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JO. Boxe . Grâce à Mohamad Al-Baz et Mohamed Ali Al-Sayed, l’Egypte s’est au moins assurée deux médailles de bronze à Athènes. Mais au-delà, ce sont quatre de ses boxeurs qui ont atteint les quarts de finale. Du jamais-vu.
Le podium sera pharaonique !
C’est historique. Au moins deux boxeurs égyptiens seront sur le podium à Athènes. Alors que la dernière et seule médaille nationale dans cette discipline remonte à 1960. Mohamad Al-Baz (lourd, 91 kg) a en effet décroché une médaille de bronze, la première médaille olympique égyptienne depuis 20 ans, après avoir disputé les quarts de finale. Quant à Mohamad Ali Al-Sayed (super-lourd +91 kg), il disputera les demi-finales jeudi 26 contre le champion du monde en titre, le Cubain Michel Lopez Nunez. Même vaincu, il recevra une médaille de bronze (en boxe, les deux perdants des demi-finales obtiennent une médaille de bronze). Mais le plus remarquable, c’est que se sont au total quatre boxeurs nationaux qui ont été qualifiés pour les quarts de finale. Seul Cuba (9 boxeurs), la Russie (9 boxeurs), l’Azerbaïdjan (5 boxeurs) et le Kazakhstan (5 boxeurs) ont fait mieux.

En plus d’Al-Baz et Al-Sayed, Ismaïl Ahmad (mi-lourd, 81 kg), a disputé des quarts de finale mardi dernier (résultat non communiqué) et Ramadan Abdel-Ghaffar (moyen, 75 kg), rencontrera mercredi prochain le champion du monde en titre, le Kazakh Chalimov. Seuls deux boxeurs égyptiens n’ont pas réussi à se qualifier pour les quarts de finale. Saleh Abdel-Bari (super-légers, 64 kg), éliminé au premier tour face au Russe Alexander Maletin. Tandis que Mohamad Heykal (welters, 69 kg) a été éliminé en huitièmes de finale après avoir perdu de justesse (17-18) son match contre le Russe Oleg Saitov, double champion olympique à Sydney 2000 et à Atlanta 1996.

Le parcours des quatre boxeurs nationaux qualifiés pour les quarts de finale a été exceptionnel. Au premier tour, Mohamad Réda a écrasé le Camerounais Netsing Takam Armand sur un score de 32-19, avant de perdre en quarts de finale face au Lituanien Jaksto Jaroslav. Ahmad Ismaïl a créé la surprise par son style unique basé sur une attaque aventureuse. De quoi ravir les fans de boxe. C’est avec un visage souriant et des traits détendus qu’il a débuté tous ces matchs. Sans jamais laisser de place à l’énervement, même durant son match en huitièmes de finale contre le Canadien Stevardson Trevor qu’il a finalement écrasé 38-22. Mais comme la gloire ne tombe pas du ciel, il a dû surmonter de nombreux obstacles en quarts de finale devant le Grec Pavlidis Elias encouragé par son public. Mais en définitive, c’est Ramadan Abdel-Ghaffar qui a le plus surpris en battant en huitièmes de finale le Roumain Simion Marian, 2e aux JO de Sydney et 3e à Atlanta, sur le score de 36-24. Pour les quarts de finale, sa mission sera plus difficile car il affronte ce mercredi le champion du monde en titre, Golovkin Gennadiy (Kazakhstan).


Enthousiasme et détermination

Ainsi, et malgré leur préparation physique plutôt légère, ces athlètes ont réalisé la meilleure performance de la délégation égyptienne. Du moins à ce jour. Depuis leur qualification olympique obtenue lors des Jeux africains d’Abuja en octobre 2003, ils n’ont pas quitté le Centre olympique de Maadi. Faute de moyens financiers, ce n’est qu’en avril 2004 qu’ils ont effectué leur premier et dernier stage de préparation en Ukraine, Turquie et Roumanie. Leur exploit revient donc surtout à leur enthousiasme et leur détermination sans faille. « Pour la plupart d’entre nous, il s’agit de nos seconds et derniers JO. C’est maintenant ou jamais qu’il fallait décrocher une médaille », a confié Ahmad Ismaïl. Après avoir réalisé un des meilleurs résultats égyptiens aux JO de Sydney 2000 (deux 8es places obtenues par Saleh Abdel-Bari et Mohamad Heykal), la boxe égyptienne paraît entamer une nouvelle ère. Et cette année, le suivi psychologique dont les boxeurs ont bénéficié n’est sans doute pas étranger à leurs performances. A quoi s’ajoute un autre grand facteur, très important, à savoir l’absence de pression médiatique. Contrairement à ce qui s’est passé avec l’haltérophile Nahla Ramadan, championne du monde, qui a laissé échappé sa médaille olympique. Les attentes égyptiennes à son égard étaient démesurées, et elle n’a pas su porter ce fardeau.

