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Développement . L'USAID, l'Agence américaine pour le développement international, s'apprête à mettre en œuvre, dans le gouvernorat de la mer Rouge, un projet intitulé LIFE. Bill Meade, son directeur, en expose le contenu et les objectifs.

« Préserver les richesses naturelles pour promouvoir
le tourisme
»
Al-Ahram Hebdo : En quoi consiste exactement le projet LIFE ?

Bill Mead : LIFE (Livelihood Income For the Environement) est un projet de développement économique favorisant l'exploitation de l'environnement tout en agissant pour sa conservation. Il sera appliqué dans le gouvernorat de la mer Rouge. Son financement est assuré par l'Agence américaine pour le développement international (USAID) et s'élève à près de 16 millions de dollars. Il durera de fin 2004 à 2008.

— Vous êtes le vice-président de PA Government services. Cette société a participé à l'exécution du projet RSSTI (Red Sea Sustainable Tourism Initiative) qui s'achèvera en septembre. Elle est également responsable de l'exécution du projet LIFE. Quelle est la différence entre les deux projets ?

— Les deux projets sont complètement différents. RSSTI ainsi que la plupart des anciens projets de l'USAID étaient des projets de recherches qui aboutissaient à des rapports et des études. Aujourd'hui, nous considérons que ce sont les habitants d'une région donnée qui doivent profiter directement de nos activités. Par exemple, dans la mer Rouge, le projet RSSTI a abouti à plusieurs études de cas concernant la conservation de l'énergie, de l'eau, des ressources naturelles ainsi que la gestion des déchets. Le projet LIFE œuvrera à appliquer ces études sur la vie des habitants de la mer Rouge, afin qu'ils tirent le plus grand bénéfice de leur environnement.

— Le projet LIFE est donc la concrétisation de vos projets antérieurs ...

— Exactement. Finis les études et les recherches. Il est temps de passer à l'application. C'est-à-dire que nous allons profiter au maximum des résultats des anciens projets. Notre philosophie est celle du dicton suivant : Si tu me donnes un poisson, tu me donnes à manger pour un jour ; mais quand tu m'apprends à pêcher, tu me donne à manger pour toujours. A travers le projet LIFE, on apprendra des métiers aux habitants de la mer Rouge, on leur fournira une matière brut et un marché pour leurs produits.

— Comment cela se passera-t-il concrètement ?

— Nous avons trois objectifs. Le premier est d'améliorer les conditions économiques des habitants de la mer Rouge en tirant meilleur profit du tourisme. Le deuxième est d'encourager le tourisme de masse et chercher à en promouvoir d'autres comme le safari. Le troisième est de conserver les richesses naturelles et culturelles afin de garantir un tourisme durable. Par exemple, une partie du prix payé pour une plongée sous-marine pourra servir à maintenir les sites de plongée. Pour réaliser ces objectifs, il nous faut coopérer avec tous les acteurs concernés : habitants, ONG, hommes d'affaires et touristes.

— Pourquoi avoir pensé au projet LIFE ?

— Nous avons pensé au projet LIFE, car nous avons remarqué que les habitants de la mer Rouge sont démunis et ne profitent pas des richesses des grandes villes de la région. Les employés des hôtels viennent pour la plupart de Haute-Egypte, et les jeunes de la mer Rouge sont en général chômeurs. Nous avons pensé à influer sur leur sort, et ce à travers le développement d'activités capables d'absorber leur énergie tout en garantissant la durabilité des activités touristiques à travers la conservation des ressources naturelles. Par exemple, dans le gouvernorat de la mer Rouge, il y a des richesses marines et terrestres. Mais c'est surtout la plongée sous-marine qui est prise en compte et les safaris sont négligés. Alors qu'ils intéressent les touristes. Il faut établir un plan d'investissement pour accueillir les amateurs de safari et profiter de la connaissance du désert des habitants. En bref, nous cherchons à créer de nouvelles activités pour améliorer leurs conditions économiques. Notre but est d'exploiter l'environnement sans y porter atteinte.

— Avez-vous des partenaires égyptiens dans ce projet ?

— Bien sûr. Nous travaillerons avec le gouvernorat de la mer Rouge, l'Agence du Développement Touristique (ADT) et l'Agence Egyptienne pour les Affaires de l'Environnement (AEAE). Ces derniers ont organisé plusieurs réunions afin de répertorier les besoins des habitants de la mer Rouge et que le projet LIFE réponde le mieux à leurs attentes.

