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Presse. La médaille d'or décrochée par le lutteur Karam Gaber aux JO d'Athènes a suscité une vague de commentaires enthousiastes dans la presse. Il faut dire que dans cette compétition, l'Egypte n'avait pas connu un tel succès depuis 56 ans.
Un Pharaon en or

Les titres des journaux ont été très révélateurs : « Karam ... un héros en or ! », « Après une série de scandales, Karam Gaber sauve la réputation de l'Egypte », « Rien n'est impossible pour les Pharaons », « La lutte, premier titre olympique pour l'Egypte depuis 1948 », « L'Egyptien Karam Gaber fête sa médaille d'or en lutte gréco-romaine », « Karam Gaber ... le Pharaon de l'or olympique », « L'or de Karam Gaber confirme que la lutte égyptienne se porte bien ».

« L'histoire a ouvert ses portes à un nouveau héros olympique qui se nomme Karam Gaber. Il trouve ainsi une place aux côtés des grands du sport égyptien en réalisant une victoire aux JO que nous attendions depuis 56 ans », écrit Mohamad Aboul-Einein dans l'hebdomadaire Sawt Al-Omma. Mais d'autres personnes du monde du sport doivent être récompensées, comme le souligne Aboul-Maati dans l'hebdomadaire Al-Arabi : « L'Egypte n'a pas seulement gagné des héros, elle a surtout retrouvé la confiance en ses entraîneurs qui ont conduit le pays vers un retour au sommet des médailles olympiques ». Les talents doivent être pris en charge : « L'Egypte a beaucoup de talents, et mérite de gagner de dizaines de médailles d'or. Il suffit pour cela de mettre en place un programme destiné à créer des champions olympiques », affirme Saïd Wahba dans l'hebdomadaire Al-Arabi.

Le quotidien londonien Al-Hayat n'hésite pas à titrer : « Un brusque regain d'intérêt pour le sport de la part du gouvernement égyptien ».

De nombreux commentateurs estiment que cette victoire est l'occasion pour les responsables de tirer des conclusions. Fathi Sanad écrit dans Akhbar Al-Yom que « les performances historiques de ce géant doivent être suivies d'un renouveau du sport égyptien, et la mise en place d'une nouvelle politique. Gagner l'or olympique n'est plus impossible ». Sanad appelle à un intérêt plus accru pour les jeux individuels : « Nous devons porter un intérêt plus grand aux jeux individuels. L'Etat doit investir plus d'argent pour pouvoir gagner de nouvelles médailles dans les compétitions internationales », dit-il. « C'est l'occasion pour nos responsables de changer entièrement ce qui se passe sur la scène sportive égyptienne », conclut Sanad.

Sarwat Al-Baassi attire l'attention dans l'hebdomadaire Rose Al-Youssef sur le fait que ce sont les sports « oubliés » qui ont réussi à Athènes. « Ce sont ceux qu'on a toujours oubliés qui nous ont honorés à Athènes. Ils nous ont prouvé qu'ils étaient capables d'obtenir des médailles malgré le manque de moyens. Au contraire, ceux que nous avons toujours choyés pendant des années et qui disposaient de l'argent et de la célébrité nous ont profondément déçus ».

Al-Baathi appelle les responsables à réviser leur politique :

« Pourvu que ce qui s'est passé à Athènes incite les responsables du sport dans notre pays à réviser leurs calculs. Ils doivent remodeler la carte du sport égyptien ».

La médaille d'or en lutte gréco-romaine permettra-t-elle un regain d'intérêt pour ce sport ? « La victoire de Karam Gaber ouvre la porte du championnat du monde aux joueurs égyptiens », affirme le quotidien Al-Ahrar. Il est certain que cette médaille d'or marque une nouvelle étape dans l'histoire du sport égyptien.

Evoquant l'échec de la candidature de l'Egypte au Mondial 2010, le quotidien Al-Gomhouriya affirme : « La réalisation de Karam Gaber a mis fin à l'état de frustration qui a suivi l'échec du dossier du Mondial ».

Hoda Ghali
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Contradiction

En s'accommodant de l'intensification de la colonisation juive en Cisjordanie, Washington joue plus que jamais la carte du premier ministre Ariel Sharon et cherche à éviter une polémique avec Israël, embarrassante pendant la période électorale américaine. Cette stratégie fait toutefois peu de cas de la Feuille de route, le plan de paix international auquel les Etats-Unis restent officiellement attachés, qui prévoit un gel des colonies israéliennes.

Le département d'Etat s'est refusé à prendre position sur les annonces des derniers jours concernant au total quelque 1 500 nouveaux logements dans les colonies de la rive ouest du Jourdain, se bornant à indiquer qu'une « équipe technique » allait se rendre en Israël pour examiner ces projets de plus près. La réalité est que Washington a de facto décidé de faire droit à l'argument israélien d'une « croissance naturelle » de ces colonies, à condition que cela se fasse dans leur périmètre actuel. Une politique qui rendra encore plus difficile un éventuel retrait israélien aux frontières de juin 1967 et facilitera à l'Etat hébreu d'avaler de bonnes portions des territoires palestiniens.

Sur le plan intérieur américain, la période préélectorale actuelle se prête mal à une querelle avec l'allié israélien. Tout président américain, que ce soit George W. Bush, Bill Clinton ou, potentiellement, John Kerry, va chercher à éviter une confrontation avec un gouvernement israélien avant des élections compte tenu de l'importance du vote de la communauté juive américaine. La presse américaine a fait remarquer la coïncidence entre le profil bas de Washington sur les colonies de Cisjordanie, et l'offensive de la Maison Blanche en direction des électeurs pro-israéliens dans plusieurs Etats-clés, en particulier la Floride, où le vote risque d'être, comme en 2000, très serré.

Washington prend toutefois le risque de mettre à mal le peu de crédibilité qui reste encore à la Feuille de route, qui doit mener à un Etat palestinien fin 2005. Il risque aussi d'aggraver le ressentiment des Palestiniens et du monde arabe contre une politique excessivement bienveillante à l'égard d'Israël en général, et de Sharon en particulier. Le feu vert implicite américain aux projets israéliens dans les colonies porte un nouveau coup à l'image des Etats-Unis dans le monde arabe, déjà gravement ternie par le conflit en Iraq. Une fois de plus, l'Administration Bush est vue comme soutenant sans objection la décision d'Israël de développer des colonies considérées comme illégales par le reste du monde, en contradiction avec la politique déclarée des Etats-Unis et leurs engagements auprès de leurs alliés en Europe et au Proche-Orient.

 

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