Réserve
de Qaroun . La
construction d'une voie goudronnée destinée
à développer le tourisme met en danger sa
richesse et menace surtout de destruction
les nombreux fossiles qu'elle contient.
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| Les
dangers d'une route |
| Plusieurs
espèces d'oiseaux et d'animaux composent
la réserve de Qaroun, dans le gouvernorat
du Fayoum. Cette réserve, qui s'étend sur
1 600 km2, contient également 12 des
28 espèces de mammifères fossilisées au
monde. Un site unique. Mais elle est actuellement
en danger : l'Organisme général du
développement du tourisme a en effet pour
projet de construire une route à 300 mètres
à l'ouest du lac. Sans obtenir l'autorisation
préalable des responsables concernés, l'organisme
a déjà construit 6 kilomètres de cette route
d'une longueur prévue de 60 kilomètres,
dont 20 kilomètres à l'intérieur de la réserve.
Pour Mahmoud Moustapha,
responsable du tourisme pour le gouvernorat
du Fayoum, l'Organisme général du développement
du tourisme est propriétaire des trois kilomètres
qui côtoient le nord du lac depuis une décision
gouvernementale de 1999. « Nous
sommes donc en droit d'y construire une
route sans autorisation des responsables
de la réserve », explique-t-il.
Il indique que le projet sera réalisé en
deux étapes : la première d'une longueur
de 20 km, partira des environs du village
de Qouta. La deuxième, de 40 km, en dehors
de la réserve. « Nous allons aussi
construire des petits lotissements touristiques.
La route reliera Qouta à la route allant
du Caire à Alexandrie. Ainsi, villageois
et visiteurs pourront regagner directement
Le Caire sans faire le tour du lac. La route
facilitera aussi aux visiteurs l'accès à
Djabal Qatrani, qui comprend la carrière
des fossiles », précise Moustapha.
Si les responsables du
tourisme encouragent la construction d'une
telle route, ceux de l'environnement voient
les choses autrement. Pour Moustapha Fouda,
directeur du bureau de la préservation de
la nature, dépendant de l'Agence
Egyptienne pour les Affaires de l'Environnement
(AEAE), le lac Qaroun a été décrété réserve
naturelle en 1989. Elle précède donc la
décision gouvernementale de 1999. « C'est
pourquoi il nous incombe de protéger
l'écosystème de ce site qui comprend la
faune et la flore. Et malgré les mesures
de protection prises, il existe des chasseurs
de faucons et d'animaux rares comme les
gazelles. La construction d'une telle route
facilitera leur entrée en dehors de l'accès
principal de la réserve. Le travail des
rangers n'en sera que plus compliqué. Mais
nous
ne sommes pas pour
autant contre le tourisme. Toutes les activités
sont possibles à condition de préserver
l'écosystème », explique le Dr
Fouda.
L'autre pierre d'achoppement
concerne le fait que la route « risque
de démolir la carrière de fossiles »,
affirme le paléontologue Yousri Saad Attiya.
Pour lui, dans les autres carrières, les
paléontologues ne trouvent qu'environ 3
ou 4 fossiles par saison de fouilles. Or,
celle-ci permet d'en découvrir environ 800
par saison et les équipements lourds de
construction les détruiront à jamais. Et
même si la route ne se rapproche pas de
la carrière, elle encourage les pilleurs
qui pourront ensuite facilement prendre
la fuite vers Alexandrie. De plus, explique
Atef Dardir, géologue et directeur du projet
d'extraction des sels du lac Qaroun, le
nord de la réserve est couvert de dunes
sablonneuses mouvantes, ce qui fait « que
le sable va petit à petit recouvrir cette
route ».
Moustapha Fouda n'est pas
contre le projet. Mais il estime que l'Organisme
général du développement du tourisme ne
lui a pas présenté d'étude précise concernant
l'impact de cette route sur l'environnement.
Il demande d'en connaître son emplacement
exact, ses entrées et sorties, les étapes
de sa construction et les immeubles qui
seront érigés au bord. Ce n'est qu'après
qu'il se prononcera définitivement. Et qu'il
agira en conséquence.
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| Doaa
Elhami
Thérèse
Joseph |
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Enseignement
environnemental |
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Dans le cadre des activités
du Programme Egyptien pour les Politiques
de l'Environnement (PEPE), une série d'ateliers
de travail ayant pour thème l'enseignement
environnemental auront lieu du 24 août au
15 septembre 2004. Dans huit gouvernorats
(Alexandrie, Le Caire, Minya, Fayoum, Beni
Soueif, Assouan, Qena, mer Rouge), ils reuniront
ONG œuvrant pour l'éducation et l'environnement,
et professeurs d'école primaire et préparatoire.
« Ces ateliers se dérouleront en coopération
avec le secteur de l'éducation à l'écologie
et à la démographie, dépendant du ministère
de l'Education. L'Agence Egyptienne pour
les Affaires de l'Environnement (AEAE) et
l'Académie pour le développement de l'éducation
(AED), dépendante de l'Agence américaine
pour le développement international (USAID),
participent également à l'initiative »,
explique Abdel-Méguid Abdel-Razeq, attaché
de presse du PEPE. Lors des ateliers de
travail, « un cartable pour l'éducation
environnementale contenant divres manuels »,
sera distribué aux professeurs qui les remettront
ensuite à leurs éléves. Un livre proposera
62 exercices couvrant 6 domaines :
énergie, air, eau, paysage naturel, écosystèmes
et comportements relatifs au respect de
l'environnement. Le cartable contiendra
également un ouvrage concernant la gestion
complète des déchets solides qu'un cédérom
accompagnera. Un autre sera relatif à l'importance
de l'énergie. Le dernier manuel explqiue
l'écosystème unique de la mer Rouge. Il
est agrémenté de carte et de très belles
photos. En plus d'une cassette vidéo et
d'un cédérom. « La composition de ce
cartable a été étudiée par les experts des
ministères de l'Education et de l'Environnement »,
assure Abdel-Razeq. Il est prévu d'en distribuer
1 000.
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| Dalia
Abdel-Salam |
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