon père m'a fait intégrer l'équipe de lutte du Centre de jeunesse d'Al-Nasr, à Alexandrie », raconte le jeune homme. Depuis, il n'a jamais cessé l'entraînement, et à 12 ans, a commencé à récolter les médailles nationales, en devenant champion de sa catégorie et de la catégorie supérieure. « A cette époque, les médailles étaient très précieuses. Ma famille avait l'habitude d'offrir un banquet royal à domicile pour célébrer chaque médaille que je remportais », confie-t-il. Inspiré par le lutteur légendaire russe Alexander Kaleren, triple champion olympique (1984, 1988 et 1992), Karam a commencé à rêver très tôt de médailles internationales. « L'idée de décrocher des médailles internationales me hantait depuis longtemps. J'ai rêvé de remporter une médaille comme celle du Russe », souligne-t-il.


Absent des JO de Sydney

L'ancien directeur technique de la sélection, l'Arménien Yéhia Kazarian, a décidé de l'intégrer à la sélection juniors en 1995 et à la sélection seniors en 1996 après qu'il ait remporté sa première médaille d'or aux Championnats d'Egypte seniors. Un an plus tard, Karam décroche sa première médaille internationale : une médaille d'or aux Championnats du monde juniors de Finlande en 1997. « Cette médaille a bouleversé ma vie. Grâce à elle , je me suis assuré de mon niveau et que j'étais capable de me lancer sur le plan international », déclare Karam. Depuis, ce fut la succession des médailles remportées aux Championnats du monde juniors, en Coupe du monde, aux Championnats d'Afrique, aux Championnats arabes et aux tournois internationaux. Et c'est grâce à la médaille d'or aux Championnats d'Afrique 2000 qu'il a décroché son ticket pour les Jeux olympiques de Sydney 2000. Blessé au cours d'un stage de préparation à un mois des JO, Karam n'a pas pu supporter de se retrouver la jambe dans le plâtre, qu'il décidé d'enlever sans attendre la décision de son médecin traitant. Mal rétabli, il n'a pas été en mesure de rendre en Australie.

En 2001, Karam a échoué au premier tour des Championnats du monde de Grèce. Depuis, il a suscité la colère et les critiques des responsables de la fédération égyptienne. A la surprise de tous, il a cependant réalisé un exploit en remportant la médaille d'argent aux Championnats du monde de Moscou en 2002. Une performance qui lui a une fois de plus permis de se prouver. Car juste avant le Mondial, il a été l'objet de fortes critiques et en particulier de la part du ministère de la Jeunesse, qui a décidé de ne plus lui verser le salaire mensuel de 2 000 L.E. qu'il touchait en tant que membre du projet de champion olympique. Une réaction qui a fait suite à son absence durant les entraînements de la sélection au Centre olympique de Maadi. « L'entraînement au Centre olympique n'est pas efficace pour moi. En Egypte, il n'existe pas d'athlètes d'un niveau comparable au mien », affirme Karam qui avait préféré s'entraîner à Alexandrie avec son entraîneur du club Olympique, Chaabane Abdel-Wahab. Au Centre olympique de Maadi, on ne prête que peu d'attention à la diététique. Or, un lutteur doit faire attention à ce qu'il mange, et à Alexandrie il est en mesure d'équilibrer ses repas. En 2003, il a assuré sa suprématie en remportant la médaille d'argent aux Championnats du monde de Créteil (France). Lassé du manque d'intérêt de son pays, Karam part fin 2003 aux Etats-Unis. Grâce à son frère Adel qui y réside, il s’entraîne pendant 4 mois avec la sélection américaine. En disputant plusieurs matchs internationaux, son niveau connaît une sensible amélioration. Et ce n'est qu'à la fin mars 2004 qu'il a rejoint la sélection égyptienne pour un stage de préparation en Biélorussie et en Ukraine.

Poussé par les primes promises par le ministère de la Jeunesse (un million de L.E. pour la médaille d'or), Karam n'a pas failli. « Je suis très fier de cette médaille olympique qui compense toutes les souffrances de ma carrière sportive », déclare modestement le champion olympique.

Doaa Badr
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Karam Gaber (96 kg)
Taille : 1,91 m pour 96 kg.
Date de naissance : 01/09/1979.
Lieu de naissance : Alexandrie (Egypte).
Entraîneur : Mahmoud Fathallah.
Club : Olympique d'Alexandrie.
Palmarès :
JO : médaille d'or en 2004.
Championnats du monde : médaille d'argent en 2003 et en 2002.
Championnats du monde juniors : médaille de bronze en 1998, médaille d'or en 1997.
Coupe du monde : médaille d'or en 2001.
Championnats d'Afrique : médaille d'or en 2002, 2000, 1998, 1997.
Jeux Africains : médaille d'or en 2003 et en 1999.
Jeux méditerranéens : médaille d'or en 2001, médaille de bronze en 1997.

Parcours de Karam aux JO d'Athènes
Premier tour
Karam Gaber bat Sitnik Marek (Pol) 6-0
Karam Gaber bat Koutsoumpas Georgios (Grè) 11-6
Karam Gaber bat Mambetov Asset (Ka) grande supériorité
Demi-finales
Karam Gaber bat Mehmet Ozal (TUR) grande supériorité
Finale
Karam Gaber bat Ramaz Nozadze (GEO) grande supériorité
 

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