Hebdomadaire égyptien en langue française en ligne chaque mercredi

Arts

Une
L'événement
Le dossier
L'enquête
Nulle part ailleurs
L'invité
L'Egypte
Affaires
Finances
Le monde en bref
Points de vue
Commentaire
d'Ibrahim Nafie

Carrefour
de Mohamed Salmawy

Portrait
Littérature
Arts
Société
Sport
Environnement
Patrimoine
Loisirs
Echangez, écrivez
La vie mondaine
Théâtre . Deux festivals animés par des troupes indépendantes se sont déroulés la semaine dernière sans qu'aucune nouveauté ne soit apportée au genre. Ce qui ne peut être qu'affligeant.

Un avenir incertain

Simultanément, la semaine dernière, le groupe des vieux des troupes indépendantes (ex-libres ?!) et quelques pièces rapportées se sont « festivalisées » entre Le Caire, Alexandrie et Minya au nom de « comédie légère ». Tandis que la nouvelle génération, sans titre nominatif, et sans thème, est reçue au sein du Centre culturel Al-Sawi.

Depuis douze ans, les anciens se distinguent par une inexpérience flagrante. Ce qui nous permet de plaider la cause de tous sans critères préférentiels. Mais aussi de montrer du doigt leur paresse à travailler leur sujet, c'est-à-dire leur manque de responsabilité éthique et artistique, comptant tout bêtement sur leur énergie, fort débridée à vrai dire.

Constatons dès le départ le paradoxe de la situation. Faire du théâtre sans savoir de quoi il s'agit, telle est en général la pratique exercée. Car cela se réduit à un texte, personnages et dialogue, mise en place plus que mise en scène, sans aucun point de vue dramatique, sans aucun choix artistique. C'est ainsi qu'on verra dans la même pièce un décor symbolique, un jeu réaliste, et des chants épiques. Pourquoi pas, si seulement cette salade était justifiée.

La littérature dramaturgique arabe n'est pas très riche. La plus grosse partie a été fournie dans les années 1960 qui correspondaient à une période de l'Histoire où la censure était fortement répressive. D'autre part, les écrivains eux-mêmes tenaient les propos du régime totalitaire de gauche sans savoir transcender « l'événement ». Ce en quoi Brecht les dépasse et garde sa validité. Bornés à cet état de faits, les jeunes sont mal servis et quand ils veulent parler d'aujourd'hui, ils sont obligés d'écrire leurs propres textes. Spécialisation dont ils ne détiennent pas les lois.

A défaut d'études académiques, les théâtreux indépendants suivent des stages sauvages d'initiation. Dispersés et sans pouvoir, ils n'ont pas les moyens d'organiser des stages de formation continue. Ainsi, ils viennent au bout de tant d'années de suivre un stage où leur fut enseigné le b.a.-ba des différentes écoles d'expression dramatique : style brechtien, façon Stanislavski et un amalgame des deux créé par l'animatrice hollandaise qui se base essentiellement sur l'exploitation des sept points énergétiques de notre corps. Seul Ahmad Al-Attar, directeur de la troupe Le Temple, parvient à assurer des stages techniques sur une longue durée.

Ces compagnies constituées d'une seule personne, le metteur en scène, ne peuvent donc pas travailler dans un esprit collectif, statut qui leur aurait permis peut-être de découvrir ensemble, de créer ensemble, de comprendre ensemble de quoi est fait le théâtre, comment il naît et pourquoi il est si nécessaire. Se regrouper est sans aucun doute un impératif sans lequel le futur de ces troupes est incertain. En acquérant la force due au nombre, ils pourront exiger leurs revendications, se faire reconnaître et surtout gagner les moyens du savoir dont ils ont besoin d'urgence.

Menha el Batraoui

Retour au Sommaire

 

Pour les problèmes techniques contactez le webmaster

Adresse postale: Journal Al-Ahram Hebdo
Rue Al-Gaala, Le Caire - Egypte
Tél: (+202) 57 86 100
Fax: (+202) 57 82 631