| Palestine
. Le ministre des Affaires étrangères, Ahmad Aboul-Gheit, et
le chef des services de renseignements, Omar Soliman, doivent
se rendre fin août en Israël et dans les Territoires. Une visite
centrée sur la réconciliation palestinienne et le retrait israélien
de Gaza. |
L'Egypte
intensifie ses efforts pour relancer le processus de paix au
Proche-Orient. Alors que le chef de la diplomatie Ahmad Aboul-Gheit
et le chef des services de renseignements Omar Soliman doivent
se rendre prochainement en Israël et dans les territoires palestiniens,
une délégation du mouvement palestinien Fatah est attendue
au Caire presque au même moment. Objectif de ce ballet diplomatique :
unir les rangs palestiniens et déterminer les modalités d'une
participation de l'Egypte à la sécurité à Gaza dans le cadre
d'un éventuel retrait israélien.
Le
Caire parraine actuellement un dialogue entre les factions palestiniennes,
le troisième depuis 2002, afin de trouver un terrain d'entente
entre elles et favoriser la reprise d'un dialogue avec Israël.
« Contrairement aux fois précédentes, nous essayons
cette fois-ci de mener un dialogue avec chaque faction séparément
pour le convaincre de mettre fin à la violence dans les Territoires.
Notre plan vise à obtenir une trêve entre ces factions et Israël
pour stopper les attentats anti-israéliens. Si nous parvenons
à un tel but, Israël n'aura plus de prétextes pour refuser de
négocier. La balle sera dans son camp », affirme une
source diplomatique ayant requis l'anonymat.
En
l'absence quasi totale d'un rôle de l'Administration américaine,
désormais occupée par les échéances électorales, Le Caire, qui
s'est déclaré disposé à intervenir sous certaines conditions
pour assurer l'ordre à Gaza dans le cadre du retrait israélien,
s'est retrouvé seul sur scène. Il tente de convaincre les Palestiniens
de « ne pas compliquer les choses » pour que
le retrait israélien ait lieu.
La
seconde étape du plan égyptien consiste à réunir sur la même
table les chefs des trois grands mouvements palestiniens du
Hamas, du Fatah et du Djihad islamique,
ainsi que les autres mouvements début septembre au Caire pour
une conférence inter-palestinienne. « Si nous réussissons
à conclure un accord avec tous les mouvements palestiniens,
notre tâche sera plus facile pour assurer l'ordre à Gaza après
le retrait israélien de ce secteur », affirme la source
diplomatique. Mais il ne s'agit pas seulement de convaincre
les Palestiniens de cesser les opérations anti-israéliennes,
il faudra aussi convaincre Israël d'arrêter les opérations armées
dans les territoires palestiniens.
C'est
dans ce contexte qu'Ahmad Aboul-Gheit et Omar Soliman rencontreront
en Israël le premier ministre Ariel Sharon. A Ramallah, les
entretiens entre les deux responsables égyptiens et le chef
de l'Autorité palestinienne, Yasser Arafat, porteront sur la
réunification des services de sécurité palestiniens afin de
limiter les conflits au sein de ces institutions à la suite
d'un éventuel retrait israélien de la bande de Gaza.
Parallèlement,
l'Egypte doit participer à New York à la conférence des pays
donateurs du programme de la Banque Mondiale (BM) pour la reconstruction
de Gaza et des territoires occupés, prévue en septembre prochain.
« Les pays donateurs, dont l'Egypte, vont se réunir
à New York le mois prochain pour approuver et mettre à exécution
le plan économique de la BM pour la réhabilitation de l'économie
palestinienne », a déclaré Ahmad Aboul-Gheit. Selon
la source diplomatique, l'Egypte espère que tous les efforts
déployés sur le plan politique porteront plus tard leurs fruits
exploités dans les domaines des investissements économiques.
Le président de la BM, James Wolfensohn, avait déclaré le 21
avril que la BM travaillait à un plan de reconstruction de Gaza
et des territoires occupés palestiniens, où 500 millions à 2
milliards de dollars annuels pourraient être investis.
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