Tamer
Salah (-58 kg), Tamer Abdel-Moneim (-68 kg), Germaine
Fayez (-49 kg) et Abir Abdel-Halim (-57 kg) entrent
en compétition avec 120 autres athlètes, ce jeudi au
Pavillon des sports de Faliro, à Athènes. Mais la chance
de ces athlètes est limitée. Car le taekwondo national
qui a atteint son apogée dan les années 1990, a considérablement
régressé ces dernières années. Depuis la mauvaise performance
des deux meilleurs combattants égyptiens, Yéhia Allam
(+83 kg) et Talaat Mabrouk (-54 kg) lors des JO de Sydney
2000, la discipline ne cesse d'accumuler du retard sur
le plan international. « Dans les années 90,
la stratégie de la fédération égyptienne était de concentrer
tous les efforts sur 4 athlètes seulement. Ces derniers
ont ainsi bénéficié d'une meilleure préparation et ont
acquis énormément d'expérience. Ce qui n'a pas été le
cas pour la nouvelle génération, car la fédération a
souhaité élargir la base des pratiquants pour éviter
les erreurs de Sydney », affirme Amr Khaïri,
directeur technique de la sélection nationale. La nouvelle
stratégie a affecté le niveau du taekwondo égyptien.
Depuis les JO de Sydney, l'Egypte n'a remporté qu'une
seule médaille lors des Championnats du monde 2001 en
Corée du Sud par Mahmoud Napoléon (-78 kg). Durant tous
les autres tournois internationaux, Coupes du monde
et Championnats du monde, les Egyptiens n'ont remporté
aucune médaille.
Après
avoir raté l'occasion de se qualifier pour les JO d'Athènes
par le biais du Tournoi mondial qualificatif, qui s'est
déroulé en décembre 2003 à Paris (France), les Pharaons
ont décroché leur ticket pour Athènes en remportant
des médailles d'or aux éliminatoires africaines en janvier
2004 au Caire. Depuis, les taekwondoïstes égyptiens
n'ont pas bénéficié d'une bonne préparation. C'est au
Centre olympique du Caire que les Egyptiens ont passé
la plupart de leur temps. Le manque de sources financières
de la fédération égyptienne était la cause principale
de la préparation médiocre des combattants. En effet,
depuis la chute de ce sport lors des JO de Sydney, le
ministère de la Jeunesse et le Comité olympique égyptien
ont bloqué les fonds consacrés à ce sport.
Reste
enfin une lueur d'espoir. Les 2 hommes de l'équipe égyptienne
ont été à la hauteur du niveau international. Mais,
absents depuis longtemps de la scène internationale,
ils seront inconnus à Athènes. Ce qui représentera pour
eux un grand atout. Le jeune Tamer Salah, 24 ans, médaillé
de bronze en Coupe du monde de France 2000, possède
de grandes chances de briller. Inconnu dans l'univers
du taekwondo, il pourrait bien surprendre ses adversaires
avec son style de jeu unique. Sa souplesse lui permet
une vitesse extraordinaire qui compense son manque d'expérience.
Tamer Abdel-Moneim, l'autre qualifié égyptien, est beaucoup
plus expérimenté. Blessé aux Jeux panarabes de Jordanie
en 1999, le champion du monde 1997 a manqué les JO de
Sydney, mais il est, aujourd'hui, le leader incontesté
de l'équipe. Malgré son absence de la scène internationale,
le directeur technique compte beaucoup sur son talent,
lequel bénéficie avec ses coéquipiers d'un suivi psychologique
avant d'éviter toute déstabilisation lors du jour du
combat. Pour les dames, par contre, il n'y a aucune
chance de dépasser le premier tour. Ainsi, en l'absence
recommandée d'une pression des médias, les Pharaons
ont une chance de réaliser un exploit, grâce à ces 2
atouts.