— Le projet LIFE couvrira-t-il l'ensemble du gouvernorat de la mer rouge ?

— En principe oui, mais il sera davantage ciblé sur le sud du gouvernorat. C'est-à-dire sur Marsa Alam et Chalatine, là où vivent les principales tribus comme les Bacharriya et les Ababda. Nous entreprendrons avec eux tout un travail d'éducation, de sensibilisation et de développement. Nous les formerons aux métiers liés à leur environnement tout en faisant en sorte que leur culture perdure.

Propos recueillis par
Dalia Abdel-Salam

En bref

Egypte
Le bureau du programme des Nations-Unies pour l'environnement au Caire a organisé un atelier de travail du 22 au 26 août intitulé Améliorer les capacités des cadres palestiniens dans le domaine de l'environnement. Le nouveau ministre de l'Environnement, Magued George, a inauguré l'atelier qui a également accueilli le ministre de l'Irrigation et des Ressources hydrauliques, Mahmoud Abou-Zeid, ainsi que l'ex-ministre finlandais de l'Environnement et du Développement. Le ministre palestinien de l'Environnement, Youssef Abou-Safiya, a également participé à l'atelier qui s'est tenu à l'hôtel Sémiramis Intercontinental. Les participants ont assisté à des sessions sur la pollution de l'air, de l'eau et de l'environnement palestiniens. En effet, M. George a déclaré que l'Egypte était prête à donner aux Palestiniens son expérience dans le domaine de l'environnement et les moyens de lutte contre les différentes sortes de pollution.

Belgique
L'Association protectrice des oiseaux vient de lancer une pétition internationale destinée à contrer le massacre des oiseaux migrateurs à Malte qui, chaque année, fait plusieurs centaines de milliers de victimes sur cette petite île de la Méditerranée. Cette pétition a pour but de faire pression sur les autorités européennes afin qu'elles imposent à Malte un respect total de la Directive Oiseaux. Rien ne sert, en effet, de mener des campagnes de protection dans les différents pays si leurs oiseaux nicheurs se font massacrer lors de leur périple migratoire.

France-Méditerranée
Les écogestes pour la Méditerranée portés en 2004 par le CPIE (Côte Provençale de La Ciotat), sont mis en œuvre par 16 associations qui mutualisent leurs moyens techniques et humains. L’objectif consiste à promouvoir, auprès des usagers de la mer, les gestes pratiques et écologiques qui permettent de préserver la Méditerranée. Au cours de cette campagne (29 juin-10 septembre 2004), les ambassadeurs écogestes animent des entretiens individuels avec les usagers de la mer tels que les plaisanciers, les baigneurs, les pêcheurs amateurs, les chasseurs sous-marins, les plongeurs. Le but de ces entretiens est d’aller au-delà d’une sensibilisation, pour proposer des changements de comportements au travers d'explications commentées, rassemblées sur le livret des écogestes. Au total, plus de 50 000 livrets des écogestes seront distribués lors de cette campagne dans les points relais tels que les capitaineries, magasins d’accastillage, salons nautiques, sociétés nautiques, clubs de plongée, bateaux écoles, écoles de voiles. Cette action régionale de proximité se déroule grâce à l'appui technique du Réseau Mer et aux soutiens financiers de partenaires publics et privés sensibles à la protection de l’environnement.

France-OGM
La Direction Générale de la Concurrence de la Consommation et de la Répression des Fraudes (DGCCRF) vient de publier les résultats du contrôle de la présence d'OGM et dérivés en alimentation animale de l'année 2003. Cinquante et un échantillons de la filière alimentation animale ont été analysés au cours de l'année 2003. Il s'agit de 40 matières premières (graines et tourteaux de soja, maïs grain et dérivés, etc.) et de 11 aliments. Les analyses ont montré que 45 % des échantillons étaient exempts d'OGM et 43 % en contenaient entre 0,01 et 1 %. Les prélèvements contenant plus de 1 % d'OGM étaient des tourteaux de soja ou des aliments en incorporants. L'information de l'utilisateur était correcte pour 90 % des échantillons. En revanche, dans les autres cas, la présence d'OGM n'était pas étiquetée ou la mention « contient 1 % d'OGM maximum » était utilisée abusivement. Des rappels de réglementation ont été réalisés auprès des deux entreprises concernées.

 

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