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La vie mondaine

DARFOUR . Un de nos lecteurs estime que les Etats arabes doivent jouer un rôle politique prépondérant dans la résolution de la crise, car dans le cas contraire, les conséquences seraient pernicieuses pour l'Est africain.

Les menaces de l’axe américano-britannique

Hormis leur demande d’accorder au Soudan plus de temps pour résoudre le problème du Darfour, les Etats arabes ne sont pas sortis de l’auberge. Pourtant, les retombées immédiates de la crise du Darfour, en cas où la communauté internationale passerait à l’action, seront particulièrement pernicieuses pour toute la région.

La crise du Darfour, jusque-là sur-médiatisée par l'Occident, pourrait constituer, en effet, le commencement du remodelage de l’Est de l’Afrique et de la distribution de ses richesses naturelles, notamment pétrolières et hydrauliques.

Tous les indices, toutes les données montrent bel et bien que l’axe américano-britannique, secondé sournoisement par Israël, a l’intention de ramener le désordre de l’Iraq vers le Soudan.

Plusieurs raisons expliquent cette option. Primo, Washington et Londres brandissent encore le slogan de la morale en véhiculant un discours alarmiste sur la situation humanitaire au Darfour, alors que cette région, tout comme l’ensemble du territoire soudanais, est en butte, depuis plusieurs décennies à une crise humanitaire non discontinue.

Secundo, il s’agit d’embarrasser l’Egypte, en faisant main basse sur l’eau du Nil, affluant depuis le Soudan. Cette donne, si elle se réalise, sera bénéfique à l’Etat hébreu, soucieux de mettre dos au mur son voisin égyptien.

Déjà, Israël est en train d’œuvrer de manière à convaincre les décideurs éthiopiens à remettre en cause l’accord égypto-soudanais de 1959, relatif au partage des eaux du Nil.

Pour le rappel, Tel-Aviv avait manifestement soutenu l’Armée de libération des peuples du Soudan (SPLA) qui s’était chargée de la destruction, en 1983, des installations du futur canal de Jongleï, dans le sud du Soudan.

Face à cette situation alarmante et surtout à ces horizons flous, voire catastrophiques, les Etats arabes ont de sérieux motifs de résoudre, dans le cadre de la Ligue arabe, une des crises les plus énigmatiques du monde arabe. Car, si le dossier du Darfour tombe entre les mains des Américains, c’est un énième front qui s’ouvrira dans la région.

Pourtant, l’implication effective et sans relâche des pays arabes pourrait non seulement aider à résoudre le problème du Darfour mais, plus important, donner de nouvelles prérogatives à la Ligue arabe et, partant, donner à l’organisation panarabe un nouveau souffle.

Malheureusement, cette occasion a été ratée, l’idée de l’envoi d’une brigade arabe autonome au Darfour ayant été abandonnée lors de la réunion du dimanche.

Mais, rien n’est perdu pour l’instant. A moins qu’il y ait une volonté politique de résoudre ce problème entre « frères », faute de quoi on perdra encore le Soudan.

Bassam Bounenni,
Journaliste et chercheur tunisien en géopolitique.



De la laïcité

Je lis depuis plusieurs semaines les différents courriers portant sur le voile et l’islam, et je tiens à faire part de mes réflexions. Tout d’abord il s’agit de la religion en France, pays républicain et laïc. Permettez-moi un petit rappel pour recadrer le débat sur le voile dans un espace plus large qui est celui de la laïcité. Après plus de 20 ans de débats parfois houleux et douloureux, les hommes politiques ont voté en 1905 la loi sur la séparation de l'Eglise et de l'Etat. Le peuple français de tradition et religion chrétiennes, soit plusieurs dizaines de millions de personnes à cette époque, a dû se plier à cette nouvelle loi. En 1905, le catholicisme, première religion du pays depuis plus de 1 000 ans, a dû accepter la laïcité. Asmaa Adel (auteur de la lettre intitulée Une guerre contre le voile ou contre l'islam ?, publiée dans le n° 517 d'Al-Ahram Hebdo) écrit : « l’islam est devenu la 2e religion, beaucoup de Français se sont convertis, pourtant l’Etat a interdit le port du voile dans beaucoup d’endroits sous prétexte de laïcité ». Tout d’abord la laïcité n’est pas un prétexte, mais une loi votée par des parlementaires. Le fait qu’une religion se place en 1re, 2e ou 3e positions, que des Français se convertissent n’ont aucun sens, aucune logique au regard de cette loi qui régit le pays. Le port du voile— et la pratique religieuse d’une manière générale — n’est pas interdit, puisque l’article 2 de la loi 1905 stipule : « La République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes ». Ainsi l'Etat, en adoptant la neutralité en matière de culte, assure la liberté et l’égalité de traitement à tous ses citoyens puisqu'aucune religion n’est ainsi favorisée. Ce qui sous-entend que la religion relève de la sphère privée et il est tout à fait normal dans l’esprit républicain laïc que toute manifestation religieuse soit condamnée dans un endroit public (hôpitaux, écoles, administrations, etc.).

