Hebdomadaire égyptien en langue française en ligne chaque mercredi

Le dossier

La Une
L'événement
Le dossier
L'enquête
Nulle part ailleurs
L'invité
L'Egypte
Affaires
Finances
Le monde en bref
Points de vue
Commentaire
d'Ibrahim Nafie

Carrefour
de Mohamed Salmawy

Portrait
Littérature
Arts
Société
Sport
Environnement
Patrimoine
Loisirs
Echangez, écrivez
La vie mondaine
Iraq . Deux accords conclus lundi et jeudi entre Moqtada Sadr et Bagdad devraient ramener le calme dans les villes saintes de Najaf et Koufa ainsi que dans le chiite de Sadr City, à Bagdad.

Le volte-face de Moqtada Sadr

Dans un changement radical qui, s'il se confirme, devrait marquer un grand pas vers la normalisation de la situation en Iraq, le chef radical chiite Moqtada Sadr a appelé lundi ses miliciens à cesser le combat dans tout l'Iraq et annoncé que son mouvement participerait désormais au processus politique. Le mouvement de Moqtada Sadr a par ailleurs remis le contrôle de la mosquée de Koufa, à une dizaine de km de Najaf (centre), à la Marjaïya, la plus haute autorité chiite représentée par le grand ayatollah Ali Sistani, a déclaré Sayed Hachem Abou-Raghif du bureau de Sadr à Najaf.

Le mouvement avait remis vendredi dernier le contrôle du mausolée d'Ali à Najaf, qui lui servait de QG, à la Marjaïya dans le cadre d'un accord de paix. « Le commandant du courant Sadr, le leader Moqtada Sadr, a annoncé aujourd'hui (lundi) à Najaf l'arrêt des combats dans tout l'Iraq et l'entrée dans le processus politique de son mouvement », a déclaré le chef du bureau de Moqtada Sadr à Bagdad, cheikh Naïm Al-Kaabi. « Cette décision montre que le mouvement Sadr veut la paix et la participation dans le processus politique du pays, et dans les deux prochains jours, le mouvement Sadr va expliquer sa vision politique sur cette participation », a-t-il ajouté. « Le courant Sadr est le plus important courant en Iraq, car il s'appuie sur une base populaire très large et nous sommes tous sûrs que ce courant va jouer un rôle très important dans la politique du pays », a-t-il encore dit.

Le principal conseiller politique de Moqtada Sadr, Ali Soumeisim, a pour sa part déclaré à Najaf que le mouvement Sadr appelait « le gouvernement iraqien à faire preuve de patience et de sagesse et tous les membres de l'Armée du Mehdi à arrêter les combats, sauf pour leur propre défense ». « Nous sommes sur le point de soumettre un projet qui servira les intérêts de tout le peuple iraqien », a-t-il ajouté.

Le gouvernement intérimaire a accueilli avec beaucoup de prudence cette annonce. Il s'agit d'une tentative pour « sauver la face après l'évacuation de Najaf », a déclaré le porte-parole du ministère de l'Intérieur, Sabah Kazem.

La nouvelle position du mouvement de Moqtada Sadr intervient à la suite de l'accord signé lundi pour mettre fin aux combats qui ensanglantent le quartier chiite de Sadr City à Bagdad. « Un accord en six points a été trouvé lundi après plus de six heures de discussions entre le mouvement Sadr et (le conseiller à la Sécurité nationale du gouvernement) Mouaffaq Al-Roubaï, et ce dernier l'a communiqué au gouvernement qui a donné son accord », a affirmé un porte-parole du mouvement Sadr dans la capitale, cheikh Naïm Al-Kaabi. Un porte-parole du ministère de l'Intérieur a déclaré ne pas être au courant d'un tel accord. « Il s'agit d'une initiative locale, mais nous soutenons toute solution pacifique », a affirmé Sabah Kazem. Le plan stipule dans son premier point « l'arrêt des combats à Sadr City et ses environs ». Il affirme que « les forces américaines doivent retourner à leurs bases et ne peuvent entrer dans le quartier qu'avec l'accord des autorités iraqiennes ». Le gouvernement « s'engage à ne pas mener de poursuites contre les partisans de Sadr, à ne pas confisquer leurs biens et à libérer les détenus n'ayant pas commis de crimes », précise le texte, selon cheikh Al-Kaabi. Les miliciens devront « remettre contre paiement dans des centres tout leur armement, en dehors de leurs armes individuelles », comme les pistolets et les Kalachnikov. Le gouvernement « mettra sur pied un comité pour indemniser les personnes dont les biens ont été détruits ou endommagés durant les récents combats ». Enfin, le gouvernement « s'engage à installer les services essentiels » dans ce quartier défavorisé qui manque d'eau potable, d'égouts et d'électricité.


Calme à Najaf

L'accord à Sadr City intervient à la suite d'un accord signé jeudi entre les deux chefs chiites Moqtada Sadr et Ali Sistani mettant fin à trois semaines de combats intenses entre forces américaines et milices de Sadr dans les villes saintes de Najaf et de Koufa. Désormais, les deux villes seront désarmées et quittées par « tous les éléments armés » ; la force multinationale devra se retirer et la police iraqienne sera désormais responsable du rétablissement de la sécurité dans les deux villes ; des compensations seront versées par Bagdad « à ceux qui ont souffert pendant la crise » et, enfin, « tous les partis et mouvements » feront partie d'un processus qui conduira « aux élections générales pour atteindre une souveraineté totale ». Cet accord permet à toutes les parties de marquer des points. Moqtada Sadr a obtenu un de ses principaux objectifs : le retrait des forces américaines et multinationales des deux villes. Ce qui lui permet de sauver la face en se trouvant ainsi une issue aux affrontements dont le résultat risquait de ne pas être en sa faveur. Il a également forcé Sistani à prendre position après une longue période de silence. Ce dernier, en signant l'accord, a pu pour sa part faire « un grand retour » dans la ville sainte. Le gouvernement iraqien sort aussi vainqueur en obtenant dans le texte de l'accord le désarmement des milices et la responsabilité sécuritaire. Quant aux Américains, ils pourraient désormais se concentrer sur la protection des oléoducs — leur préoccupation première — qui continuent à être une cible privilégiée des groupes armées iraqiens.

Heba Zaghloul

Retour au sommaire
 

Pour les problèmes techniques contactez le webmaster

Adresse postale: Journal Al-Ahram Hebdo
Rue Al-Gaala, Le Caire - Egypte
Tél: (+202) 57 86 100
Fax: (+202) 57 82 631