J'ai
remarqué que l’on parle de plus en plus en Egypte de la pollution
de l'eau potable. Ces discussions s’appuient sur des analyses
médicales assurant que la pollution de l’eau est la cause
principale de l'augmentation des cas de maladie d'insuffisance
rénale et de diarrhée. Partant, de plus en plus de gens renoncent
à l'usage de l’eau du robinet, lui préférant l’eau minérale
ou encore utilisent des filtres pour « nettoyer »
l’eau. Ces filtres sont devenus l'objet d'un commerce juteux
pour de nombreuses sociétés, loin du contrôle de l’Etat.
Cependant, j'étais
ravi de constater que la société civile commence à bouger
pour trouver des solutions à ce problème afin d’assurer à
chaque citoyen un verre d'eau propre sans pour autant faire
assumer à la famille égyptienne davantage de charges.
L'Association
des hommes d'affaires d’Alexandrie a organisé récemment un
colloque scientifique sur ce problème. Au cours des débats,
l'ingénieur Nadia Abdou, présidente du Département de l'eau
potable à Alexandrie, a suggéré des solutions simples à ce
problème, et à la portée de tout le monde : il s'agit
en premier lieu de remplacer les tuyaux des anciens bâtiments
et de nettoyer ensuite les réservoirs d’eau placés sur les
toits. Ainsi, aurons-nous accès, selon elle, à une eau potable
de meilleure qualité que celle des bouteilles d'eau minérale.
Cette suggestion
peut tout à fait porter ses fruits, notamment après la transformation
de l’Organisme de l’eau d’un établissement public en une société
privée. L’idée de remplacer les services étatiques de l’eau
et de l’électricité en des sociétés privées est une ancienne
idée, mais qui doit être aujourd’hui mise en application afin
d'améliorer la qualité des services fournis aux Egyptiens.
En outre, l’établissement d’une concurrence entre sociétés
privées, mettant un terme au monopole, est de nature à faire
baisser les prix et améliorer la qualité des services rendus.
La proposition
faite par Mme Nadia Abdou a été corroborée par une lettre
adressée par le PDG de l'Organisme public de l'eau du Caire,
Amr Ahmad Wahch, à mon intention. Selon lui, l'organisme produit
quotidiennement 6 millions de m2, dans 13 stations de filtrage
au Caire. Cette quantité est le tiers de la production de
tout le pays. M. Wahch indique que chaque station possède
un propre laboratoire qui effectue des analyses toutes les
deux heures. Sans oublier une analyse chimique et biologique
de l’eau produite. Mais malgré tous ces efforts, le président
de l'organisme a reconnu que 97 % de l'eau du robinet
est potable, les 3 % restant provenant des réservoirs
qui ne sont pas nettoyés périodiquement et proprement ou bien
parce que certains utilisent des tuyaux inadéquats.