Hebdomadaire égyptien en langue française en ligne chaque mercredi

L'Egypte

La Une
L'événement
Le dossier
L'enquête
Nulle part ailleurs
L'invité
L'Egypte
Affaires
Finances
Le monde en bref
Points de vue
Commentaire
d'Ibrahim Nafie

Carrefour
de Mohamed Salmawy

Portrait
Littérature
Arts
Société
Sport
Environnement
Patrimoine
Loisirs
Echangez, écrivez
La vie mondaine
Partis . Un projet de réforme politique lancé par trois formations d'opposition (néo-Wafd, Rassemblement et Parti nassérien) a manqué d'être approuvé, faute de coordination. Une réunion est prévue début septembre pour parvenir à un accord.
Gestation difficile

Coup de théâtre à l'issue de la réunion la semaine dernière entre les présidents du néo-Wafd, Noaman Gomaa, du Rassemblement, Réfaat Al-Saïd, et du Parti nassérien, Diaeddine Daoud. Alors que les trois dirigeants devaient entériner un projet de réforme politique commun, Noaman Gomaa, à la stupéfaction générale, a refusé de signer le document. Motif avancé par ce dernier : « Les clauses de l'accord ont été remises à la presse avant la signature du document ! ». Le quotidien Al-Masri Al-Yom avait en effet publié le texte intégral avant sa signature qui devait intervenir le mardi 24 août. Or, selon les responsables du néo-Wafd, « ce sont les responsables des deux autres partis qui auraient remis le document au journal pour faire pression sur Noaman Gomaa et le pousser à signer le document avant de régler les derniers détails ». S'agirait-il d'un prétexte ? Le projet d'une réforme auquel participent toutes les forces politiques a été proposé par le parti du Rassemblement qui l'a soumis aux autres formations. Le Parti nassérien donna son aval, mais le néo-Wafd a formulé quelques réserves. Ce n'est qu'au bout d'âpres négociations entre les représentants des trois partis que le document a pu voir le jour.

Découragée par l'échec du dialogue national avec le PND (Parti National Démocrate, au pouvoir), l'opposition ne veut pas lui laisser le terrain libre, surtout à l'approche de la conférence annuelle du parti prévue le 21 septembre. Selon Abdallah Al-Sénawi, rédacteur en chef du journal Al-Arabi, organe d'expression du Parti nassérien. « Le parti au pouvoir a déclaré que des réformes seraient annoncées lors de sa conférence annuelle. Mais lesquelles ? Nous n'avons pas été consultés au sujet de ces réformes. L'idée de notre projet était de faire entendre notre voix et ne pas laisser le PND agir seul ». D'autant plus que les élections législatives d'octobre et novembre 2005 approchent.


Mise en place de mécanismes

Le projet met l'accent sur l'importance d'une réforme politique avant le référendum présidentiel et les élections législatives de 2005. Il exige la mise en place de mécanismes réels garantissant la démocratie, les libertés et l'alternance du pouvoir. Le document réclame en outre une modification du système actuel de désignation du président de la République par référendum et son remplacement par des élections directes pour choisir le chef de l'Etat parmi plusieurs candidats. Il souligne la nécessité de supprimer la loi sur l'état d'urgence en vigueur en Egypte depuis 1981, de réduire les pouvoirs du président de la République et de libérer les prisonniers politiques. Enfin, le document appelle à garantir l'indépendance des syndicats et à libérer les médias de l'emprise du gouvernement. « Nous avons présenté ce projet au néo-Wafd et au Parti nassérien pour le discuter et pour proposer leurs suggestions. Diaeddine Daoud l'a accepté, mais Noaman Gomaa a demandé quelques modifications », affirme Hussein Abdel-Razeq, du parti du Rassemblement. Il ajoute que Gomaa a demandé à ce que le projet aborde uniquement la réforme politique sans parler de la réforme économique, car il existait des divergences à ce sujet. Abdel-Razeq explique : « Nous avons pris les suggestions de Noaman Gomaa, et nous avons résumé le projet, puis nous avons annulé la partie concernant la réforme économique. Lorsque nous avons terminé la rédaction du document, nous l'avons envoyé à Gomaa et à Diaeddine Daoud. Ce dernier l'a accepté et le premier a exigé d'autres changements, mais le quotidien Al-Masri Al-Yom l'a publié tel qu'il était avant l'acceptation finale de Gomaa, ce qui a poussé ce dernier à refuser de le signer ».

Cependant, certains observateurs estiment que l'échec du projet revient aux divergences d'intérêt entre les partis engagés. « Si Gomaa a refusé de signer le document, c'est certainement parce qu'il ne veut pas continuer jusqu'au bout. Lorsque le projet lui a été soumis, il n'a pas pu refuser, mais il est clair que le néo-Wafd a des intérêts avec le gouvernement. Il souhaite que le gouvernement l'aide durant les élections législatives en 2005 et lui donne la chance d'avoir un grand nombre de sièges à l'Assemblée du peuple pour être le plus fort parti d'opposition surtout qu'il existe plusieurs députés qui se sont retirés du parti durant les années passées après des conflits avec Gomaa », analyse Atef Al-Saadaoui, chercheur au centre des Etudes Politiques et Stratégiques (CEPS) d'Al-Ahram. Pour sa part, Ibrahim Al-Dessouqi Abaza, membre du haut comité du néo-Wafd, explique : « Je crois que Gomaa avait raison, car ce document n'aurait pas dû être publié avant l'acceptation globale de tous les participants. Gomaa n'a pas accepté totalement le texte publié dans le quotidien Al-Masri Al-Yom. Alors il faut que les trois partis se réunissent pour organiser le travail entre eux ». Le néo-Wafd a proposé que les trois partis se réunissent début septembre pour discuter d'une autre initiative commune à propos de la réforme politique. Affaire à suivre.

May Atta

Retour au Sommaire

 

Pour les problèmes techniques contactez le webmaster

Adresse postale: Journal Al-Ahram Hebdo
Rue Al-Gaala, Le Caire - Egypte
Tél: (+202) 57 86 100
Fax: (+202) 57 82 631