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Le
Portugal doit à Misia et à Mariza (29 ans) la réapparition du
fado, cet art de chanter ayant fait apparition dans les cafés
et les ports de Lisbonne au début du XIXe siècle. Le genre a
ensuite connu son apogée grâce à Amalia Rodrigez, disparue en
1999. Beaucoup de compositeurs et de poètes portugais se sont
adonnés à cet art, réputé pour être une évocation mélancolique
de l'amour, de la jalousie, de la nature et très souvent du
regret de la patrie. « Encore enfant, lorsque je chantais
le fado, mes amis me disaient que c'était l'art des vieilles
générations et souvent ils me demandaient de chanter quelque
chose de plus moderne », dit Mariza. Mais le succès
qu'a connu son premier album Fado Em Mim, lequel a remporté
l'European Border Breakers Award et qui s'est vendu à
300 000 exemplaires dans le monde entier, prouve que Mariza
a réussi à faire revivre le fado et à rappeler aux mélomanes
l'incomparable chaleur de ce genre.
En
Egypte, à l'occasion du Festival de la chanson, Mariza a donné
deux concerts : au Caire le 23 août au palais de Manesterly
et le lendemain à l'opéra d'Alexandrie. Accompagnée par trois
musiciens, Fernando De Sousa (basse), Antonio Neto (Guitare
classique) et Luis Ginerreiro (guitare portugaise), Mariza a
interprété treize fados. Le public égyptien a été pris par la
douceur de la performance.
Mais
un mélomane reconnaîtra vite dans la performance de Mariza un
style un peu différent des chanteuses traditionnelles de fado.
Cette différence, Mariza l'explique par les influences du blues,
du jazz et de la soul, autant de genres qu'elle a souvent chantés
en concert. « Mais je ne sens pas que mon fado est différent.
Je respecte la tradition, les racines ... Je donne juste
mon point de vue et c'est pour cela peut-être que je suis différente ».
La
réussite de son second album Fado curvo (2004) n'a fait
que confirmer le talent de cette artiste, considérée aujourd'hui
comme la nouvelle diva du Portugal. L'année dernière, l'Association
internationale de la presse du Portugal l'a consacrée personnage
de l'année. Mariza semble donc avoir réussi à marquer le retour
vers la sentimentalité du fado et à combler un vide sur la scène
européenne moderne de la chanson. Cet art comporte en effet
un attachement enchanté à un endroit, à des gens et à soi-même.
La réussite de Mariza pourrait s'expliquer également par la
volonté des Européens — à l'heure de leur union —
de marquer leur spécificité nationale.
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