Doaa Badr
Reda, nouveau champion

Le boxeur égyptien, Mohamad Reda (poids super-lourds, +91 kg), a garanti une deuxième médaille olympique à l’Egypte, après avoir battu en quarts de finale le Lituanien Jaksto Darosstav sur le score de 19 à 11. « Avant le match, Mohamad nous a appelés d’Athènes et disait qu’il était sûr de gagner et de remporter une médaille », confie son frère, Ali Reda. Reda a commencé la rencontre des quarts de finale avec beaucoup de confiance, encouragé par la médaille de bronze décrochée la veille par son compatriote Mohamad Al-Baz à la catégorie lourd. Devant un Lituanien talentueux, 5e aux derniers Championnats du monde, Mohamad Reda, qui n’a jamais réalisé de performance mondiale, a disputé un très fort match. « Franchement, ce match était l’un des meilleurs de la compétition de la boxe aux JO car les deux joueurs possédaient des styles de jeu de haut niveau tout en respectant strictement les règles du jeu », renchérit Ali Reda, lui-même ancien boxeur. Pour accéder à ce tour décisif de la compétition, Réda a écrasé lors des 8es de finale, le Camerounais Nesting Takam Armand sur le score de 32 à 19.

Cependant, la mission de Reda ne sera pas aussi facile en demi-finales, puisqu’il aura à affronter, le 27 août, le Cubain Michel Lopez Nunez.

Les mouvements précis des mains de Reda et son visage détendu l’ont beaucoup aidé en défense. En outre, son attaque était elle aussi précise et bien mesurée, avec des coups directs. Reda est réputé pour avoir essentiellement un mental très fort et une concentration encore plus forte en plein court. Il se base donc plus sur cette force morale que physique. Et c’est là où réside son succès. Pour célébrer sa médaille olympique, Reda a fait, tout d’abord, une prière sur le ring, juste après les quarts de finale. Ainsi, pour son premier coup d’essai aux JO, ce fut un coup de maître. Agé de 29 ans, Reda a prouvé à l’encadrement technique de la sélection que son choix était le bon pour Athènes. Un fait important à noter : en 1999, Reda avait été écarté de la sélection jusqu’en 2002 ; son niveau laissait à désirer. Fin 2002, la volonté et la persévérance ont pris le dessus. Reda a réussi à améliorer son niveau et à réintégrer la sélection, ayant en tête et dans son cœur une cible principale : les Olympiades.


La médaille d’honneur d’Al-Baz

Parti incognito il y a quelques jours à Athènes, le boxeur égyptien Mohamad Al-Baz est aujourd’hui sous le feu des projecteurs. Et pour cause, c’est celui qui a sauvé l’honneur du pays en remportant la première médaille olympique égyptienne depuis 20 ans. Al-Baz, de la catégorie poids lourds (91 kg), a remporté le bronze olympique après avoir battu l’Australien Forsyth Adam sur le score de 27-12, lors des quarts de finale de la catégorie (ndlr : en boxe, les deux demi-finalistes décrochent une médaille de bronze).

Al-Baz a dû se contenter d’une médaille de bronze suite à la décision du comité médical de l’écarter de la compétition après une fracture au bras. Il a en effet disputé les quarts de finale le bras blessé. Et la décision du comité médical a été une mauvaise surprise pour Mohamad, qui rêvait d’aller plus loin dans la compétition. Toutefois, une médaille de bronze aux Jeux olympiques demeure un grand exploit.

Al-Baz a surpris par sa performance lors des quarts de finale. Dès le début du match, il a su imposer sa suprématie sur l’Australien Forsyth Adam, notamment après la première période, sur le score de 8 à 2. Ainsi, Al-Baz a continué le match avec beaucoup de confiance, toujours avec son style de jeu qui le caractérise : assurer un équilibre entre l’attaque et la défense.

Le trajet d’Al-Baz était plutôt facile car sa catégorie en JO ne comporte que 16 boxeurs, alors que cette catégorie comporte habituellement 32 boxeurs. C’est pourquoi il a accédé automatiquement aux 8es de finale en battant l’Ouzbek Alborob Igor afin de parvenir aux quarts de finale. A 31 ans, Al-Baz a réalisé un grand exploit à la fin de sa carrière. Cette médaille n’est pas seulement la première depuis la médaille d’argent obtenue par le judoka Mohamad Rachwane au JO de Los Angeles 1984, mais aussi la première pour la boxe depuis la médaille de bronze décrochée par le boxeur Abdel-Moneim Al-Guindi aux JO de Rome 1960.

D. B.

 

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