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Palestine . Le ministre des Affaires étrangères, Nabil Chaath, évoque la grève de la faim des prisonniers palestiniens dans les prisons israéliennes, le dialogue interpalestinien et l'intensification de la colonisation juive.

« Nous sommes prêts à former un gouvernement d'union nationale »

De notre correspondant à Gaza —

Al-Ahram Hebdo : Quelque 4 000 prisonniers sécuritaires palestiniens détenus par Israël observent depuis le 15 août une grève de la fin pour protester contre leurs conditions de détention. Qu'entendez-vous faire pour soutenir leur mouvement ? Allez-vous recourir à l'Assemblée générale de l'Onu ?

Nabil Chaath : L'Assemblée générale de l'Onu ne se tiendra pas avant le 14 septembre. Et avant de recourir de manière exceptionnelle à l'assemblée, il faut qu'on se tourne d'abord vers le Conseil de sécurité. Le premier pas à entreprendre, c'est d'adresser un message au président du conseil, puis de demander la tenue d'une session à cet effet. Nous allons accorder une grande importance au dossier des prisonniers dans les discussions de l'assemblée lors de sa tenue. La plupart de ces prisonniers sont des civils, dont un millier emprisonnés sans procès et sans charges contre eux. Ils sont régis par la IV Convention de Genève sur la protection des civils sous occupation militaire.

Nous sommes armés de l'avis de la Cour internationale de justice à La Haye sur l'illégalité de l'occupation israélienne et de la construction du mur de séparation.

— Qu'en est-il du dialogue interpalestinien parrainé par l'Egypte ?

— Le Caire nous a informés qu'un progrès réel avait été réalisé dans le sens d'une entente nationale, à la suite de ses discussions avec le Hamas, notamment sur les questions stratégiques, à long terme, mais aussi tactiques, y compris la conclusion d'un cessez-le-feu. Nous avons senti ce progrès lors de nos rencontres avec le Hamas dans les territoires occupés.

— Quelle est votre position sur la proposition des factions de former une direction palestinienne unifiée dans les Territoires ?

— Nous sommes prêts à former un gouvernement d'union nationale, sans exclure aucune faction, et à ouvrir les portes devant les différents groupes dans tous les organismes relevant de l'Autorité palestinienne. Ceci ne concernera pas uniquement la bande de Gaza, mais aussi la Cisjordanie.

— Comment sera formé ce gouvernement d'union nationale ?

— Les élections générales sont le meilleur moyen. Mais au cas où on parvient à un accord avec les factions avant le retrait d'Israël de la bande de Gaza et avant la tenue de telles élections, il serait soumis au conseil législatif pour ratification.

— Comment expliquez-vous l'approbation américaine vis-à-vis de l'expansion des colonies juives en Cisjordanie ?

— Officiellement, l'Administration américaine a informé l'Autorité palestinienne qu'elle n'avait pas changé d'attitude vis-à-vis de la colonisation dans les territoires occupés. On a pris l'habitude d'entendre de tels discours, mais l'on se rend compte ensuite qu'il existe des ententes tacites entre les Etats-Unis et Israël, parfois même dans le dos du secrétaire d'Etat américain. Ces ententes sont toujours sujettes à différentes interprétations. Cette fois-ci par exemple, certains avancent que les Etats-Unis veulent soutenir le premier ministre Ariel Sharon face à l'aile dure du Likoud opposée au plan de retrait. Mais un tel soutien ne fera que compliquer les choses, car la colonisation est au cœur de la question palestinienne.

— Le conseiller juridique du gouvernement israélien a recommandé à Ariel Sharon d'étudier la possibilité d'appliquer la IV Convention de Genève sur les territoires palestiniens. Pensez-vous que Sharon pourrait approuver cette recommandation ?

— Israël a signé la IV Convention de Genève, mais ne s'y est jamais conformé. Il n'a même pas respecté l'avis de la Haute Cour israélienne qui a demandé de modifier le tracé du mur de séparation. Israël n'a fait aucune preuve de bonne volonté et n'a affiché aucune volonté de respecter la IV Convention de Genève.

— Pourquoi n'avez-vous pas soumis l'avis de la CIJ sur le mur de séparation au Conseil de sécurité ?

— Parce qu'on estime que le moment n'est pas propice à cause de la situation aux Etats-Unis, à l'approche des élections présidentielles. Nous ne voulons pas que la question du mur se heurte au veto américain au Conseil de sécurité. Nous déployons des efforts pour que les Etats-Unis s'abstiennent au moins de voter. C'est tout simplement une question de temps.

Propos recueillis par
Mohamed Moustapha

 

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