Avec la loi de 1905, Il n’y a plus, depuis, de fusion entre le politique et le religieux. L'Etat est indépendant des cultes. Ce n’est ni une guerre contre le voile ni une guerre contre l’islam. C’est seulement faire respecter des lois laïques. Le citoyen d’un pays n’a pas seulement des droits, mais il a aussi des obligations. Et la première concerne le respect des institutions et des lois. Si maintenant, une personne musulmane, puisque c’est d’elle qu’il s’agit dans notre cas, estime qu’elle ne peut pas exercer sa religion conformément à ses aspirations, rien ne l’oblige à rester dans ce pays laïc. Il existe plus de 40 pays musulmans au monde, et elle trouvera certainement un pays conforme à ses attentes religieuses.

Edwige Viboud,
Le Caire.



Les autres formes de la ségrégation

Comment détermine-t-on le racisme ? Par des différences de couleur de peau, de religion, ou d’origine ethnique. En Egypte, je n’ai pas ressenti de racisme sous ces formes-là. Mais je dois souligner qu’il y a une autre façon de marquer la différence.

Exemple : en lisant l'interview avec le nouvel administrateur de l’aéroport (Al-Ahram Hebdo n°515 du 21/07/04) intitulé « La main-d'œuvre ne sera pas remplacée  ». J’ai noté que certains tarifs pour des services de l’aéroport seront par exemple de 100  LE pour les Egyptiens et de 50 dollars pour les « étrangers ». Ce qui fait, suivant le cours moyen, l’équivalent de 350 L.E. pour le même service. Quand un étranger se présente pour la visite de sites historiques, il peut lire les 2 tarifs différents. Un pour les Egyptiens et un autre pour les « khawagas ». C’est une honte !!!

J’ai souvent voyagé dans ma vie et je n’ai vu cela qu’en Egypte. Ni le Maroc ni la Tunisie ne font une chose pareille. Et ce sont des pays qui ont des revenus importants grâce au tourisme. Un Egyptien venant en Europe ne paiera pas plus parce qu’il est étranger. L’Espagne reçoit 50 millions de touristes par an, la France a peu près la même chose, il ne faudra pas s’étonner que les touristes, qui ne sont pas tous millionnaires, réfléchissent deux fois avant de revenir en Egypte. En Europe, il se pratique des tarifs réduits pour des voyages, les transports, des hôtels, l’entrée des musées, etc. pour les retraités. A quand cette pratique en Egypte ?

Jean-Claude Brana,
Palma.



L'amour sur les ondes radiophoniques

L'émission radiophonique Ana we nogoum wa hawak, diffusée sur Star FM, est l'une des émissions les plus populaires. Et pour cause, elle parle d'amour, un sujet qui intéresse tous les jeunes gens et les jeunes filles. Les auditeurs s'adressent à Ossama Mounir, le présentateur de cette émission ; ils lui racontent leurs problèmes du cœur et demandent conseil. Ils abordent des sujets comme la jalousie, l'amour non réciproque, les relations passionnelles, etc.

Comme toute émission, celle-là a des avantages et des inconvénients. Pour ce qui est des avantages, cette émission traite de problèmes familiaux et sentimentaux. A travers cette émission, il est possible de connaître quels sont les problèmes les plus fréquents dans notre société. Mettre la main sur ce genre de problèmes peut contribuer par exemple à la diminution des problèmes conjugaux et du coup des divorces.

Le présentateur donne des conseils aux hommes comme aux femmes, et il est intéressant de connaître la psychologie des deux parties. Il conseille aux hommes de continuer à chérir leurs épouses même après le mariage, aux femmes de ne pas négliger leurs époux en se consacrant aux enfants.

Quant aux inconvénients, le plus important d'entre eux est que cette émission est essentiellement suivie par les adolescents. Le problème est que ces jeunes risquent de perdre leur temps à écouter ce genre d’émission, cela peut les encourager à enter dans des relations d'amour illusoires. A cet âge-là, chacun voudra à tout prix avoir un partenaire convaincu qu'il ne peut pas vivre sans amour comme Ossama le dit ...

Mais à cet âge, les amourettes se terminent toujours mal et peuvent influencer négativement les ados, qui risquent de négliger leurs études. Les seuls bénéficiaires sont les sociétés de téléphonie mobile qui gagnent de l'argent grâce aux SMS envoyés à longueur de journée entre les amoureux.

L'amour est certes important, mais chaque chose à son âge. Mieux vaut ne pas se précipiter. Tous les jeunes doivent savoir que l'amour viendra un jour, mais au bon moment.

Amr Atteya,
Le Caire.

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